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September 01, 2011

Hugues Rondeau

Hyest, Houel et Melot choisissent Bussy pour débattre

Les élections sénatoriales à venir revêtent une importance capitale puisqu'il s'agit de renouveler les six sièges de représentant au Sénat pour notre département. Dans ce cadre, Jean-Jacques Hyest, tête de liste UMP, ainsi que Michel Houel et Colette Mélot, sénateurs, nous ont fait l’amitié de répondre positivement à l'invitation que j'ai lancé avec Sinclair Vouriot, conseiller général de Lagny, afin de participer, avec leurs colistier, à une réunion-débat destinée à l’ensemble des grands électeurs de Marne-la-Vallée. (Cantons de Torcy, Lagny-sur-Marne, Thorigny-sur-Marne) et porter ainsi les discussions sur ce territoire élargit aux enjeux communs.

Les grands électeurs de Marne-la-Vallée pourront donc interroger et dialoguer ensemble avec les candidats de la liste UMP au Sénat sur les grands thèmes que nous partageons : logement, transports, soutien aux villes nouvelles, OIN, achèvement de la carte intercommunale, développement économique, Grand Paris….Cet appel au débat, j'entends le lancer à l'ensemble des candidats majorité présidentielle, pour faire de ces sénatoriales, une chance pour Bussy et Marne-la-Vallée.

Ce scrutin intervient effectivement alors qu’un profond bouleversement de la décision locale est en cours avec la réforme territoriale. Les Français sont certes très attachés à l’autonomie des collectivités territoriales telle qu’elle a été accordée par Gaston Deferre en 1982 et qui a été renforcée peu à peu par les différents gouvernements qui se sont succédés.

Néanmoins, la réforme territoriale a eu pour objectif principal de simplifier et de rendre plus efficiente l’organisation institutionnelle locale. Cette réorganisation doit conférer aux collectivités une taille pertinente pour qu’elles soient en mesure de répondre aux besoins de leurs administrés et de leurs entreprises. En cela, les questions abondent et doivent être posées dans cette campagne sénatoriale. Comment faire coïncider l’organisation administrative avec les modes de vie, les besoins des usagers et des citoyens ? C’est cette question de la « bonne mesure » territoriale qui est sous-jacente aux réflexions.

Alors que de notre secteur est né de ces politiques définies par d’éminents visionnaires tels Paul Delouvrier, Olivier Guichard, qui voyaient dans la création des villes nouvelles de la moyenne et grande couronne à la fois un desserrement de Paris et la croissance de son attractivité par la naissance de plusieurs pôles de développement périphériques, il est temps de poser notre identité, nos enjeux et nos perspectives comme éléments majeurs dans le cadre de ce scrutin, pour pouvoir peser et être entendus.

Lors des dernières échéances électorales, Marne-la-Vallée a été la grande absente des discours et programmes, alors que nous constituons le poumon économique et démographique de la Seine-et-Marne. Dans un département aussi différent et composite, est-il raisonnable de passer sous silence le devenir d’un ensemble humain qui, avec sa part en Seine-Saint-Denis, avoisinera sous peu les 300 000 habitants et constitue l’épine dorsale du développement à l’Est de la région Ile-de-France ?

L’avenir de Marne-la-Vallée mérite un grand débat, nous sommes donc ravis de pouvoir l’ouvrir à l’occasion de cette campagne, avec les sénateurs Hyest, Melot et Houel comme interlocuteurs.

par Hugues Rondeau, le 01 September 2011, 19:18

Jack-Yves Bohbot

Décès de Jean-François Divry (2).

Le groupe UMP du Conseil de Paris m'indique qu'une messe à la mémoire de Jean-François sera célèbrée le samedi 10 septembre 2011 à 10 heures, en l'église Saint-Augustin (place Saint-Augustin à Paris 8ème).

par Jack-Yves Bohbot, le 01 September 2011, 16:31

Marc Le Fur

Opposition à la fiscalisation des allocations familiales


 

Dans un entretien donné à l'Express le 31 août 2011, Bruno LE MAIRE, chargé du projet présidentiel de l'UMP, s'interroge : « Ne pourrait-on pas verser une allocation dès le premier enfant et étudier en contrepartie une fiscalisation totale ou partielle des allocations familiales ? »

 

Marc Le FUR, député des Côtes d'Armor et Vice-président de l'Assemblée Nationale, et Philippe MEUNIER, député du Rhône, co-fondateur du « Collectif de la droite populaire », s'étonnent qu'une telle proposition puisse figurer au programme de l'UMP.

 

« Les allocations familiales sont un héritage du Général de Gaulle et du Conseil National de la Résistance ; elles ont pour objet d'encourager la natalité dans notre pays. Fiscaliser les allocations, c'est prendre le risque d'enrayer la dynamique démographique française qui renouvelle tout juste les générations (2,1 enfants par femme) » déclarent les deux députés. « Si nous voulons pratiquer la solidarité entre génération demain, faut-il encore avoir de jeunes générations aujourd'hui ».

 

« Fiscaliser les allocations familiales, ce n'est pas pénaliser les plus riches mais bel et bien les classes moyennes qui décident d'avoir des enfants. Une telle mesure déstabiliserait complètement de très nombreux budgets familiaux » poursuivent–ils.

le 01 September 2011, 16:11

Patrick Balkany

Nouvelle charge du Gouvernement contre les déficits publics

Grâce aux réformes structurelles mises en œuvre depuis 2007 (RGPP, règle du « 1 sur 2 », réforme des retraites...), le Gouvernement a montré qu'il avait fait du redressement de nos finances publiques une priorité absolue. Aujourd'hui, les tensions sur les dettes souveraines et le ralentissement de l'économie mondiale ont conduit le Gouvernement à prendre de nouvelles mesures, annoncées il y a quelques jours par le Premier ministre, pour consolider notre trajectoire budgétaire en 2011 et 2012.

Maîtriser les dépenses

Le Premier ministre a ainsi annoncé l'annulation de près de 0,5 milliard d’euros de crédits budgétaires en 2011, point qui sera débattu au Parlement dès la semaine prochaine dans le cadre du projet de loi de finances rectificative de 2011. Cet effort sur les dépenses des ministères permettra de garantir le respect du gel en valeur des dépenses de l’Etat malgré des dépenses imprévues auxquelles ce dernier a du faire face cette année. De plus, pour 2012, le Gouvernement proposera, avec la majorité parlementaire, un effort supplémentaire de réduction des dépenses de l’Etat de 1 milliard d’euros auxquels s'ajouteront, toujours en 2012, 1 milliard d'euros de crédits « gelés », mis en réserve pour permettre de faire face à d'éventuels imprévus.

Consolider notre budget

Au-delà de cette nécessaire maîtrise de la dépense publique, François FILLON a annoncé une série de mesures supplémentaires, pour un total de 11 milliards d’euros en 2012 et 1 milliard d’euros dès cette année. En effet, parce qu’il est impératif d’agir sans délai, une partie des mesures décidées seront, elles aussi, soumises au vote du Parlement au début du mois de septembre, représentant un gain pour les finances publiques de 1 milliard d’euros dès cette année. Les autres mesures seront quant à elles prises d’ici la fin de l’année,

Ces mesures, qui préservent les priorités du Gouvernement et du Président de la République en matière d’emploi et de compétitivité, s’inscrivent pleinement dans la stratégie qui guide, depuis 2007, l’action du Gouvernement et de la majorité présidentielle pour qui le redressement de nos comptes publics suppose un effort collectif et partagé par tous. Pour les entreprises, les mesures décidées porteront prioritairement sur les grands groupes et non sur les PME, tout en s’inscrivant dans le cadre de la convergence franco-allemande en matière d’impôt sur les sociétés.

L’effort demandé aux ménages portera quant à lui d’abord sur les ménages aisés, avec l’instauration d’une contribution exceptionnelle sur les très hauts revenus, ainsi que sur les détenteurs de patrimoine. Elles reposent également sur la poursuite de l’effort déjà engagé de réduction des dispositifs des « niches » fiscales et prolongent les efforts engagés pour mettre en place une fiscalité incitant à modifier les comportements en matière d’environnement et de santé publique.

Sécuriser nos objectifs en 2013

Au-delà des décisions prises pour 2011 et 2012, le Gouvernement s’est déjà engagé à prendre pour 2013 des mesures en recettes supplémentaires pour un montant minimal de 3 milliards d’euros. Sans préempter les choix qui seront faits dans le cadre du budget pour 2013, des dispositions ayant un effet cette année-là seront intégrées dès le projet de loi de finances pour 2012, afin d’anticiper, en partie, l’atteinte de cet objectif : il s’agit d’une preuve supplémentaire de la détermination du Gouvernement à respecter le cap qu’il s’est fixé et de la crédibilité de notre trajectoire de réduction des déficits à moyen terme. En particulier, un « rabot » supplémentaire de 10% sera appliqué sur les niches fiscales, qui s’ajoutera au rabot voté l’année dernière et qui entrera pour sa part en vigueur en 2012.

par pbalkany, le 01 September 2011, 15:40

Jean-Pierre Chevènement

Un extrait du livre "Le monde qu'on leur prépare"

Notation et formation des enseignants, politique budgétaire, programmes, rythmes scolaires... les deux ministres de l’Éducation (à 25 ans d’intervalle) Jean-Pierre Chevènement et Luc Chatel confrontent leurs idées sur des sujets d’actualité. Morceaux choisis.

La notation des enseignants
Un extrait du livre
Nicolas Beytout : Vous voulez changer la notation des enseignants, pourquoi?
Luc Chatel : Parce que nous avons un système, actuellement, qui est décrié et qui ne correspond pas à une vision moderne de l’administration qui valorise le travail, l’engagement personnel, la responsabilisation, l’initiative. D’autre part, le système actuel d’inspection est beaucoup trop lent, trop irrégulier ; les professeurs sont inspectés en moyenne tous les quatre ou cinq ans. Et puis les inspections sont souvent trompeuses. Je me souviens que lorsqu’un de mes professeurs était inspecté, il ne faisait pas le cours habituel !… Ce qui est intéressant, c’est que les syndicats sont quasiment unanimes à dire : on ne peut pas continuer comme ça !…

N. B. : Avec l’idée d’arriver à une note qui soit à la fois plus un système de récompense au mérite, et éventuellement de sanction lorsqu’il n’y a pas mérite ?
L. C. :
Voilà. Je pense qu’il faut un système, d’abord, qui soit juste, c’est-à-dire qui évalue…
Jean-Pierre Chevènement : Qui évalue, mais comment ?
L. C. : On n’a pas encore décidé des critères, on n’en est qu’au départ de la discussion. On verra ensuite si on donne un peu plus de responsabilités à la notation du chef d’établissement, ou si on revoit notre corps d’inspecteurs pour mieux les former, les préparer… Et puis, selon l’académie, les inspections ne sont pas du tout les mêmes. L’égalité du service public n’est souvent qu’un leurre !
J.-P. C. : C’est à vous de rétablir l’égalité.
L. C. : Oui, je pense que c’est à nous de mettre en place des procédures comme dans les entreprises, où il existe des guides de conduite d’entretiens, des process d’évaluation.
J.-P. C. : Et faire en sorte qu’entre les académies il ne se creuse pas des inégalités qui seraient choquantes. Ce n’est pas parce qu’un système est décrié qu’il est forcément mauvais. On comprend très bien que la notation soit critiquée, parce que les gens n’aiment pas être notés. Mais les inspecteurs n’ont pas toujours tort…
L. C. : Mais personne ne conteste la nécessité de l’inspection. Les professeurs ne nous disent pas : on ne veut pas être notés. Ils nous disent : premièrement, on voudrait exactement savoir sur quoi on est notés, et donc qu’il y ait un peu plus de procédures dans l’évaluation ; et puis, deuxièmement, on voudrait que l’évaluation puisse avoir des conséquences sur nos carrières.

N. B. : Ce qui n’est pas le cas ?
L. C. : Ce qui n’est que très insuffisamment le cas. Il y a peu de conséquences.

N. B. : Ça, c’est ce que disent les meilleurs. Les moins bons sont-ils aussi d’accord pour que les notations négatives aient des conséquences sur leur carrière ?
L. C. :
Nous en sommes au début de ce chantier, qui est difficile. Mais je constate qu’il y a quand même une volonté globale des syndicats… il n’y a pas de tabous, on est prêts à discuter… Moi, je suis favorable à un système qui reconnaisse davantage l’engagement individuel, les performances, les initiatives… c’est ça une fonction publique moderne.
J.-P. C. : La question reste posée : comment reconnaîtra-t-on ces performances, ces initiatives, etc. ? Est-ce que ce sont les corps d’inspection, dont c’était traditionnellement la tâche ? Les chefs d’établissement ?… Moi, je me méfie un peu du « bougisme », c’est-à-dire de la « réformite ».
L. C. : Là, on est tranquilles pour la réformite parce que le système n’a pas changé depuis vingt-cinq ans, je crois.
J.-P. C. : Mais s’il y a des choses à changer, il y a aussi des choses qu’il ne faut pas changer …
L. C. : Si ! Ce sont des chantiers passionnants. D’ailleurs toutes les entreprises sont confrontées à ces questions, au travail sur l’évaluation des performances, de la manière la plus objective, transparente… et puis sur les conséquences de l’évaluation, de manière que les collaborateurs se sentent impliqués. Ça fait partie du mode moderne de management.
J.-P. C. : Enfin, il ne faut pas détruire ce qui marche, même mal, au profit de quelque chose qui ne marchera pas du tout, bref de la disparition de toute évaluation.

La formation des profs
N. B. : Qu’est-ce qui doit changer dans la formation des professeurs ?
J.-P. C. : Distinguons les professeurs d’école, qui doivent bien maîtriser le français. L’expression. C’est absolument essentiel. La plupart, d’ailleurs, sont des littéraires. La formation des professeurs d’école, je la distingue de la formation des enseignants du second degré. Un professeur de collège et de lycée, il est bon qu’il maîtrise bien d’abord sa discipline. La mastérisation ne doit pas conduire à la disparition des concours de CAPES et d’agrégation qui sont une force de l’école. En même temps, il faut qu’ils apprennent la didactique de leur discipline. Enfin, il faut les motiver pour que puisse s’exercer à plein « l’effet maître », c’est-à-dire la relation du maître à l’élève. Et là je reviens toujours à la phrase d’Hannah Arendt : « On n’enseigne bien que ce à quoi on croit. » Pour être un bon maître il faut aimer la République, aimer le savoir et aimer l’avenir présent dans la jeunesse. Je suggère à cet égard qu’une formation poussée en philosophie, en histoire et en économie comparée de l’éducation soit donnée aux professeurs en sciences de l’éducation dans les IUFM. Les acquis de la psychologie doivent être connus. Les futurs professeurs d’école ne sont pas formés à repérer les élèves en difficulté qui relèveraient de personnels spécialisés.
L. C. : On ne peut pas dire que les IUFM étaient des terreaux favorables pour l’apprentissage de toutes ces sciences et pour la préparation des enseignants à leur métier. Ça a fait beaucoup de dégâts…
J.-P. C. : Parce que les IUFM ont fait trop de place à des « sciences de l’éducation » souvent fort peu scientifiques…
L. C. : Au détriment du savoir… Et c’est ce qui nous a guidés quand on a voulu considérer que c’était à l’université, comme dans tous les grands pays développés, de former les enseignants. On est en train de faire un petit réglage, c’est vrai, entre d’un côté la formation théorique, disciplinaire, et de l’autre la formation didactique…
J.-P. C. : Je ne suis pas du tout contre le fait qu’on confie à l’université le soin de la formation disciplinaire des maîtres.
L. C. : A condition qu’on ne vienne pas reproduire les IUFM avec des masters de sciences de l’éducation un peu partout !
J.-P. C. : Absolument, il faut y veiller. Alors les IUFM devraient enseigner la didactique des disciplines, parce que bien connaître, par exemple, la littérature, c’est formidable ! Mais apprendre aux élèves le français, c’est tout à fait différent, plus, encore, le calcul ! Et d’autre part, il devrait y avoir des matières qui concourent à faire comprendre aux futurs enseignants ce qu’est la République et ce que sont les missions de l’école de la République.
L. C. : Nous aurons à la rentrée des masters polyvalents, qui intègrent ce que vous dites… Huit académies proposeront des masters en alternance avec une prise en charge d’une classe de 3 à 6 heures par semaine pour les étudiants dès leur année de master 1. Prenons l’exemple de nos professeurs des écoles, les instituteurs, on a 75 % d’entre eux qui sont de formation littéraire. Il faut donc les former à apprendre les sciences, le calcul, les mathématiques.
J.-P. C. : Bien sûr.
L. C. : Nous sommes en train de concevoir des modules spécifiques de formation…
J.-P. C. : … pluridisciplinaires… Il faudrait des masters pluridisciplinaires, des masters pour les professeurs d’école, qui devraient être adaptés à leur métier.

L’autorité des professeurs
J.-P. C. : La dévalorisation de l’autorité du maître correspond à un mouvement général, qui englobe la dévalorisation de l’autorité du père dans la famille. Aujourd’hui, dès qu’un enseignant est suspecté d’avoir eu un mot plus haut que l’autre, à plus forte raison d’avoir peut-être frappé d’une chiquenaude un élève, ça devient un scandale épouvantable.
L. C. : C’est vrai qu’on évite de frapper les élèves !
J.-P. C. : A juste titre ! Mais…
L. C. : L’époque des coups de règle sur les doigts est révolue et, à vrai dire, je ne le regrette pas !
J.-P. C. : Vous, vous ne l’avez pas subie, de toute façon.
L. C. : Non, je ne l’ai pas subie. Mais je n’ai pas l’impression d’avoir été martyrisé par quelques heures de colle ou de retenue.
J.-P. C. : Moi, je me souviens que mon père, instituteur, envoyait des morceaux de craies multicolores sur le crâne des élèves bavards… Et il m’est arrivé d’être collé…

N. B. : Vous avez l’air de vous demander si, sans aller jusqu’aux coups de règle sur les doigts, la punition corporelle, même légère, doit être complètement bannie ?
J.-P. C. : Non, je ne me pose pas la question. Je considère qu’il n’y a pas place pour quelque forme de châtiment corporel que ce soit. Mais j’observe qu’un enseignant, même suspecté d’avoir un peu bousculé un élève ou de se défendre s’il est agressé, est immédiatement mis en cause très violemment.

N. B. : Vous voulez dire qu’il faudrait une présomption… je ne sais pas s’il faut dire d’innocence… mais que les enseignants devraient être davantage protégés par l’institution ?
J.-P. C. : En effet : la violence me paraît beaucoup mieux tolérée quand elle est le fait des élèves, même s’ils frappent leurs enseignants, ou agressent le directeur, le proviseur. Tout ça paraît presque normal !… Par contre, quand il y a, de la part d’un enseignant, un geste peut-être un peu vif, ça devient aussitôt un scandale immédiatement répercuté, ce qui montre que la balance, en la matière, n’est pas égale entre les enseignants et les élèves. Tout acte de violence contre un enseignant devrait être très sévèrement sanctionné.
L. C. : C’est le cas.
J.-P. C. : L’institution devrait réagir beaucoup plus vigoureusement en cas d’agression contre un enseignant.
N. B. : Il faudrait donc modifier la loi et faire entrer les enseignants, dans l’exercice de leur métier, dans la catégorie des personnes…
J.-P. C. : … protégées.

La politique budgétaire
N. B. : L’école coûte de plus en plus cher au budget de l’Etat, demande de plus en plus de moyens. Or on ne peut pas dire que le rapport coût/efficacité s’améliore dans la même proportion. D’où vient le problème ? Et comment le corriger ?
L. C. : Contrairement aux idées reçues et aux caricatures qu’on entend souvent ici ou là, les moyens, dans l’Education nationale, sont là. Depuis 1980, le budget par élève, en France, en euro constant, a augmenté de 80 %. La France continue à consacrer 21 % de son budget à l’éducation… Notre pays continue à investir dans l’éducation en général presque un point de plus de son PIB que la moyenne des pays développés de l’OCDE.
J.-P. C. : Voilà un sévère réquisitoire contre le septennat de M. Giscard d’Estaing !… (Ils rient.) Et, de manière générale, un réquisitoire vis-à-vis des politiques éducatives menées par la droite pendant presque…
L. C. : Non, puisque justement, le but de la démonstration c’est de montrer que les moyens n’influent pas forcément sur les résultats.
J.-P. C. : Reconnaissez que si les moyens ont augmenté de 80 % depuis 1980, la gauche doit y être pour quelque chose !
L. C. : Oui, mais justement, je le reconnais ! Et la droite, d’ailleurs, n’a pas fait mieux parce qu’elle a aussi, pendant cette période-là, mené une politique exclusivement quantitative qui a consisté à augmenter le nombre de postes. Cette politique n’a pas obtenu les résultats escomptés. Nous avons ensemble fait le constat des performances de notre système éducatif. Et cette politique, à mon sens, nous a empêchés de nous poser les vraies questions.

N. B. : Au fond, vous dites : « On a mis trop d’argent…»
L. C. : Je ne dis pas : on a mis trop d’argent… Je dis : les moyens existent, ils sont là, et d’ailleurs toutes les enquêtes sérieuses et les études sur l’Education nationale – rapport de la Cour des comptes de l’année dernière, l’Institut Montaigne… – nous disent : attendez, le problème ce n’est pas les moyens, c’est la répartition de ces moyens. Juste un chiffre : en septembre 2011, il y aura 35 000 profs de plus qu’il n’y en avait au début des années 90, alors qu’il y a 500 000 élèves de moins. Ce que je veux dire, c’est que malgré le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux depuis quatre ans, nous continuons à avoir un rapport, un ratio élève/professeur nettement meilleur qu’il n’était il y a vingt ans. Or les résultats ne sont pas à la hauteur de cet investissement.

N. B. : C’est donc une démonstration, j’allais dire tragique, de l’inefficacité de la dépense budgétaire dans ce domaine !
L. C. :
Tout à fait. Et ça fait peser sur nous une responsabilité très forte. Je pense que, pendant vingt-cinq ans, la démocratisation de l’école devait s’accompagner de moyens. C’était nécessaire. Mais ça a été l’unique réponse. C’était une erreur. Je pense que, dans les années 90, on aurait dû se poser se poser des questions sur l’affectation de ces moyens, sur l’organisation du système éducatif, son efficience et le renouveau pédagogique. […]

Les modèles étrangers / Les enquêtes PISA
N.B. : Est-ce qu’il y a un pays qui vous paraît être un modèle ?
L. C. :
Qui est devant nous ? Regardez le peloton de tête : Singapour. C’est un système extrêmement élitiste. A sept ans on sélectionne les 10 % d’une classe d’âge considérés comme les meilleurs, on les prend en charge de manière séparée pendant toute leur scolarité primaire. Ce n’est pas un modèle que j’appelle de mes voeux. Dans des pays comme la Corée ou le Japon… ou même certaines provinces de Chine (je pense à Shanghai ou à Pékin) qui sont, dans les classements, nettement au-dessus de nous, la pression est très forte.
Lorsque je suis allé visiter un lycée à Pékin, la première question que m’ont posée les élèves c’était : est-ce qu’il y a autant de pression en France dans le lycée ? Première question !… Je ne cherche pas à fuir votre interrogation. Ce que je dis, c’est que ces classements internationaux sont très utiles parce qu’ils nous permettent de voir comment progresser, comment certains pays ont réussi, mais je ne crois pas qu’il y ait, aujourd’hui, un pays qui soit le modèle à graver dans le marbre pour la France.

Les rythmes scolaires, la semaine de 4 jours
N. B. : Jean-Pierre Chevènement, vous pensez qu’il n’y a plus assez d’heures de cours en classe ?
J.-P. C. :
Au lycée, oui. Je pense qu’on a eu tort de diminuer l’enseignement de deux heures par semaine…
L. C. : On n’a pas diminué !
J.-P. C. : Je veux quand même attirer l’attention sur la performance globale du système. J’ai déjà parlé d’une baisse de niveau en Zep. Quelque 35 % des élèves issus de l’immigration n’atteignent pas le niveau 2, selon le classement OCDE. Au Canada il paraît que c’est 12 %. Il est vrai que ce n’est pas la même immigration, du point de vue des catégories sociales.
L. C. : Je suis votre raisonnement sur les élèves issus de l’immigration. Vous pensez qu’en rajoutant deux heures de français par semaine, pour ces élèves-là, vous allez obtenir de meilleurs résultats ? C’est une illusion ! Ces élèves ont besoin, à un moment, d’un enseignement différencié où on va leur apporter un soutien scolaire, leur expliquer comment fonctionne l’école, où on va leur apprendre à apprendre, leur apprendre à travailler chez eux sans soutien… c’est comme ça qu’on les fera réussir ! En leur apportant du sur-mesure !
J.-P. C. : Oui, mais enfin, ils ne sont pas si différents que cela des autres. Comme pour tout le monde, le fait de travailler un petit peu plus produit quand même des résultats. Prenons les enseignements scientifiques, c’est très difficile, l’élève avance en terrain inconnu, il doit se familiariser avec des équations, des raisonnements… Vous voulez lui « apprendre à apprendre » ? Vieille antienne ! Encore faut-il qu’il apprenne quelque chose et pour cela il faut du temps!
L. C. : Je n’ai pas envie qu’on ressemble à la Corée !
J.-P. C. : Certes ! Mais en même temps, ces pays sont là, ils existent, ils sont dans le paysage. Donc est-ce bien le moment pour nous de diminuer l’exigence scolaire ? Je pense au décret du 15 mai 2008, pris par Xavier Darcos, instaurant la semaine de 4 jours. Je sais bien que Xavier Darcos a pris ce décret parce que le président de la République s’était exprimé dans ce sens, en disant que désormais les enfants pourraient partir en week-end avec leurs parents. Et ça, c’est forcément très négatif pour l’école parce qu’on n’apprend pas à travailler mieux en travaillant moins. Donc, là, ça a été une mesure inconséquente et très grave. Je sais que M. Chatel a pris un décret peu de temps après…
L. C. : Une circulaire de rentrée rappelant que la liberté est laissée aux conseils d’école, donc aux communes et aux établissements scolaires.
J.-P. C. : Et qui précise effectivement qu’ « on encouragera la semaine de 9 demi-journées chaque fois qu’elle rencontrera l’adhésion », si je me souviens bien du texte de votre circulaire.
L. C. : Absolument.
J.-P. C. : Mais chacun comprend bien que les enseignants eux-mêmes n’ont pas tellement envie de revenir en arrière… Donc « l’adhésion » que le ministère prétend encourager ne sera pas au rendez-vous !

La bataille des programmes
N. B. : Les programmes et leur contenu font fréquemment l’objet de désaccords. Quelle est votre position ?
J.-P. C. :
Je constate, et Luc Chatel ne le contredira pas, que le volume horaire accordé à l’enseignement du français a beaucoup diminué au fil du temps. Les langues anciennes ont presque disparu du paysage. Or, quand vous faisiez du latin et du grec, vous appreniez le français d’une manière indirecte.
L. C. : Je parle sous le contrôle d’un ancien ministre qui a occupé de nombreuses fonctions gouvernementales : gouverner c’est choisir, et choisir c’est renoncer. Le français est prioritaire, certes ! Mais les lycéens, en France, sont les seuls à faire plus de 35 heures ! Ils font 28 heures en moyenne de cours, plus les heures de travail personnel.
Attention à la quantité pour la quantité ! Ils font peut-être 4 heures de français, mais ils font aussi de l’histoire… allez dire aux profs d’histoire que leur matière n’est pas prioritaire… Ils apprennent des langues vivantes, moi je considère que l’anglais c’est hyper stratégique aujourd’hui. Ils font des sciences, c’est indispensable, on manque de scientifiques…Voilà, il y a un moment où on ne peut plus rajouter des heures aux heures…
[…] Si je réunissais les doyens des groupes disciplinaires de l’Inspection générale, chacun m’expliquerait que sa discipline est la plus importante et qu’il faut doubler le nombre d’heures !

N. B. : Jean-Pierre, imaginons que vous soyez chargé de faire le programme idéal. Quelles sont les disciplines que vous supprimez, et celles sur lesquelles vous remettez l’accent ?
J.-P. C. :
Celles sur lesquelles je mets l’accent massif, c’est le français, bien entendu. Le français, encore le français. C’est, deuxièmement, les mathématiques. Pierre Tapie, le président d’une grande école parisienne, l’ESSEC, a dit qu’il s’alarmait de la baisse du niveau en maths. Ses étudiants font des études de management, ça entrave leur apprentissage ! Donc… Français, maths, et anglais. Physique, chimie, bien sûr…
L. C. : En voilà des priorités… à ce compte-là il y a priorité à tout ! C’est le programme d’aujourd’hui. N’oubliez pas l’histoire… C’est fondamental, l’histoire !
J.-P. C. : Autant pour moi! C’est la matière que j’aime le plus ! Elle va avec la géographie.

N. B. : A l’inverse : Jean-Pierre Chevènement, quelles sont les matières que vous jugez optionnelles ?
J.-P. C. : En dehors des matières obligatoires, il faudrait multiplier les options facultatives. L’économie, par exemple, qui est très loin d’être une science exacte. J’utiliserais aussi le numérique… puisque les élèves aiment bien se mettre devant un ordinateur, je les encouragerais à travailler en dehors du temps scolaire.

La carte scolaire
N. B. : Que pensez-vous de la carte scolaire et de l’assouplissement offert, en ce qui concerne le choix par un élève de son établissement ?
J.-P. C. : Je crois que les mesures dites d’assouplissement qui ont été prises sur la carte scolaire vont dans le sens d’une plus grande ségrégation et empêchent la mixité scolaire. Des observations ont été faites dans l’académie de Marseille. On voit que dans les quartiers de Marseille-Nord, les éléments les moins défavorisés vont vers les collèges et les lycées de centre-ville. Il faut revenir sur ces mesures d’assouplissement – quitte à revoir le découpage – pour favoriser une certaine mixité sociale.
L. C. : Je pense que la pire des ségrégations, c’était le système qui favorisait les délits d’initiés : celui qui était issu d’une famille qui connaissait le système éducatif, et pouvait se procurer une adresse à proximité d’un établissement réputé, échappait au collège de l’éducation prioritaire. Ça, c’est le pire des systèmes. Nous l’avons assoupli. La vérité c’est qu’à terme il faudrait supprimer la carte scolaire, le jour où il y aura un système – mais on va être en désaccord total – totalement autonome; chaque établissement a un projet qu’il présente aux parents, et les parents décident librement de l’établissement de leur enfant sur la base d’un échange avec la communauté éducative, avec les profs, avec le chef d’établissement. Pour moi, c’est le monde idéal de l’éducation…
J.-P. C. : C’est un idéal profondément libéral.
L. C. : Oui. Mais dans libéral il y a le mot liberté, la première devise de notre République, et je suis attaché à la liberté de choix des parents.
J.-P. C. : Très bien. Moi, je ne suis pas libéral. Je suis pour l’institution de l’école publique, avec des règles de service public. Je reste fidèle à Jaurès : « Aller à l’idéal, mais comprendre le réel »… Et je pense que la ségrégation résulte souvent de la mauvaise délimitation des secteurs. Il est évident que quand vous avez d’un côté des quartiers très défavorisés qui font partie du même secteur, et de l’autre des secteurs d’habitat privilégié, vous n’avez aucune mixité. L’égalité aussi est un idéal.

Les syndicats d’enseignants
L.C : Je fais un rêve, c’est que ces syndicats soient capables de travailler en prospective sur l’évolution du système éducatif avec le ministère, en dehors des postures, sans dire à tout propos : « effectifs, effectifs… ».
J.-P. C. : Permettez-moi de vous poser la question : quel projet leur apportez-vous ? Vous leur parlez d’autonomie des établissements, vous supprimez des postes… ça ne donne pas forcément le moral aux enseignants. Ils ont le sentiment d’un certain gâchis. L’école a besoin d’être tout entière portée par un projet conquérant. Aujourd’hui, excusez-moi, ce n’est pas le cas… Oh, je ne dis pas que vous ne vous débrouillez pas bien pour passer à travers les gouttes…
L. C. : (Il éclate de rire.) Ce n’est pas un objectif en soi, de passer à travers les gouttes !…
J.-P. C. : Non, mais vous y arrivez. Ce n’est pas si facile. C’est ce que tout gouvernement demande à son ministre de l’Education nationale. Mais où sont les grands objectifs que le gouvernement pourrait donner à l’Education au niveau de l’élévation des niveaux de formation et de qualification, de la remédiation à l’échec scolaire dès l’école primaire ? Il n’y a pas de discours mobilisateur, assorti des moyens nécessaires, voilà tout !


« Le monde qu’on leur prépare - École, Économie, Etat », Luc Chatel et Jean-Pierre Chevènement, Entretiens croisés dirigés par Nicolas Beytout, Plon, 240 pages, 19 €.

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Source : EducPros.


par Chevenement.fr, le 01 September 2011, 15:28

Jean-Pierre Chevènement signe un livre d'entretien avec Luc Chatel: "Le monde qu’on leur prépare - École, Économie, Etat"

« Le monde qu’on leur prépare - École, Économie, Etat », Luc Chatel et Jean-Pierre Chevènement, Entretiens croisés dirigés par Nicolas Beytout, Plon, 240 pages, 19 €.

Présentation du livre
Jean-Pierre Chevènement signe un livre d'entretien avec Luc Chatel:
Personne ne le conteste : l’éducation sera l’un des grands thèmes de la campagne électorale à venir. Car l’école est au cœur du pacte républicain. Elle est le lieu privilégié de transmission du savoir et de la culture. Autant de raisons de débattre et de bâtir les programmes des différents candidats.

Mais cette fois, il y a plus, car l’école est au centre de lourdes interrogations. Pourquoi l’échec scolaire ne recule-t-il pas ? Comment faire pour mieux préparer les élèves à la vie professionnelle ? Comment revenir dans le peloton de tête des pays les plus performants en matière d’éducation ?

Toutes ces questions, parfois polémiques, ont nourri ces entretiens entre Luc Chatel et Jean-Pierre Chevènement. Deux hommes politiques très différents par leur formation et leur engagement. Et pourtant, ces deux personnalités ont de nombreux points communs : ils ont tous les deux été en charge du ministère de l’Industrie avant de prendre les rênes du « mammouth », le gigantesque ministère de l’Education nationale. Et ils ont tous les deux tiré de leur première expérience ministérielle une vision forte de l’économie, et la conviction que la France devait adapter son système éducatif aux défis du futur et de la compétition internationale.

Mais chacun à sa façon et sans, bien sûr, manquer à la vocation fondamentale de l’école qui est d’instruire et de former le jugement du citoyen.

Jean-Pierre Chevènement a été ministre de l’Industrie de 1982 à 1983 puis ministre de l’Education nationale de 1984 à 1986. Il est candidat à l’élection présidentielle de 2012.
Luc Chatel a été secrétaire d’Etat chargé de l’Industrie et de la Consommation entre 2008 et 2009, auprès de la ministre de l’Economie. Il est ministre de l’Education nationale depuis juin 2009.
Menés par Nicolas Beytout, journaliste économique et politique qui a dirigé les rédactions des Echos et du Figaro avant de prendre la direction de plusieurs médias rassemblés au sein du groupe Les Echos, ces entretiens nourriront à coup sûr la campagne électorale de 2012.

Plan détaillé
Préface

Introduction

PREMIERE PARTIE : LA PLACE DE LA FRANCE DANS LE MONDE

1. Un monde nouveau : plus incertain et plus dur
Un monde où les idéologies reculent
La crise de 2008-2009
La désindustrialisation
La protection de nos secteurs stratégiques

2. Le modèle social européen
La fin des grands programmes
L’Allemagne, un modèle ?
« L’exception française »
La force de l’Etat
Le service public à la française
Culture d’entreprise, un retard français ?
Coût du travail et autres facteurs de compétitivité


DEUXIEME PARTIE : L’ECOLE DANS LE MONDE D'AUJOURD'HUI

1. La France, élève moyen
L’enjeu de la maternelle et du primaire
Les modèles étrangers

2. L’école et le marché du travail
Une école pour l’emploi : le modèle allemand
Les problèmes de l’orientation
La jeunesse face à la crise


TROISIEME PARTIE : L’ECOLE ET CEUX QUI LA FONT

1. Les valeurs de l’école

2. L’état des lieux de l’école
Baisse du niveau des élèves et de l’exigence
Le recul de l’orthographe
Le langage « sms »
Les nouvelles technologies
Les rythmes scolaires, la semaine de 4 jours
La bataille des programmes
Pour ou contre le redoublement ?
Soutien scolaire : la solution miracle ?
La carte scolaire
Public-privé

3. Les acteurs du système
L’enseignant
La violence scolaire
L’autorité des professeurs
La vidéo surveillance
Les parents
Les organisations de parents d’élèves
Les syndicats
Le rôle du ministère de l’Éducation nationale
Le pilotage du système et l’importance des relais sur le terrain
La politique budgétaire
Effectifs et performance


QUATRIEME PARTIE : DES IDEES POUR DEMAIN

1. Combattre l’échec scolaire dès le plus jeune âge et en finir avec les dérives du « pédagogisme »
Échec scolaire : agir le plus tôt possible
Les méfaits des pédagogies « constructivistes »
Restaurer l’excellence à l’école

2. Enseignement supérieur : quel projet ?
La sélection à la fac ?
Des diplômes vraiment nationaux
De l’école… à l’université… à l’entreprise

3. Quelles perspectives pour les enseignants ?
La formation des profs
Le temps de travail
La notation des enseignants


Conclusion de Jean-Pierre Chevènement
Conclusion de Luc Chatel


par Chevenement.fr, le 01 September 2011, 15:26

Jean-Marie Albouy-Guidicelli

Le PS des bisounours...

par jmag, le 01 September 2011, 14:18

Vincent Garel

Primaires Citoyennes : Campagne d'affichage du Cercle PRG Sidobre-Autan-Montagne Noire

Mobilisation des militants du PRG 81 ce 31 août :

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le 01 September 2011, 14:16

Philippe Sarre

Primaires socialistes : le choix

L'élection des primaires conduisant à la désignation du candidat socialiste à l'élection présidentielle aura lieu le 9 octobre. J'ai décidé de soutenir la candidature de François Hollande qui me parait le plus apte à conduire la gauche lors de cette échéance majeure. Dans un monde incertain économiquement, François Hollande développe...

par Philippe Sarre, le 01 September 2011, 13:40

Après la Rochelle, place aux primaires !

J’étais à la Rochelle vendredi et samedi dans le cadre de l’université d’été du Parti Socialiste. Les socialistes ont partagé ce week-end à la Rochelle un moment de rassemblement. De ces quelques jours passés au contact des différents candidats à la primaire, je retiens surtout un profond respect mutuel entre...

par Philippe Sarre, le 01 September 2011, 13:38

Jean-Louis Hussonnois

Madeleine ou Les feux de la rampe

Histoires banales (2)

La carrière de Madeleine Lemichaux, au sein des Troubadours de la Table Ronde commença par un malentendu. Cette troupe de théâtre, d’une dizaine d’amateurs, s’était intitulée ainsi en l’honneur de sa fondatrice, Madame Jacqueline Perceval (née Bourceguot). Dans un passé qui commençait à devenir lointain, cette personne, avait commencé une carrière artistique, interrompue après sa rencontre avec Antoine Perceval. Le jeune-homme terminait à Paris des études de droit. Entre la comédienne débutante et l’apprenti juriste le coup de foudre fut immédiat et réciproque. Elle l’épousa et le suivit à Rochefort sur la Sorgne où il prit, dans l’étude familiale, la succession de son père Maître Germain Perceval lui-même descendant d’une longue lignée notariale.

Jacqueline l’ayant révélé sous le sceau du secret à ses nombreuses meilleures amies, tout le monde à Rochefort, savait que, malgré les supplications de son impresario (cet ancêtre quasi préhistorique de nos modernes agents) et les propositions mirifiques de plusieurs grands producteurs (dont elle taisait les noms par discrétion), elle avait sacrifié sa carrière à l’amour. Ces confidences se terminaient, en général, par un léger soupir, suivi de l’aveu, lâché non sans réticence, que, chez une véritable comédienne, même le plus vif des sentiments ne peut étouffer le besoin d’exprimer sa passion pour l’art.
Le hasard faisant bien les choses, Jacqueline Perceval (née Bourceguot) découvrit très vite que la vie intellectuelle de Rochefort sur la Sorgne manquait singulièrement de relief et de qualité. Dans les dîners en ville, elle commença par s’en étonner, puis par le déplorer et elle finit par s’en indigner. Le résultat de cette campagne habilement menée ne se fit pas attendre. Ses, de plus en plus nombreuses, meilleures amies l’implorèrent de prendre les choses en main et de mettre son immense talent au service de sa ville d’adoption. Elle se fit un peu prier, puis comme beaucoup d’autres, elle céda aux affectueuses sollicitations dont elle était l’objet.
Il s’en suivit une succession d’entreprises, toutes à vocation artistique qu’il serait trop long d’énumérer ici. L’honnêteté oblige à dire qu’elles furent rarement couronnées de succès. Les Troubadours de la Table Ronde en étaient le dernier avatar. Leur nombre était cependant insuffisant pour mener à bien l’ultime et grandiose projet de leur inspiratrice : une suite de scènes qui avaient, en leur temps, fait la gloire du théâtre de boulevard, d’où, dans le journal local, plusieurs encarts destinés à renforcer l’effectif de la troupe.
Madeleine Lemichaux n’avait lu aucun de ces appels, mais elle a trouvé, miaulant à sa porte, Oreste, le chat gris des Perceval. Le nom et l’adresse des propriétaires de l’animal étaient gravés sur la médaille attachée à son collier. Madeleine avait justement des courses à faire dans cette partie de la ville. Elle mit Oreste dans un sac de voyage et alla sonner à la porte des Perceval. Jacqueline lui ouvrit. Les dix minutes de conversations qui suivirent n’ont pas été enregistrées et c’est bien regrettable. Entre l’ancienne artiste qui pensait avoir en face d’elle une nouvelle recrue et l’amie des bêtes qui lui rapportait son chat, le dialogue fut du genre décousu. Un miaulement plus prononcé que les autres mit fin au quiproquo. On s’expliqua. Madeleine raconta comment, en sacrifiant un peu du steak haché de son déjeuner elle avait capturé Oreste. Jacqueline la remercia, et lui offrit un thé qui fut accepté. Une heure plus tard, et sans qu’elle sache très bien comment elle en était arrivée là, Madeleine se retrouva dans la rue, munie d’une carte de membre des Troubadours de la Table Ronde et d’une feuille où étaient photocopiés le calendrier et les heures des prochaines répétitions de la troupe, lesquelles avaient lieu dans une dépendance, aménagée à cet effet, de la maison de famille des Perceval.
Depuis vingt-cinq ans, Madeleine partageait sa vie entre la mairie de Rochefort où elle occupait un poste d’agent administratif au service de l’Etat Civil et le soin de sa famille. Maintenant que ses filles, Stéphanie et Aglaé, avaient quitté le pavillon de la rue des Frères Bouzon, celle-ci s’était réduite à son mari Clément. Employé d’une entreprise de transports, ce méditatif consacrait ses loisirs à la pêche à la carpe et à la résolution de grilles de mots croisés et de sudoku. En vingt cinq ans, ile couple n’était pas allés plus de quatre fois au cinéma et la télévision occupait presque toutes leurs soirées. L’adhésion de Madeleine aux Troubadours alarma un peu son mari, mais, quand il eut constaté que sa femme ne rentrait jamais de ses répétitions après dix heures, il cessa de s’inquiéter. A peine si, de temps en temps, il la plaisantait, lui demandant quand on verrait son nom et sa photo dans Match et Jour de France, périodiques qu’il feuilletait chaque fois qu’il allait chez Monsieur Gérard, le coiffeur de la rue du Ségala.
Madeleine ne prenait pas la peine de répondre. Elle vivait un rêve. Les Troubadours avaient accueilli à bras ouverts leur nouvelle recrue. Comme elle débutait, il n’était pas question de lui attribuer un vrai rôle. Cependant, l’ensemble des scènes sélectionnées par Jacky (quand on était entre artistes, Jacqueline devenait Jacky) ainsi que leurs intermèdes demandaient la participation de quelques figurants. Elle fut donc, malade agonisante, sœur de charité en prière, passante pressée, modèle pour peintre figuratif et femme de marin attendant le retour de son mari. Bref, si elle n’eut pas à se tenir au garde à vous en présentant une hallebarde, c’est que rien, dans le spectacle, ne faisait allusion au moyen-âge. On aura remarqué qu’à l’exception de celui de passante, qui supposait plusieurs allers et retours en fond de scène, ses rôles l’obligeaient à une quasi immobilité. D’autres auraient trouvé cette situation insupportable. Pas Madeleine ! Elle appréciait de pouvoir, en restant au second plan, admirer le jeu des autres membres de la troupe dont elle enviait la maîtrise et l’aisance.
Bien vite elle eut ses préférences : Jacky, bien sûr. L’industrie des cosmétiques et la chirurgie esthétique n’avaient pu réparer complètement des ans l’irréparable outrage, mais l’ex-future star ne manquait ni de talent ni de charme. Si elle avait dû renoncer aux rôles d’ingénue, nombreux étaient les Hippolyte rochefortais qui pensaient qu’elle aurait fait une Phèdre très acceptable. Madeleine admirait son élégance et l’autorité avec laquelle elle menait son monde. Elle ne lui reprochait qu’une chose : son attitude un peu trop revêche avec Eric, la vedette masculine de la troupe. Peu au fait de la chronique galante de Rochefort, elle ignorait la rumeur qui voulait que Jacky ait eu une liaison qui s’était mal terminée avec cet agent d’assurances quadragénaire.
Cultivant une vague ressemblance avec Marcello Mastroianni, Eric Zengrini évoquait volontiers des origines italiennes pourtant assez lointaines puisque le premier Zengrini, connu un maçon toscan, était venu s’établir dans la région de Rochefort plus d’un siècle auparavant. Cela n’empêchait pas son descendant de glisser dans ses phrases une pointe d’accent latin, de conduire des automobiles sportives et transalpines et d’afficher en matière de restauration une préférence pour les pâtes et les pizza, plats à la fois typiques et peu dispendieux dont ce séducteur un peu pingre nourrissait celles dont il espérait les faveurs.
Vérifiant l’adage qui veut qu’il n’y ait pas de fumée sans feu, la rumeur publique n’avait pas tout à fait tort. Eric n’était entré dans la troupe que pour séduire Jacky et il y était parvenu. Raconter les épisodes de cette aventure nous entraînerait trop loin. Il suffira de dire que ce qui devait en être l’apothéose tourna au fiasco. Semblable à certain héros de Stendhal, Eric, au moment crucial, se révéla incapable d’honorer les espoirs qu’il avait fait naître. Pire, il tenta de mettre sa défaillance sur le compte de sa partenaire. Justement offensée, Jacky se rhabilla et quitta, en claquant la porte, la chambre où elle regrettait amèrement de s’être laissé entraîner.
On pourra s’étonner qu’après un incident aussi regrettable, Eric ait continué à fréquenter les Troubadours. C’est que, doué d’une stupéfiante capacité à repeindre la réalité aux seules couleurs qui lui étaient agréables, il s’était facilement convaincu de l’entière responsabilité de Jacky dans le malheureux dénouement de leurs amours. Adepte déterminé du « une de perdue, dix de retrouvées », il s’était dit qu’il serait dommage d’abandonner une activité, le théâtre, qui lui donnait tant d’occasions de rencontres. C’est pourquoi il ignora délibérément le mépris dont Jacky l’accablait en le criblant, chaque fois qu’elle en avait l’occasion, de sous-entendus blessants, de phrases à double sens et d’allusions plus ou moins malsonnantes. En même temps, et dans le but d’éveiller la jalousie de la cruelle, il entreprit de séduire les autres femmes de la troupe.
C’était compter sans l’usage que peuvent faire les confidents des secrets dont ils sont les dépositaires. Au cours d’une séance de soins, Jacky avait confié celui de son aventure à Valérie Lesueur son esthéticienne à la ville et sa plus proche collaboratrice au théâtre. Il ne faut donc pas s’étonner si, dans les trois jours qui suivirent, toute les Troubadoures savaient qu’au lit, Eric promettait beaucoup plus qu’il ne pouvait tenir, défaut rédhibitoire pour qui prétend à l’embarquement vers Cythère. Ses tentatives échouèrent donc misérablement et il se demandait s’il n’allait pas renoncer et quitter un groupe où il perdait son temps et ses efforts lorsque Madeleine fit son entrée dans la troupe.
La nouvelle venue manquait d’éclat. La quarantaine désormais bien entamée, elle n’avait ni l’élégance de Jacky, ni la beauté un peu maniéré de l’esthéticienne, ni la fraîcheur des sœurs Pacalet, les benjamines du groupe, ni l’espèce de charme sensuel de Lucie Castan dont les hommes oubliaient facilement qu’elle avait les traits un peu irréguliers quand leurs regards s’attardaient sur son décolleté. Fagotée à la va comme je te pousse, joyeusement ignorante des principes de base de la coquetterie (dix minutes lui suffisaient à pour se maquiller et se coiffer), n’ayant, au grand jamais, été effleurée par l’idée qu’elle pourrait plaire à un autre qu’à son mari, Madeleine était ce qu’on appelle avec un peu de mépris, une femme très ordinaire. C’est ce qui décida le presque sosie de Marcello Mastroianni à oser auprès d’elle une ultime tentative. Si celle-ci aussi lui résistait, il renoncerait et quitterait la troupe.
Dès lors, il se rapprocha insensiblement de Madeleine. Aussitôt qu’il en avait l’occasion, il avait avec elle des apartés, lui demandant son avis sur la répétition en cours ou s’inquiétant de savoir si les pauses d’immobilité auxquelles elle était contrainte ne lui étaient pas trop pénibles. Progressivement il passa aux confidences, se plaignant, à demi-mots de la dureté dont Jacky faisait preuve à son égard. Madeleine l’écoutait, attentive et compatissante. Un jour, non sans lui avoir auparavant fait jurer le secret, il lui révéla que l’animosité dont il était victime n’avait pas d’autre cause que son refus à lui, Eric de céder aux avances répétées que lui avait fait Jacky. Il était l’ami du notaire. Ce sentiment sacré lui interdisait de trahir la confiance d’Alexandre. Cette confidence eut lieu dans sa voiture car, sous un prétexte totalement fallacieux (une histoire d’agression qu’il avait inventée de toutes pièces) il l’avait convaincue qu’il était plus prudent qu’il la ramène chez elle.
Madeleine écouta cette fable avec admiration. L’estime qu’elle portait à Jacky en fut de beaucoup diminuée. En même temps, au nom du principe des vases communicants, celle qu’elle vouait à Eric, augmenta dans les mêmes proportions. Après la répétition suivante au cours de laquelle, lui sembla-t-il, Eric avait été plus maltraité que d’habitude, ce fut elle qui revint sur le sujet, lui demandant où il trouvait le courage de supporter une conduite aussi insultante. Il soupira avec la parfaite éloquence (1) qu’il devait à un long entraînement et il avoua, comme sous la contrainte, que son respect pour l’amitié n’était pas la seule raison de la rebuffade qu’il avait infligée à Jacky. Il devait le reconnaître, il était homme et, comme tous les hommes sujet aux tentations (2) et, s’il trouvait une femme désirable… Ici, il regarda sa voisine et poussa un autre soupir éloquent. Mais, reprit-il, cette pauvre Jacky n’avait rien de désirable. Tout en elle était faux : les cils, le nez et les sentiments et lui, il n’aimait que le naturel. Un troisième soupir, encore plus éloquent que les deux autres, lui servit de transition. Il détourna les yeux et les fixa sur ses essuie-glaces. Puis en mettant dans sa voix une dose exacte de trémolo, il avoua que sa décision de quitter la troupe était prise quand l’arrivée d’une certaine personne l’avait fait changer d’avis. Malgré la modestie dont cette femme remarquable s’obstinait à faire preuve, il avait deviné en elle, des qualités exceptionnelles. Enfin ! avait-il pensé, quelqu’un avec qui il pourrait nouer ce lien si rare : une amitié vraie entre un homme et une femme. Après le quatrième et dernier soupir éloquent de la soirée, il conclut « Ah Madeleine ! Quelle chance j’ai eu de vous rencontrer ! » Là-dessus, en se félicitant in petto d’avoir si bien minuté son discours, il arrêta sa Lancia devant le pavillon des Lemichaux. Malgré la pluie qui tombait à verse, il descendit, alla ouvrir la portière et prit la main de Madeleine pour l’aider à descendre. Puis, comme s’il regrettait son audace, il se hâta de regagner son siège et il s’en fut finir la soirée au Daïkiri un bar du centre ville où il avait ses habitudes.
En regardant la voiture s’éloigner, Madeleine pensa que, même aux premiers temps de leur vie commune, Clément Lemichaux n’avait jamais pris la peine de lui ouvrir la portière et ce geste acheva de la troubler. Au début de la répétition suivante, avant qu’elle ne s’allonge dans le lit où elle figurait une moribonde dont des héritiers se disputaient la succession, Eric se glissa près d’elle. Il lui chuchota à l’oreille qu’il avait hâte de la retrouver car il avait des choses à lui dire. Madeleine rougit et, sans répondre, alla s’étendre sous l’énorme édredon qui recouvrait sa couche. Elle n’était pas au bout de ses surprises. En arrivant au moment où comme le prévoyait la mise en scène, il devait l’embrasser froidement sur le front, Eric s’interrompit. Prétextant une idée qui lui était venue il proposa de jouer la chose différemment. Les autres acceptèrent. Aussitôt, simulant un violent désespoir et il se jeta sur Madeleine et la serra violemment dans ses bras, tout en effleurant ses lèvres. Jacky n’avait rien perdu de la scène qui lui était évidemment destinée. Comme Eric tardait à relâcher son étreinte, elle laissa tomber de son ton le plus sec qu’elle ne voyait pas l’intérêt de cette innovation. Elle ajouta que, s’il devait lui venir d’autres idées aussi peu intéressantes, le mieux serait qu’il les garde pour lui.
A la fin de la répétition, Madeleine ne rejoignit pas immédiatement les coulisses. Que ferait-elle si, tout à l’heure dans la voiture, Eric se montrait encore plus entreprenant qu’il ne l’avait été sur scène ? Elle hésitait encore quand, en arrivant à l’endroit où elle avait posé son manteau et son sac près du couloir qui menait à la loge que s’était réservée Jacky, elle entendit des éclats de voix. Une fois de plus Jacky s’en prenait à ce pauvre Eric. C’en était trop, il fallait que quelqu’un intervienne. Elle fit un pas en avant et s’arrêta net en entendant son nom. Les trois minutes qui suivirent furent les plus cruelles de son existence. A Jacky qui lui demandait quelle mouche l’avait piqué pour s’être ainsi jeté sur cette pauvre bécasse, Eric croyant que, cette fois, sa manœuvre avait réussi, répondit qu’elle le savait bien et qu’il ne le regrettait pas puisque sa réaction montrait assez à quel point elle était jalouse, mais, enchaîna-t-il, elle n’avait aucune raison de l’être. Il était tout à elle et cette idiote de Madeleine n’avait été que l’instrument dont il s’était servi.
L’idiote, et c’est dommage, n’entendit pas la magistrale paire de claques qui conclut cette tirade quand, abandonnant la parole pour les actes, Eric tenta de prendre l’insensible et toujours rancunière Jacky dans ses bras. Anéantie par ce qu’elle venait d’entendre, elle s’était précipitée dehors et elle était rentrée chez elle en courant. Elle y trouva Clément. Plongé dans une grille particulièrement ardue de mots croisés, il ne leva pas les yeux quand elle traversa le salon se contentant de lui demander si tout allait bien. Elle ne prit pas la peine de répondre.
Le lendemain, elle lui annonça que, tout compte fait, le théâtre ayant cessé de lui plaire, elle n’irait plus aux répétitions. Dommage, plaisanta-t-il, il ne verrait pas son nom sur une affiche et il se replongea dans le Sudoku dont, depuis deux jours, il n’arrivait pas à trouver la solution. Avec une moue d’enfant triste, elle haussa les épaules et se réfugia dans sa cuisine.
Quelques mois plus tard, elle entendit un bruit. On grattait à sa porte. Elle alla ouvrir, c’était un char gris. Il y eut un miaulement déchirant. Oreste, catapulté au milieu de la rue par le coup de pied qu’il venait de recevoir dans l’arrière-train, s’enfuit sans demander son reste, de toute la vitesse de ses quatre pattes.

Chambolle

1 Le soupir éloquent est, paraît-il, un des plus sûrs moyens de capter l’attention de la personne dont on recherche les faveurs « Je soupirai avec éloquence et Mariette se jeta à mon cou ! » Casanova, Mémoires chapitre XXV.

2 Les vils séducteurs usent volontiers de cet argument qui manque rarement de produire deux effets très appréciables.
- Le premier exonère le vil séducteur de toute responsabilité puisqu’il ne fait rien d’autre que céder à une pulsion commune à tous les hommes.
- Le second jette, sur l’époux ou le compagnon en titre de la proie à laquelle il s’attaque, une suspicion qui pourra se révéler utile : « Je persuadai facilement la Comtesse de B. que son mari la trompait et je m’offris de l’aider à se venger. L’idée lui plut. Un sofa se trouvait là. Elle se vengea, et si vigoureusement que, rentré chez moi, je me mis au lit où je dormis comme un loir,» Choderlos de Laclos « Nouvelles liaisons dangereuses ».

par Le Chat!, le 01 September 2011, 12:40

André Baup

Europe : le fédéralisme, un plan B illusoire

Marie-Françoise Bechtel - Tribune | Jeudi 1 Septembre 2011 à 12:01 | Lu 705 fois


Face à la crise de l'euro, certains en appellent au «fédéralisme budgétaire». Mais à quoi exactement cela fait-il référence ?,[...]

le 01 September 2011, 12:08

Jean-Luc Mélenchon

Dogmatisme et cupidité tuent la Grèce et l’Europe.

Dogmatisme et cupidité tuent la Grèce et l’Europe.

Pas de ça en France !

 

La dette grecque est donc désormais hors de contrôle ! Voila le bilan des « bons docteurs du FMI » et des petits génies du libéralisme européen. L’aveuglement dogmatique des gouvernements libéraux et la cupidité des banquiers spéculateurs mènent l’Union européenne au chaos et le monde à la catastrophe financière.
 

Comme je l'avais annoncé il y a plus d'un an en avril 2010 (voir note de blog Le bug grec s'avance ), les plans d'austérité successifs dictés par l'Union européenne et le FMI ont complètement asphyxié l'activité du pays (avec une récession de 4,5 % contre 3,5 % prévue initialement pour cette année). Cette rigueur martyrise le peuple grec et se solde par une aggravation rapide du déficit qui est déjà au 1er semestre 2011 au niveau prévu pour l'ensemble de l'année. C’est cette médecine mortelle que le plan Fillon propose d’appliquer à notre pays. Pas de ça en France !
 

Ces pompiers pyromanes doivent être stoppés. Comme je l'ai proposé depuis plus d'un an (notamment sur Europe 1 le 29 avril 2010),  l'incendie peut être immédiatement éteint si la Banque centrale européenne prête directement à la Grèce aux taux réduits auxquels elle prête aux banques.

par Jean-Luc Mélenchon, le 01 September 2011, 11:25

Jean Paul Fournier

Les leçons d'un sportif

Le sport est une école de la vie très riche d’enseignements. La récente sélection d’Oscar PISTORIUS, jeune sprinteur sud-africain, à l’épreuve du 400 mètres, lors des Championnats du Monde d’athlétisme, qui se déroulent, en ce moment même, en Corée du Sud, est une première dans toute l’histoire du sport.

 

En effet, cet athlète handicapé, amputé des deux jambes, a très longtemps disputé les épreuves dans la catégorie handisport. Durant des années, il a affiché un palmarès remarquable, notamment aux Jeux paralympiques.

 

Dimanche dernier, il a participé à une épreuve avec des sportifs valides. Cet évènement démontre toute la persévérance d’un homme, qui a su passer outre son handicap.

 

Je dois dire que cet exemple doit nous amener à réfléchir sur la place des personnes handicapées dans la société et leur nécessaire intégration au cœur de la Cité. Ce n’est certainement pas en créant deux sphères, l’une pour les valides, l’autre pour les non valides que la situation évoluera.

 

Je pense sincèrement que toutes nos décisions publiques doivent être prises à travers le prisme d’une pleine autonomisation des handicapés, pour ainsi leur donner toute leur chance de réussite. Aujourd’hui, la Ville de Nîmes, mais aussi Nîmes Métropole, à travers les Ateliers du Handicap, l’application du Plan d’Accès Voirie, qui a pour but d’adapter l’espace public aux personnes à mobilité réduite, ou la politique en matière de transports en commun, offre, par petite touche, mais de manière très cohérente, tous les moyens pour arriver à ces objectifs ambitieux.   

 

le 01 September 2011, 07:09

Jean Jacques Urvoas

Peut-on écouter le téléphone des journalistes ?

Le Monde vient de révéler que la Direction Centrale du Renseignement Intérieur avait obtenu le relevé de toutes les communications téléphoniques d’un journaliste enquêtant sur l’affaire Bettencourt.

Pourtant sur France 2, le jeudi 4 novembre, interrogé sur l’article du Canard Enchainé qui avait déjà divulgué cette information, Brice Hortefeux avait doctement déclaré « La DCRI ce n’est pas la Stasi ou le KGB ». « Il n’y a pas de police politique dans notre pays », avait-il ajouté avant de préciser que « l’objectif de la DCRI, ce n’est pas de suivre des journalistes, c’est d’interpeller des terroristes ». L’Elysée avait pareillement évoqué une accusation « totalement farfelue » tandis que Xavier Bertrand, alors secrétaire général de l’UMP, avait qualifié  de « grand n’importe quoi » ces accusations. Ce bref rappel disqualifie toutes les réactions que nous allons entendre aujourd’hui.

Il est donc probable maintenant que les directeurs généraux de la police nationale et du renseignement intérieur soient mis en examen. Claude Guéant va-t-il estimer qu’ils peuvent continuer à assumer leurs fonctions ? La réponse très vite…

par contact, le 01 September 2011, 07:05

Steeve Briois

Affaire Bettencourt : tout reprendre depuis le début

Les révélations de la juge Isabelle Prévost-Desprez sont d’une importance considérable : elles mettent Nicolas Sarkozy au cœur du scandale Bettencourt et illustrent les pressions considérables exercées sur le fonctionnement de la Justice.

Avec l’affaire Karachi ou encore l’affaire Tapie, l’affaire Bettencourt montre que la Justice française n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ces trois affaires ont en commun que depuis le début, la vérité ne peut être établie sereinement. Sous la coupe du pouvoir politique, la Justice n’a plus l’indépendance nécessaire. Les puissants échappent à tout contrôle et peuvent se livrer aux pires malversations, ils ne sont que rarement inquiétés. Remercions les quelques magistrats courageux qui osent défier les pressions politiques pour faire leur travail malgré tout.

Si les révélations de la juge Isabelle Prévost-Desprez étaient confirmées par une enquête impartiale, cela montrerait que les Français auraient porté à la tête de l’État un véritable système mafieux. Ces mises en cause appellent donc d’urgence des vérifications minutieuses et exhaustives.

Marine Le Pen, présidente du Front National, demande que toute l’affaire Bettencourt soit reprise depuis le début par un juge indépendant à qui doivent être donnés les moyens d’enquêter en échappant à tout contrôle du pouvoir politique. En particulier, il s’agit de connaître la vérité sur les responsabilités et implications de toutes les personnalités politiques qui trempent aujourd’hui dans cette affaire. La morale publique exige que la vérité soit faite sur leur moralité, de plus en plus mise en doute

par Steeve Briois, le 01 September 2011, 06:59

Bernard Gauducheau

Permanences décentralisées

 
A partir de cette rentrée, j'ai choisi de renforcer les échanges avec mes concitoyens en assurant des "permanences décentralisées" dans les quartiers de Vanves,

Ce dispositif vient en complément des permanences déjà assurées par les Adjoints de quartier.

Rencontre-maire-OKBG

Avec la création de deux permanences mensuelles dans les quartiers, je souhaite être au plus près des préoccupations de mes administrés. Un moment privilégié de dialogue ouvert à tous les habitants, sans rendez-vous.

Ainsi, deux permanences seront assurées :

  • Quartier du Plateau de Vanves : le premier samedi de chaque mois de 12h à 13h à l'Espace de La Tuilerie situé au 55 rue Jean Jaures.

      La première séance aura lieu le samedi 3 septembre

  • Quartier des Hauts-de-Vanves : le troisième samedi de chaque mois de 12h à 13h à l'Espace Latapie situé rue de Chatillon

           La première séance aura lieu samedi 17 septembre

Elles viennent s’ajouter à la permanence téléphonique « Allô Monsieur le Maire » qui a lieu le deuxième jeudi de chaque mois de 18h à 20h (Numéro vert : 0805 100 336). Le prochain a lieu le jeudi 8 septembre 2011.

Dans l'attente du plaisir de vous rencontrer,

Lu dans Le Parisien du 31 août 2011:

Sans titre

 

 

par vanves, le 01 September 2011, 05:00

August 31, 2011

Jean-Luc Romero

Rémi Féraud, un maire efficace et qui assume !

En mai dernier, j’étais passé à côté du portrait de Rémi Féraud, maire du Xème arrondissement de Paris, paru dans Le Point. Ce portrait nous dessine un homme attachant, passionné et efficace au service exclusif du Xème arrondissement et des ses convictions humanistes. Un maire à plein temps, comme il se définit, et ce qu’apprécient, à n’en pas douter, les administrés de ce bel arrondissement de notre capitale. Au détour de son portrait, le Point nous précise comme un simple point du CV de cet élu discret sur sa vie personnelle qu’il ne « fait pas mystère de son homosexualité » et que, s’il n’a pas fait son coming out, c’est surtout car « personne ne lui a jamais posé la question ! » Il précise d’ailleurs qu’il « vit avec le même compagnon depuis 20 ans » et qu’il est « fier d’avoir réussi à faire vivre son amour de jeunesse. » Une belle déclaration d’amour de ce maire dynamique et qui assume !

par noreply@romero-blog.fr (Jean-Luc ROMERO), le 31 August 2011, 22:09

Jean-Louis Boehler

Radars pédagogiques : inadaptés

Les nouveaux radars pédagogiques, installés depuis deux mois en Moselle, sont « non adaptés », car notamment « incapables de mesurer les vitesses lors de forts trafics », a reconnu, hier, la préfecture qui attend de nouveaux modèles d’ici octobre. De [...]

par jl boehler, le 31 August 2011, 22:07

Patrick Chaimovitch

Luc Chatel: l'argent ne fait pas le bonheur

argent-bonheur.jpgLe ministre de l'Education, Luc Chatel, souhaite rétablir les leçons de morale – comme si les enseignants étaient dans leur travail quotidien immoraux ou amoraux- en classes de primaire et annonce une circulaire imminente sur ce sujet, ceci accompagné de travaux d’intérêt généraux au sein de[...]

le 31 August 2011, 21:27

Jean-Louis Hussonnois

Estuaires

Un nouveau poème d'Arion, dans la série "Le voyeur cosmique"

Arion

par Le Chat!, le 31 August 2011, 21:06

Patrick Chaimovitch

Socialistes écologistes ?

Un écologiste présent lors de l'université d'été du Parti socialiste, les 27 et 28 août, ne pouvait manquer d'être perplexe.

D'un côté, il relevait dans les discours les mots "environnement", "crise écologique", "nouveau modèle de développement", à une fréquence reléguant le discours d'Eva[...]

le 31 August 2011, 20:44

Laurent Dejoie

L'action du Notariat Français à Madagascar

Dans un précédent billet du 27 mai dernier, je mettais en ligne deux vidéos illustrant l'Action Internationale du Notariat.

Vous pouvez en découvrir une troisième sur l'action de titrement à MADAGASCAR, véritable laboratoire de sécurité foncière.

Voir la vidéo .

par Laurent DEJOIE, le 31 August 2011, 20:37

Thierry Solere

L'Expansion : "Ceux qui ont le pouvoir à Boulogne- Billancourt"

Image 10 Je vous invite à découvrir en exclusivité dans les kiosques boulonnais le nouveau numéro de l'Expansion, qui a consacré un dossier spécial à notre ville et à "ceux qui y ont le pouvoir".

Vous remarquerez que les personnalités politiques de la ville, qu'elles soient de gauche, de droite, du centre, élus, anciens et actuels, se retrouvent tous sur un point : préparer pour 2014 une alternative à Monsieur Baguet et à la politique qu'il mène depuis 2008.

Bonne lecture !

 

par Thierry SOLERE, le 31 August 2011, 16:33

Claude Goasguen

Communiqué de presse de Claude GOASGUEN sur la reconnaissance d'un état palestinien à l'ONU

La déclaration unilatérale du porte-parole du Quai d’Orsay à l’encontre de Madame Valérie HOFFENBERG concernant sa position personnelle à l’égard de la reconnaissance par l’ONU d’un Etat palestinien est un acte arbitraire et constitue une erreur politique qui ne peut susciter que la désapprobation de ceux qui souhaitent une paix négociée entre les autorités palestiniennes et l’Etat d’Israël.

Il serait en effet absurde et grave pour l’avenir de la paix dans cette région de croire que l’ONU peut se substituer, par une résolution probablement non ratifiée par le Conseil de Sécurité, au caractère préalable des négociations entre Israël et la Cisjordanie. L’intervention de l’ONU ne saurait être envisageable avant qu’un accord n’intervienne entre des partenaires israéliens et palestiniens reconnaissant leur existence réciproque. Il est évident qu’Israël ne saurait discuter avec le Hamas qui gouverne à Gaza et qui s’obstine à s’attacher à l’idée de destruction de l’Etat d’Israël.

Il n’est pas souhaitable que la France, qui a de réels pouvoirs d’arbitrage pour aider à la conclusion de négociations, prenne parti au sein de l’Assemblée Générale de l’ONU, constituée majoritairement de pays non-alignés, dans un vote symbolique mais pouvant avoir des conséquences sur l’opinion, en particulier dans des pays musulmans déjà en proie à une violente agitation.

Loin de favoriser la paix, l’attitude de la France, aux antipodes de l’attitude de la plupart des autres pays européens et des américains, aurait pour conséquence une perte d’influence de la France dans cette région du monde.

On ne peut que saluer l’attitude courageuse de Madame HOFFENBERG, qui connait bien ces sujets, consistant à dénoncer la position du Quai d’Orsay dont on ne voit que trop bien les effets néfastes pour notre pays. 

par Claude Goasguen, le 31 August 2011, 16:12

HOLLANDE attaque « les bourgeois de Passy »

Puisque François HOLLANDE se permet d’attaquer les bourgeois de Passy, je voudrais lui rappeler que les français ne sont pas dupes du niveau social des dirigeants du parti socialiste et qu’il aura fort à faire à essayer de les persuader qu’il est lui-même un enfant de la classe ouvrière avec les bonnes études qu’il a menées à Neuilly ou son ancien domicile partagé avec Ségolène ROYAL à côté de la Porte d’Auteuil dans le 16ème.

Il aura du mal à expliquer à son collègue FABIUS que c’est un défaut de naître à Passy et surtout à Dominique STRAUSS KAHN qu’il a eu tort de louer à 50 000 $ par mois, un appartement de grand luxe à New York.

C’est dire que ce côté faux-cul et hypocrite du PS dont on avait l’habitude avec Bertrand DELANOE n’est pas digne d’un débat politique qui va peser sur l’avenir de la France.

http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1792&date=2011-08-29

Cliquer ci-dessus pour écouter ma réaction concernant les propos de François HOLLANDE ( 35ème minute de l'émission) dans un reportage de l'émission    C Dans l'Air

par Claude Goasguen, le 31 August 2011, 16:07

Jack-Yves Bohbot

12ème journées européennes de la culture et du patrimoine juifs : concert à la synagogue Nazareth, le dimanche 4 septembre.

Synagogue Nazareth

Dans le cadre des journées européennes de la culture et du patrimoine juifs qui se déroulent dans plus de trente pays européens, j'organise ce dimanche à 20 heures avec le Consistoire de Paris, un concert exceptionnel à la synagogue de la rue Notre-de-Nazareth (Paris 3ème).
C'est à l'initiative de mon amie, Michèle Rotman, que nous présenterons un concert du chanteur baryton David Serero.
Le programme proposera des mélodies juives du Moyen-Age, des morceaux d'opéra et de Broadway, des mélodies hébraïques et israéliennes. Bref un voyage très éclectique dans la musique juive traditionnelle et contemporaine.
Si vous souhaitez assister à ce concert et réserver une place (gratuite), merci de m'adresser un mail (jackyvesbohbot@gmail.com).

par Jack-Yves Bohbot, le 31 August 2011, 14:24

Jean-Marie Albouy-Guidicelli

Non à l'augmentation de la TVA sur les parcs d'attraction

Disney18 En annonçant une augmentation de la TVA aux parcs d'attraction, le Premier Minsitre s'attaque aux loisirs de nombreux Français qui ne peuvent pas partir en vacances et décident d'économiser pour se rendre dans un des nombreux parcs d'attraction qui nous permettent à peu de frais de nous divertir.

En décidant de multiplier par 4 le taux d'imposition des entrés aux parcs sédentaires ou aux manèges forains, c'est plus qu'une saignée qui est faite à toute une profession qui emploie et investit, c'est un coup de poignard.

Bien sûr, les fidèles lecteurs de jmag.info connaissent le faible que j'ai pour le parc Disneyland Paris...

Quel risque pour ce parc, comme pour les autres ?

A titre personnel, en achetant mon pass annuel, je contribue aujourd'hui à 11 euros de TVA, avec l'augmentation cette contibution sera d'environ 40 euros.

Soit la société prend sur elle et c'est autant de fonds en moins pour payer le personnel et investir dans de nouvelles attractions nécessaires à l'attrait permanent du parc (attractions qui se chiffres par dizaines de millions d'euros), soit la société répercute l'augmentation et enregistre une baisse de fréquentation qui impactera tout le reste de l'économie du parc : restaurants mais aussi boutiques qui vendent des articles à 19,6 % de TVA... ou un peu des deux ce qui reviendra au même.

Mais au delà de Disneyland Paris qui a une envergure mondiale, combien de petits parcs comme Nigloland, Famili-Parc, le Parc des Félins vont périr ...

Jean-François Copé pour l'UMP, Yves Jégo pour le Parti radical se sont déjà publiquement opposé à cette idée.

Jacques Chirac l'avait martelé : Trop d'impôts tue l'impôt !

Micjmag

par jmag, le 31 August 2011, 13:40

Rachid Adda

Article de Philippe Cohen dans Marianne (31/08/11) : Chevènement et Montebourg veulent affronter la crise

Chevènement et Montebourg veulent affronter la crise

 

Philippe Cohen - Marianne | Mercredi 31 Août 2011

 

Au cours d'un mini-colloque organisé à l'Assemblée nationale devant 300 personnes, le candidat des primaires et le Président d'Honneur du MRC ont montré leur différence en centrant leur propos sur la gravité de la situation et la nécessité de se préparer à l'accélération de la crise des dettes européennes, manifestation de l'échec de la mondialisation néolibérale.

 

Le pire n'est pas toujours sûr et la politique ne se résume pas forcément, en ce début de campagne électorale, à une course de chevaux médiatiques. Le week-end dernier à Grenoble, Jean-Luc Mélenchon nous a offert son meilleur discours de campagne, à mille lieux des mièvreries et des mesquineries de La Rochelle. Mardi soir à l'Assemblée nationale, deux hommes politiques ont décidé, à la différence de la plupart des opposants au régime, de ne pas éviter la crise, et même d'en parler. Ils font bien tant elle va continuer d'obséder les Français et tant leurs concurrents, de François Hollande à Jean-Louis Borloo, semblent bien décidés à l'évoquer le moins possible.

La crise donc, il en a beaucoup été question lors de ce colloque-confrontation entre Arnaud Montebourg, candidat des primaires socialistes, et Jean-Pierre Chevènement qui a annoncé, avant l'été, son éventuelle candidature à l'élection présidentielle de 2012 dans l'idée, avoue-t-il à ses proches, de « peser dans le débat ».

En vedettes américaines, Jean-Michel Quatrepoint, auteur d'un tout prochain « Mourir pour le Yuan » (1) et Jacques Sapir, auteur de « La démondialisation » (2) ont l'un et l'autre montré et démontré l'impasse des politiques économiques menées en Europe.

Jean-Michel Quatrepoint a montré que la Chine et l'Allemagne, confrontées toutes deux à un sombre avenir démographique et donc à des perspectives de vieillissement dans les années 2030-2050, mènent des politiques mercantilistes. Le couple franco-allemand doit donc évaluer aujourd'hui ses capacités à vivre ensemble.

Jacques Sapir de son coté  a été encore plus précis dans ses prédictions, annonçant une accélération de la crise des dettes européennes amenant à une crise terminale de l'euro d'ici à mars 2012.  L'économiste a déroulé quelques scénarios, la sortie de l'Allemagne de la zone euro, la petite Union avec un euro réunissant la France et l'Allemagne et quelques pays, et le chacun pour soi, la dernière solution lui paraissant la moins périlleuse et la plus probable. Au passage Sapir a annoncé aussi la fin de l'OMC : lors de sa dernière réunion, l'APEC n'a même pas évoqué cette institution pourtant toujours présentée comme une clef de la mondialisation et des échanges.

 

Face à ces sombres perspectives, Olivier Ferrand, du think tank socialiste Terra Nova, dont on attend avec impatience ne prochain opus (Qu'est-ce qu'être de gauche ?) s'est efforcé de s'opposer à une politique de protectionnisme européen tout en recommandant … un protectionnisme réglementaire par exemple vis à vis des panneaux voltaïques chinois dont le bilan carbone est négatif.

Il a proposé une politique « d'attractionnisme » en prenant l'exemple de l'Angleterre des années 1990 qui a imposé aux groupes automobiles japonais désireux de vendre dans le pays d'y fabriquer une partie de leur production. Il a stigmatisé le système français responsable selon lui, bien plus que l'euro, de la désindustrialisation, lui opposant les politiques vertueuses des pays de l'Europe du Nord, qui, eux, ont investi dans la recherche et l'innovation.

 

Arnaud Montebourg n'a pas hésité à attaquer frontalement Olivier Ferrand avec lequel il avait pourtant élaboré le projet de primaire socialiste. « Alain Minc est plus à gauche qu'Olivier Ferrand », a-t-il lancé en racontant comment, au cours d'un débat récent, le Président d'AMC Conseil avait reconnu que nous avons été naïf sur l'entrée de la Chine dans l'OMC, tout en se prononçant pour des manipulations monétaires et le contrôle des investissements étrangers.

Auparavant, le député de Saône et Loire a développé l'idée que la mondialisation n'est pas un fait mais une oeuvre, dans laquelle les Français, et notamment Pascal Lamy ont joué un rôle : « Comment reconstruire nos économies ? D'abord par une stratégie d'augmentation de la valeur travail, c'est-à-dire une meilleure répartition des richesses. La question est bien : comment augmenter les salaires. Le protectionnisme est fait pour ça. Il faut contraindre les multinationales à relocaliser vers les pays de bonne (et non de basse) pression salariale ».

Il a pris l'exemple du Brésil, où après la décision du pays de taxer les importations d'ordinateurs, Apple a décidé de relocaliser sa production dans le pays.«  Le juste échange c'est le monde des bisounours, c'est Nicolas et Paimprenelle » s'est-il marré. Avant de conclure : il y a un problème de charpentier dans la construction de l'euro, qui a été conçu sans tenir compte des divergences de politique économique.

Avant de se faire prophète du malheur : « Budget, monnaie, frontières, on ne peut toucher à rien. A un moment donné cela débouchera sur des gouvernements populistes nationalistes. Je ne fais pas partie de ceux qui connaissent le résultat de la prochaine élection présidentielle, a-t-il tonné, donnant l'impression de craindre que les soubresauts de la crise ne viennent fracasser la compétition présidentielle et provoque une embellie nationale-populiste en France.

 

«Votez Jean-Pierre Montebourg»

 

« Nous avons quand même le sentiment que nous sommes dans une terrible impasse. »  Revenant aux origines de l'Europe il a rappelé la lutte entre l'Europe des marchés de Jean Monnet et l'Europe des nations du général de Gaulle, laissant entendre que le premier avait finalement emporté la partie, nous conduisant à une monnaie unique qui a spéculé à la fois sur la disparition des nations et les convergences des politiques économiques. C'est le contraire qui s'est passé. Amateur de chiffres pour frapper les esprits, le sénateur a rappelé : « Le budget européen c'est 1% du PIB. Le prélèvement national pour l'impôt et la protection sociale atteind 40% La solidarité européenne ne représente donc que 2,5% de la solidarité nationale. »

Pourquoi cette erreur de l'euro ?«  L'euro est une monnaie politique. L'idée était d'obliger au grand saut fédéral. Mais c'est très difficile de sauter à une hauteur de 100 quand on est à 2,5. L'Allemagne tient le tiroir-caisse. Les Allemands ne veulent pas payer pour les autres.  »

« Je ne crois pas à l'eurobond », a-t-il ajouté en se distinguant ainsi de Montebourg : « la mauvaise monnaie chasse la bonne. Le total de la dette européenne c'est 10 000 milliards, 85% du PIB de l'Europe. Le fonds européen de stabilité financière est très en dessous de ce qu'il faudrait si l'Espagne venait à être attaquée ». Jean-Pierre Chevènement a ensuite raconté une anecdote : après avoir écrit au président de la république pour lui suggérer de développer les achats d'obligations des pays endettés par la BCE, il a eu la surprise de recevoir un coup de fil du Président. Lequel lui a dit : « c'est ce que nous allons faire mais je ne peux pas le dire car ça va gêner Madame Merkel ». Jean-Pierre Chevènement s'en est pris à la règle d'or - « en réalité une règle d'airain et elle nous mène au gouffre ». Il s'est emporté contre ce « fédéralisme coercitif  » qui est en train d'amener la Grèce à une récession de 5% « ce qui ne la conduit nulle part. »

Chevènement a rebondi sur la proposition de Jean-Michel Quatrepoint de mettre sur la table les divergences entre la France et l'Allemagne : « Est ce que nous voulons sortir de l'histoire comme l'Allemagne veut le faire ? Financer la retraite de ceux qui ne travaillent plus n'est pas un projet qui tient la route. »

Reprenant la parole, Arnaud Montebourg a ajouté que«  la crise a quand même quelques avantages : mettre au rancart une série de préjugés qui sont enseignés depuis trente en ans en économie, dans le droite et en politique. Est ce que nous allons continuer à bricoler, rustiner pour perpétuer un lordre ancien ? ».  Il a brocardé des candidats qui s'y accrochent : « il y a une gauche d'avant la crise ! » Avant de conclure : le 9 octobre au premier tour et le 16 octobre, votez Jean-Pierre Montebourg. Jean-Pierre Chevènement a répondu par une boutade :  ce serait un cas d'annulation, car « Jean-Pierre Montebourg n'existe pas. »

Mais la salle, assez nombreuse pour un 30 août, avait compris la communion entre deux hommes, qui entendent désormais inscrire leur bataille politique dans le combat pour une sortie du système néolibéral.

 

(1) Bourrin, à paraître le 8 septembre.

(2) Le Seuil.

Après un court hommage à « Arnaud », qui « trace les chemins de l'avenir », comme s'il souhaitait en faire un héritier de son oeuvre politique, Jean-Pierre Chevènement a, lui aussi tutoyé la gravité de la situation :

le 31 August 2011, 13:06

Jean-Marie Albouy-Guidicelli

Continuons à préserver les emplois à domicile !

CESU1-1 La campagne des élections présidentielle a bien commencé quand on voit l'agitation médiatique sur tous les sujets depuis quelques jours...

On ne sait tellement plus où en donner de la tête tant les sujets s'enchaînent, les déclarations politiques des uns et des autres, les réactions des des réactions...

Le fameux rapport de l'inspection des impôts est un monument du genre lorsqu'en lisant les magazines politiques on s'aperçoit que de nombreux hauts fonctionnaires travaillent "dans l'ombre" pour tel ou tel candidat, "pondant" des notes et participant à des cabinets pour "l'après"...

Naïvement, je pensais que les fonctionnaires et notamment les "hauts" travaillaient exclusivement pour l'intérêt général et pour l'Etat...

Certes chacun a le droit d'avoir ses opinions, de militer dans le parti ou le syndicat qu'il veut mais où se place donc le devoir de réserve et la neutralité de l'Etat si le haut du haut de l'administration passe son temps à essayer de défaire demain ce qu'ils font aujourd'hui...

En faisant cela, ils ne servent pas l'Etat mais cherchent avant tout à servir leur propre intérêt de carrière au cas où ...

Ainsi nous allons jusqu'aux élections voire sortir du chapeau un tas de rapport plus ou moins opportuniste. Pour ceux qui ont un peu de mémoire, il faut se rappeler de ces rapports qui avaient fini le gouvernement Juppé et inciter le Président de la République à organiser de nouvelles élections... Rapports alarmistes qui se sont avérés faux mais le mal était fait.

Le dernier concernant les "niches fiscales" en est une démonstration.

Il est sain de se pencher régulièrement sur les dispositions législatives et fiscales adoptées afin de vérifier de leur efficacité.

De gauche comme de droite, les différents gouvernements ont cherché à créer des emplois et à lutter contre le travail au noir.

La mise en place du Chèque Emploi Service Universel par Jean-Louis Borloo sous Jacques Chirac a permis d'officialiser de nombreux emplois, offrir une couverture sociale aux travailleurs tout en faisant entrer de l'argent dans les caisses de l'Urssaf.

Ce fut aussi l'occasion à de nombreux chômeurs de quitter le drame du chômage et de retrouver un emploi qui plus est, non-délocalisable.

Des dizaines de milliers de travailleurs ont ainsi été régularisés, d'autres ont trouvé un emploi, les allocations chômage cessaient d'êtres versées alors que les cotisations entraient dans les caisses...

En parralèle des familles pouvaient enfin embaucher une nourice, une femme de ménage, offrir une auxiliaire de vie à leurs seniors, se faciliter la vie en s'offrant les services d'un jardinier ou d'un instructeur informatique...

Sous prétexte de faire des économies, quelques hauts-fonctionnaires ont considéré qu'il fallait que cela cesse au plus vite en supprimant l'avantage fiscal qui consiste à déduire de ses impôts la moitié des sommes versées aux salariés et à l'ursaff...

Il va malheureusement de soi que bon nombre de famille et de particuliers ne pourraient plus faire face au cumul salaire + cotisations sociales et que nous reviendrons à la situation initiale avec des emplois non déclarés, des personnes cumulant ses emplois avec leurs toutes nouvelles allocations chômage...

Ce ne serait pas les "riches" qui payeraient "cash" une telle décision mais bien les dizaines de salariés qui seraient immédiatement licenciés non pas par réaction politique mais tout simplement parce que ces foyers plus modestes que riches ne pourraient faire face à la dépense.

Heureusement des parlemantaires UMP et radicaux et la Ministre du Budget Valérie Pécresse se sont immédiatement opposés à cette erreur funeste de la haute administration "impartiale"...

par jmag, le 31 August 2011, 12:50

Jean Pierre Raffarin

Un juge contre l’Etat de droit

Dans quelle Republique vivons-nous ?
La mise en cause du président de la République par le juge Prévost-Desprez est inacceptable pour un Républicain :

  • Si un juge a des accusations à formuler, la Justice lui offre toutes ses voies d’actions. Un juge n’accuse pas dans un livre, écrit par d’autres, sur un dossier pas encore jugé.
  • D’autre part, le juge est assisté d’un greffier pour que les déclarations faites dans son bureau soient authentiques. Notre droit veut ainsi se protéger des déclarations clandestines. La campagne ainsi engagée contre le président s’appuie sur des déclarations non fondées.

Au final, Mme Prévost-Desprez pratique le droit de manière oblique et prend des libertés avec l’Etat de droit.

jpr

par admin, le 31 August 2011, 12:49

Bernard Gauducheau

Le "Pass Loisirs" de la Ville de Vanves

Le 9 juin 2011, le CCAS de la Ville de Vanves a voté lors de son Conseil d'Administration la création d'un "Pass Loisirs" à destination des personnes handicapées.

Ce "Pass Loisirs" prend effet à partir du 1er septembre 2011.

Il permet un accès au cinéma de la ville de Vanves pour 3€ la place. Il se présente sous forme de carte et est délivré pour 1 an.

Le détenteur de la carte peut venir accompagné d'une personne de son choix. Cette dernière bénéficiera du même tarif.

Le "Pass Loisirs" est accordé sous certaines conditions: résider à Vanves, présenter un taux d'invalidité supérieur ou égal à 80%, être bénéficiaire de l'allocation adulte handicapé (AAH) ou de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé ou d'une pension d'invalidité CRAMIF n'excédant pas le montant de l'AAH.

Le formulaire de demande est à retirer à l'accueil du CCAS situé au Centre Administratif (33, rue Antoine Fratacci à Vanves).

par vanves, le 31 August 2011, 12:00

Rachid Adda

Entretien Aphatie / Chevènement sur RTL, mercredi 31 août 2011.

On veut nous imposer une "règle d'airain" qui nous conduit tout droit vers le gouffre qu'on prétend éviter  (Jean-Pierre Chevènement )
  

  

 

Jean Michel Aphatie : Bonjour, Jean-Pierre Chevènement.

Jean-Pierre Chevènement : Bonjour, Jean Michel Apathie

 

Votre lointain successeur Luc Chatel annonce, ce matin dans "Le Parisien", qu'il a décidé de réintroduire la morale dans l'école primaire ; et le maître, dit il, va consacrer le plus régulièrement possible, quelques minutes à un petit débat philosophique, à un échange sur le vrai, le faux, le respect des règles, le courage, la franchise, le droit à l'intimité. Sans doute, la liste n'est elle pas close. Soutenez-vous, l'initiative de Luc Chatel, Jean-Pierre Chevènement ?

S'il s'agit d'une morale républicaine, oui. C'est-à-dire qu'il faut déduire la morale du civisme. Il est évident qu'il ne faut pas aller vers le conditionnement des esprits. Ce n'est pas le rôle de l'Education nationale.

 

Mais en gros, vous soutenez Luc Chatel, c'est une bonne idée ?

Je pense, étant donné l'évolution de la société, du rôle des familles qui, malheureusement, s'effacent, il est bon que l'école, qui est quand même la grande institution dans laquelle se retrouve tous les Français, la dernière, joue également ce rôle.

 

Donc un bon point pour Luc Chatel. Je signale au passage à nos auditeurs, que vous venez d'avoir un dialogue avec Luc Chatel que les éditions Plon ont publié sous la direction de Nicolas Beytout.

Je le suggère à Luc Chatel dans ce livre...

 

... Le retour de la morale ?

Oui.

 

Donc, c'est vous alors ?

Non, non, je ne le prétends pas. Il ne m'écoute pas en tout, malheureusement.

 

Mais là, il vous a sans doute un peu écouté. Un autre débat dans cette rentrée, des manuels des classes de Première en Sciences et vie de la terre, expose aux lycéens, la théorie du "genre sexuel", selon laquelle, je cite, un de ces manuels et je résume sans doute la pensée : "Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle mais ce n'est pas pour autant que nous pouvons pour autant nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Ceci relevant surtout de la construction culturelle ou de la construction sociale". Et alors des députés de droite, disent "c'est scandaleux, c'est de l'idéologie, ce ne sont pas des faits scientifiques. Il faut retirer ceci des manuels, interdire ces manuels". Les soutenez-vous ?

Je n'ai pas lu ce manuel. Il me parait absolument évident que le sexe ne résulte pas seulement d'une construction culturelle. Mais on peut très bien expliquer aussi que il y a des rôles que l'on attribue aux hommes ou aux femmes, et qu'après tout on peut dépasser cela. On l'a vu d'ailleurs dans le domaine du travail.

 

Donc vous retireriez ou pas cet enseignement ?

Je juge sur pièce.

 

Vous êtes un peu prudent !

Non, je juge sur pièce. Ça mérite d'être examiné.

 

Allez, c'est un débat compliqué, je vous l'accorde. Nouvelle économique d'hier soir : le déficit budgétaire prévu en 2011, sera plus important, à cause notamment d'une mauvaise rentrée sur les sociétés. Ce qui traduit un ralentissement de l'activité en France. Bercy prévoit qu'au lieu de 91 milliards de déficit, en 2011, il y en aura 95. Ce qui est évidemment pas une bonne nouvelle. Ça laisse un autre choix qu'une politique de rigueur, Jean-Pierre Chevènement, quand les déficits ne sont plus maîtrisables, qu'ils sont à ce niveau : 95 milliards d'euros de déficit cette année ?

Mais je vous fais observer que cet accroissement du déficit résulte d'une moindre croissance. C'est à dire qu'il y a moins de rentrée fiscale et la question qui se pose est la suivante : est ce que c'est en réduisant encore les dépenses, dans les domaines d'ailleurs, publics ou privés qu'on va retrouver un trend de croissance, une tendance générale à la croissance positive. Moi, je pense qu'on ne peut réduire la dette que si...

 

... On augmente le déficit, c'est ça ?...

Non !... Que s'il y a une croissance, et je pense qu'aujourd'hui en Europe, on est en train de se laisser enfermer dans un cercle vicieux : rigueur, récession, moins values fiscales, déficit, endettement...

 

A ce cercle vicieux, vous opposez un autre cercle vicieux. C'est-à-dire que pour faire de la croissance, il faut faire de la dépense publique, et si on fait de la dépense publique, on fait du déficit...

Non, non, je pense qu'on peut faire autrement. Par exemple, j'ai écrit au Président de la République, au début du mois d'août, pour lui dire qu'il fallait que la Banque centrale européenne rachète des titres de la dette publique espagnols et italiens.

 

Ce qui ne règle pas le problème...

La crise de l'euro est là, elle nous pend au bout du nez. C'est dramatique, et c'est au nom de la crise de l'euro qu'on veut nous imposer une soit disant "règle d'or" que j'appelle moi, "règle d'airain", et qui nous conduit tout droit vers le gouffre qu'on prétend éviter. Je pense que la monétisation d'une partie de la dette que réalisent les Etats-Unis, le Federal Reserve Board américain, la Banque Centrale américaine a pris en pension 1500 milliards de dollars de bons du trésor. De ce côté-ci de l'Atlantique, on a acheté 60 milliards d'euros l'an dernier, 50 au mois d'août. Sa fait 110. C'est très peu. C'est moins d'un dixième.

 

Donc, je pense que il faut se donner une souplesse, une mobilité et une légère inflation contribuerait aussi à rendre plus facile, en même temps que la croissance, le problème de la résorption de la dette. Bien évidemment, il faudra résorber la dette.

 

On n'y échappera pas !

Mais vous savez, les Américains avaient une dette en 1950 de 350% de leur PIB. Ils l'ont résorbée. Comment ? Par la croissance.

 

Et bien très bien, faisons comme les américains dans les années 50. Compte tenu de ce contexte économique, c'est sérieux quand la gauche dit : "Tiens, si on gagne l'élection présidentielle, on reviendra à la retraite à 60 ans". C'est sérieux de dire ça, Jean-Pierre Chevènement ?

Moi, je ne raisonne pas comme ça. Je pense que la retraite doit dépendre du nombre des annuités de cotisations.

 

Donc ne vous ne croyez pas à la retraite à 60 ans, au retour à la retraite à 60 ans, vous n'y croyez pas ?

Je pense que c'est une bonne réforme pour les ouvriers, pour les gens qui travaillaient de leurs mains, qui avaient des métiers pénibles.

 

Vous croyez au retour à la retraite à 60 ans ?

Je pense que le problème ne doit pas être posé uniquement à travers l'âge. C'est la durée de cotisations qui compte.

 

On précisera tout ça... Martine Aubry a dit hier soir, à propos de Dominique Strauss Kahn : "Je pense la même chose que beaucoup de femmes sur l'attitude de DSK vis-à-vis des femmes". Peut-être des hommes pensent-ils comme les femmes ? Et vous, vous en pensez quoi, personnellement de DSK .

Écoutez, je n'ai pas l'expérience de Martine Aubry pour parler de ces choses là. Je pense, je me suis exprimé clairement. J'ai défendu la présomption d'innocence. Maintenant, il faut que Dominique Strauss-Kahn s'explique un jour, et qu'il le fasse publiquement.

 

Pour dire quoi ?

Pour dire ce qui s'est passé.

 

Il doit le faire ?

Je pense qu'il faudra qu'il le fasse. Mais moi, je ne veux pas lui mettre le couteau sous la gorge. Je pense qu'il a le droit de souffler, de se reconstruire un peu. Enfin, il prendra la parole quand il le jugera utile.

 

François Hollande est le favori des primaires au sein du parti socialiste. Il ferait un bon Président de la République, François Hollande, Jean-Pierre Chevènement ?

Favori, en fonction des sondages publiés.

 

De l'air du temps ?

On ne sait pas très bien qui votera dans ces primaires. C'est très aléatoire.

 

Vous vous échappez de ma question.

Non, pas du tout. J'ai de la sympathie pour François Hollande. C'est un homme très fin, astucieux. Et je pense qu'il serait un bon président en période normale. Simplement, la période n'est pas normale. Nous allons vers des secousses énormes.

  

Alors qui ferait un bon président, en période anormale d'après vous ?

Écoutez, il faut vraiment une vision d'homme d'Etat. Il faut savoir que les atouts de la France ne sont pas immenses.

 

Vous pensez à quelqu'un ?

Ils existent, il faut les jouer avec beaucoup de méthode, beaucoup de sang froid. Je pense que nos rapports avec l'Allemagne, sont tout à fait décisifs. Il faut obtenir de l'Allemagne qu'elle assouplisse sa position sur les questions monétaires. Notamment sur l'architecture de la monnaie unique, le rôle de la banque centrale est essentiel.

 

Vous pensez à quelqu'un pour un Président en situation anormale ? Vous avez un profil en tête ?

Ça se fabrique, ce sont des qualités qui s'acquièrent..

 

Et puis on a huit mois pour le fabriquer, Jean-Pierre Chevènement.

Je pense que la campagne est longue. J'aurais l'occasion de m'exprimer d'ici la fin de l'automne, vous en saurez plus à ce moment-là.

le 31 August 2011, 10:54

Jean Desessard

CITOYENNETE, LIBERTE, PSYCHIATRIE : DECLARATION D’ENTREE EN RESISTANCE

Jean Desessard a signé cette pétition. Vous pouvez en faire autant sur le site de « Mais c’est un Homme ».   La loi du 5 juillet 2011 relative « aux droits et à la protection des personnes faisant l’objet de soins psychiatriques et à leurs modalités de prise en charge » et ses décrets d’application entrent [...]

par Equipe parlementaire, le 31 August 2011, 10:18

Gérard Charasse

Courrier au Président de la SNCF

1197_001.pdf Filed under: Document

par vichyensemble, le 31 August 2011, 10:15

Marc Migraine

Avis de gros temps pour les armateurs


La semaine dernière, le journal Le Monde, L'Antenne et Le Lloyd se sont penchés sur les difficultés rencontrées dans le secteur du transport maritime.
En effet, l'année 2010 a été inespérée pour les armateurs, leur permettant de se rétablir d'une année 2009 catastrophique (première baisse de la demande dans l'histoire du trafic maritime mondial moderne).
Tout se présentait donc sous les meilleurs auspices, mais au printemps, les difficultés ont commencé à s'accumuler : ralentissement économique, surcapacité et guerre des tarifs. La croissance du trafic maritime ne devrait être "que" de 6 à 8% en 2011 (au lieu des 10% escomptés) et les résultats des armateurs sont en chute libre (les bénéfices de Maersk ont diminué de 68% au 1er semestre 2011 et ceux d'Hapag Lloyd sont passés dans le rouge).

Plusieurs raisons expliquent la déterioration des comptes des armateurs :

  • Baisse de la demande liée au ralentissement économique - chute du prix du transport maritime : l'indice Baltic (minéraux, céréales, pétrole) et l'indice Shangaï (conteneurs) sont en forte baisse.

  • Surcapacité de transport : la flotte des pétroliers pourrait transporter 40 millions de barils par jour, au lieu des 13 millions qui sont effectivement acheminés. Du côté des porte-conteneurs :la capacité de transport a augmenté de 10% l'année dernière et il est prévu 1,4 million d'EVP en plus en 2012 et 1,7 million en 2013. Comptant sur une reprise durable, de nombreuses commandes ont été passées en 2010, essentiellement sur le segment des ULCS (Ultra Large Container Ships) ; soit une croissance annuelle de 23% pour ce segment d'ici 2014.

  • Volonté de gagner des parts de marché : les armateurs se livrent une concurrence acharnée, quitte à maintenir des lignes déficitaires et à faire naviguer des bateaux à moitié vide. Voir ci-dessous l'illustration d'un PC à moitié vide à quai dans le port du Havre.

  • Hausse des coûts : augmentation de 39% du baril de pétrole en un an (certes discrétement réduite depuis qq semaines) et augmentation du coût de l'huile de soute.

  • Moins de solutions de repli qu'en 2009 où beaucoup de vieux bateaux ont été détruits et où la navigation à vitesse réduite (slow steaming) ont permis de limiter les effets de la surcapacité de navires.

Selon Alphaliner cité dans le journal L'Antenne, la crise dans le transport maritime devrait être plus profonde qu'en 2009 et durer au moins 2 années.

Ce ne serait pas la 1er fois que les experts se trompent et le Port du Havre est parfaitement opérationnel comme l'ont montré le bon mois de Juillet, l'augmentation des escales des bateaux de croisière, l'augmentation du trafic des spiritueux et du trafic roulier.

Illustration : 2 photos


Un Porte-Conteneurs peu rempli en aout 2011 à quai sur Port 2000 :


Un Porte-Conteneurs bien plein en avril 06 entrant dans le Port du Havre

 

 

 

par Marc Migraine, le 31 August 2011, 10:04

Jean-Pierre Chevènement

On veut nous imposer une "règle d'airain" qui nous conduit tout droit vers le gouffre qu'on prétend éviter

Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Jean-Michel Aphatie sur RTL, mercredi 31 août 2011.

Jean Michel Aphatie : Bonjour, Jean-Pierre Chevènement.
Jean-Pierre Chevènement
: Bonjour, Jean Michel Apathie

Votre lointain successeur Luc Chatel annonce, ce matin dans "Le Parisien", qu'il a décidé de réintroduire la morale dans l'école primaire ; et le maître, dit il, va consacrer le plus régulièrement possible, quelques minutes à un petit débat philosophique, à un échange sur le vrai, le faux, le respect des règles, le courage, la franchise, le droit à l'intimité. Sans doute, la liste n'est elle pas close. Soutenez-vous, l'initiative de Luc Chatel, Jean-Pierre Chevènement ?
S'il s'agit d'une morale républicaine, oui. C'est-à-dire qu'il faut déduire la morale du civisme. Il est évident qu'il ne faut pas aller vers le conditionnement des esprits. Ce n'est pas le rôle de l'Education nationale.

Mais en gros, vous soutenez Luc Chatel, c'est une bonne idée ?
Je pense, étant donné l'évolution de la société, du rôle des familles qui, malheureusement, s'effacent, il est bon que l'école, qui est quand même la grande institution dans laquelle se retrouve tous les Français, la dernière, joue également ce rôle.

Donc un bon point pour Luc Chatel. Je signale au passage à nos auditeurs, que vous venez d'avoir un dialogue avec Luc Chatel que les éditions Plon ont publié sous la direction de Nicolas Beytout.
Je le suggère à Luc Chatel dans ce livre...

... Le retour de la morale ?
Oui.

Donc, c'est vous alors ?
Non, non, je ne le prétends pas. Il ne m'écoute pas en tout, malheureusement.

Mais là, il vous a sans doute un peu écouté. Un autre débat dans cette rentrée, des manuels des classes de Première en Sciences et vie de la terre, expose aux lycéens, la théorie du "genre sexuel", selon laquelle, je cite, un de ces manuels et je résume sans doute la pensée : "Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle mais ce n'est pas pour autant que nous pouvons pour autant nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Ceci relevant surtout de la construction culturelle ou de la construction sociale". Et alors des députés de droite, disent "c'est scandaleux, c'est de l'idéologie, ce ne sont pas des faits scientifiques. Il faut retirer ceci des manuels, interdire ces manuels". Les soutenez-vous ?
Je n'ai pas lu ce manuel. Il me parait absolument évident que le sexe ne résulte pas seulement d'une construction culturelle. Mais on peut très bien expliquer aussi que il y a des rôles que l'on attribue aux hommes ou aux femmes, et qu'après tout on peut dépasser cela. On l'a vu d'ailleurs dans le domaine du travail.

Donc vous retireriez ou pas cet enseignement ?
Je juge sur pièce.

Vous êtes un peu prudent !
Non, je juge sur pièce. Ça mérite d'être examiné.

Allez, c'est un débat compliqué, je vous l'accorde. Nouvelle économique d'hier soir : le déficit budgétaire prévu en 2011, sera plus important, à cause notamment d'une mauvaise rentrée sur les sociétés. Ce qui traduit un ralentissement de l'activité en France. Bercy prévoit qu'au lieu de 91 milliards de déficit, en 2011, il y en aura 95. Ce qui est évidemment pas une bonne nouvelle. Ça laisse un autre choix qu'une politique de rigueur, Jean-Pierre Chevènement, quand les déficits ne sont plus maîtrisables, qu'ils sont à ce niveau : 95 milliards d'euros de déficit cette année ?
Mais je vous fais observer que cet accroissement du déficit résulte d'une moindre croissance. C'est à dire qu'il y a moins de rentrée fiscale et la question qui se pose est la suivante : est ce que c'est en réduisant encore les dépenses, dans les domaines d'ailleurs, publics ou privés qu'on va retrouver un trend de croissance, une tendance générale à la croissance positive. Moi, je pense qu'on ne peut réduire la dette que si...

... On augmente le déficit, c'est ça ?...
Non !... Que s'il y a une croissance, et je pense qu'aujourd'hui en Europe, on est en train de se laisser enfermer dans un cercle vicieux : rigueur, récession, moins values fiscales, déficit, endettement...

A ce cercle vicieux, vous opposez un autre cercle vicieux. C'est-à-dire que pour faire de la croissance, il faut faire de la dépense publique, et si on fait de la dépense publique, on fait du déficit...
Non, non, je pense qu'on peut faire autrement. Par exemple, j'ai écrit au Président de la République, au début du mois d'août, pour lui dire qu'il fallait que la Banque centrale européenne rachète des titres de la dette publique espagnols et italiens.

Ce qui ne règle pas le problème...
La crise de l'euro est là, elle nous pend au bout du nez. C'est dramatique, et c'est au nom de la crise de l'euro qu'on veut nous imposer une soit disant "règle d'or" que j'appelle moi, "règle d'airain", et qui nous conduit tout droit vers le gouffre qu'on prétend éviter. Je pense que la monétisation d'une partie de la dette que réalisent les Etats-Unis, le Federal Reserve Board américain, la Banque Centrale américaine a pris en pension 1500 milliards de dollars de bons du trésor. De ce côté-ci de l'Atlantique, on a acheté 60 milliards d'euros l'an dernier, 50 au mois d'août. Sa fait 110. C'est très peu. C'est moins d'un dixième.

Donc, je pense que il faut se donner une souplesse, une mobilité et une légère inflation contribuerait aussi à rendre plus facile, en même temps que la croissance, le problème de la résorption de la dette. Bien évidemment, il faudra résorber la dette.

On n'y échappera pas !
Mais vous savez, les Américains avaient une dette en 1950 de 350% de leur PIB. Ils l'ont résorbée. Comment ? Par la croissance.

Et bien très bien, faisons comme les américains dans les années 50. Compte tenu de ce contexte économique, c'est sérieux quand la gauche dit : "Tiens, si on gagne l'élection présidentielle, on reviendra à la retraite à 60 ans". C'est sérieux de dire ça, Jean-Pierre Chevènement ?
Moi, je ne raisonne pas comme ça. Je pense que la retraite doit dépendre du nombre des annuités de cotisations.

Donc ne vous ne croyez pas à la retraite à 60 ans, au retour à la retraite à 60 ans, vous n'y croyez pas ?
Je pense que c'est une bonne réforme pour les ouvriers, pour les gens qui travaillaient de leurs mains, qui avaient des métiers pénibles.

Vous croyez au retour à la retraite à 60 ans ?
Je pense que le problème ne doit pas être posé uniquement à travers l'âge. C'est la durée de cotisations qui compte.

On précisera tout ça... Martine Aubry a dit hier soir, à propos de Dominique Strauss Kahn : "Je pense la même chose que beaucoup de femmes sur l'attitude de DSK vis-à-vis des femmes". Peut-être des hommes pensent-ils comme les femmes ? Et vous, vous en pensez quoi, personnellement de DSK .
Écoutez, je n'ai pas l'expérience de Martine Aubry pour parler de ces choses là. Je pense, je me suis exprimé clairement. J'ai défendu la présomption d'innocence. Maintenant, il faut que Dominique Strauss-Kahn s'explique un jour, et qu'il le fasse publiquement.

Pour dire quoi ?
Pour dire ce qui s'est passé.

Il doit le faire ?
Je pense qu'il faudra qu'il le fasse. Mais moi, je ne veux pas lui mettre le couteau sous la gorge. Je pense qu'il a le droit de souffler, de se reconstruire un peu. Enfin, il prendra la parole quand il le jugera utile.

François Hollande est le favori des primaires au sein du parti socialiste. Il ferait un bon Président de la République, François Hollande, Jean-Pierre Chevènement ?
Favori, en fonction des sondages publiés.

De l'air du temps ?
On ne sait pas très bien qui votera dans ces primaires. C'est très aléatoire.

Vous vous échappez de ma question.
Non, pas du tout. J'ai de la sympathie pour François Hollande. C'est un homme très fin, astucieux. Et je pense qu'il serait un bon président en période normale. Simplement, la période n'est pas normale. Nous allons vers des secousses énormes.

Alors qui ferait un bon président, en période anormale d'après vous ?
Écoutez, il faut vraiment une vision d'homme d'Etat. Il faut savoir que les atouts de la France ne sont pas immenses.

Vous pensez à quelqu'un ?
Ils existent, il faut les jouer avec beaucoup de méthode, beaucoup de sang froid. Je pense que nos rapports avec l'Allemagne, sont tout à fait décisifs. Il faut obtenir de l'Allemagne qu'elle assouplisse sa position sur les questions monétaires. Notamment sur l'architecture de la monnaie unique, le rôle de la banque centrale est essentiel.

Vous pensez à quelqu'un pour un Président en situation anormale ? Vous avez un profil en tête ?
Ça se fabrique, ce sont des qualités qui s'acquièrent..

Et puis on a huit mois pour le fabriquer, Jean-Pierre Chevènement.
Je pense que la campagne est longue. J'aurais l'occasion de m'exprimer d'ici la fin de l'automne, vous en saurez plus à ce moment-là.

Source : RTL.fr

par Chevenement.fr, le 31 August 2011, 09:51

Jean-Luc Mélenchon

Après le Remue Méninges - Rentrée scolaire, Aubry et Hollande, offre publique de débat

1er septembre 2011 : Communiqué sur la Grèce
« Pas de ça en France ! »

Dogmatisme et cupidité tuent la Grèce et l’Europe.
Pas de ça en France !

La dette grecque est donc désormais hors de contrôle ! Voila le bilan des « bons docteurs du FMI » et des petits génies du libéralisme européen. L’aveuglement dogmatique des gouvernements libéraux et la cupidité des banquiers spéculateurs mènent l’Union européenne au chaos et le monde à la catastrophe financière.

Lire la suite…

M es amis, ce mois d’août aura été pour moi un vrai marathon d’activité depuis mon retour le 17 de ce mois. Cette semaine j’avais rendez vous avec beaucoup d’entre vous pour l’émission « C/politique » sur la 5, que mène Géraldine Muhlmann. Malheureusement, cette rencontre a été annulée ce mardi, quatre jours avant. La rédaction de l'émission n’avait pas noté que je serai chez Ardisson, le samedi soir, comme nous l’en avions pourtant bien prévenue au moment de son invitation. Cela n’a rien de personnel m’a-t-on dit, et je le crois. La règle serait impersonnelle et invariable : pas de doublon. J’en suis désolé. Le format de l’émission et la forme que lui donne madame Muhlmann me proposait une belle occasion de m’exprimer sur le fond face à un public connaisseur. Je m’en console en sachant qu’une nouvelle date va m’être proposée en septembre. J'en suis désolé aussi pour les autres invitations médiatiques que j'avais refusées du fait de cet engagement avec C/Politique. Reste que vous pourrez au moins en déduire que l’émission de Thierry Ardisson est bien aussi une émission politique de bon niveau puisque les journalistes politiques la regardent comme concurrente. Je vous retrouve donc, si vous y êtes intéressés, samedi soir sur « Salut les terriens ».

Dans cette note je parle de la dernière rentrée scolaire du gouvernement Fillon, et des prises de positions de certains responsables socialistes à ce sujet. Puis je reviens sur mon discours de clôture du Remue Méninges de Grenoble à propos du thème de « l’offre publique de débat » et son contenu. Enfin je traite de l’ambiance autour du Remue Méninges.

La rentrée des classes sera piteuse. 16 000 postes supplémentaires sont en effet retirés du système éducatif en cette rentrée. Cela porte la perte d’effectifs à 80 000 postes depuis l'élection de Sarkozy en 2007. Et ce n'est pas fini puisque 14 000 nouvelles suppressions sont programmées pour 2012. La liste des méfaits que cela entraîne est interminable. Et leurs conséquences à long terme pour la société et l'économie sont inestimables. Chaque euro économisé aujourd’hui coute des centaines et des milliers d’euros perdus sur le long terme. La politique scolaire de Nicolas Sarkozy frappe tout le parcours d’accueil scolaire des jeunes. A l'école, la scolarisation des plus petits recule. A deux ans elle était de 35 % en 2002, quand a pris fin le gouvernement Jospin. Elle est aujourd'hui de 15 %. Le prix de ce recul sera lourd à payer, pendant longtemps. Car la scolarisation au très jeune âge est un facteur d’éveil fondamental. Pour les enfants de toutes les catégories sociales. Je le précise car j’entends si souvent de sottises sur la vie délicieuse que serait celle des jeunes des milieux favorisés enfermés dans les névroses familiales que cela me semble nécessaire de souligner que le savoir et la scolarisation collective sont des bienfaits universels. Quand bien même pourrions-nous disposer d’un professeur par élève que nous n’organiserions pas l’éducation nationale de cette façon. L’école de tous et pour tous est un bienfait pour tous.  

En primaire les coupes claires frappent fort. Les intervenants de langue étrangère et d'enseignement artistique sont en voie d'extinction. Les Réseaux d'aide aux élèves en difficulté aussi avec la suppression totale des postes d'enseignants qui leur étaient affectés. Au collège et au lycée, les classes se surchargent et les dédoublements de cours se font rares. Et on ne compte plus les options qui disparaissent. Je m’inquiète particulièrement de ce qu’on appelle les orientations par défaut. C'est-à-dire l’affectation d’élèves dans des cursus qu’ils ne choisissent pas, tout simplement parce que le choix ne leur est pas offert. Ces affectations par défaut se multiplient, notamment vers l’apprentissage, à mesure que la droite ferme des lycées professionnels. 53 d’entre eux ont disparu depuis que Sarkozy a été élu. Le système éducatif public est en train de se décomposer. Il faut savoir que ses personnels vivent leur tache avec le sentiment d’être au bout du rouleau. D'ailleurs même le Figaro écrit pudiquement que « la rentrée tourne au casse-tête pour les proviseurs ». Je crois que le but de la droite libérale n’est pas seulement de faire des économies et de comprimer les dépenses de l’Etat. Il s’agit, bien sûr, d’élargir le marché privé de l’éducation en poussant les gens à y avoir recours. Pour parvenir à ce transfert, rien de tel que la désorganisation du service public. En faisant baisser ses performances, en paralysant son fonctionnement, les libéraux pratiquent cette stratégie du dénigrement que nous connaissons bien dorénavant. 

L'appel à la grève lancé pour le 27 septembre par l'ensemble des syndicats du secteur est donc un acte de salubrité publique. Il nous concerne tous. Au nom du Front de Gauche, à la tribune du meeting de clôture de notre « Remue Méninge », j’ai appelé  chacun à soutenir ce mouvement, à y participer chacun a sa façon et à exprimer comme il le peut sa solidarité. Il nous faut d'autant plus le faire qu'à gauche tous ne le font pas. Je dois avouer que face à un tel désastre, je suis sidéré par les positions sur l'Ecole que j'entends dans les interventions des candidats à la primaire socialiste. 

Nous étions en droit d’attendre autre chose. Dans les conditions actuelles cela s’apparente à un mauvais coup dans le dos. Voyez plutôt. Dans le Parisien du 24 août 2011, Martine explique "aux syndicats d’enseignants" qu'"on ne pourra pas tout faire". Qu’est ce que ce « tout faire » ? Quel syndicat le demande ? Je n’aime pas cette façon de laisser entendre que la défense frontale de l’Ecole serait le fait d’un maximalisme irresponsable. Mon impression défavorable est confirmée par cette autre assertion qui fait mine d’être du bon sens et qui n’en est pourtant guère. "Il faudra mettre plus de profs là où on en a vraiment besoin, accepter qu’il y ait plus d’élèves par classe là où les enfants vont bien, et moins d’élèves là où ils ne vont pas bien." Et elle ajoute cette remarque navrante : "A mon époque, on était quarante et on n’avait pas trop de difficultés." Faut-il d'abord rappeler à Martine Aubry que les difficultés scolaires ou sociales ne sont pas une maladie ni une tare personnelle comme le suggère pourtant sa distinction entre "élèves qui vont bien" et "élèves qui ne vont pas bien ". Peut-être faut-il seulement trouver dans cette expression mal choisie un écho du vocabulaire anglo-saxon des théories du "care" auquel Martine Aubry a dit plusieurs fois qu’elle se référerait. Si j’étais plus sévère j’y trouverai l’idée sous jacente que les maux sociaux sont des "phénomènes biographiques" comme le dit le blairiste Anthony Giddens. Et qu'ils doivent être traités par des "solutions individualisées". Ce qui est exactement la façon de dire les choses que propose régulièrement Martine Aubry. De mon côté je partage le diagnostic des organisations syndicales de l’éducation nationale.

C’est d’ailleurs le point de vue traditionnel de la gauche, me semble-t-il. Nous considérons au contraire que ces difficultés, en général, sont principalement le produit d'un ordre social qui compromet le progrès humain. Dès lors, leur solution ne réside donc que dans des garanties collectives conquises contre ce système. Quant à la remarque finale d'Aubry sur son expérience personnelle des 40 élèves par classe, elle m'oblige à rappeler quelques évidences sur l'évolution du système éducatif depuis 50 ans. Quand Martine Aubry est entrée au collège en 1961, c’était à Notre-Dame des oiseaux, dans le 16ème arrondissement de Paris ! On comprend que pour ceux qui s’y trouvaient « ça allait » ! Je ne lui en fais pas le reproche. Mais non, ça n’allait pas bien pour tout le monde. Dans ce système éducatif, il y avait 45 % des enfants qui arrêtaient après le certificat d’études et n’allaient même pas au collège en 6ème. Autour de moi, au collège d’Yvetot, dès la cinquième, bien des copains partaient en apprentissage. Et quand Martine Aubry est arrivée en classe de terminale, en 1967, et moi à la rentrée 1968, il n’y avait que 15 % d’une classe d’âge qui arrivait au bac ! Il y en a 71 % aujourd’hui. A l’époque, seuls 60 % des candidats obtenaient le bac ! A présent ils sont 86% à y parvenir, toutes filières confondues. Le vieil adage des nostalgiques, « moi de mon temps », n’a jamais mené nulle part, on le vérifie une fois de plus. Donc, toute comparaison avec cette époque est plus qu’hasardeuse.

Suggérer qu'on pourrait se satisfaire de 40 élèves par classe du moment qu’il s’agit de jeunes « qui vont bien » est une immense sottise! Si cela vise les « gosses de riches » ce n’est pas davantage acceptable. Réfléchissons. Leurs parents auront vite fait de les emmener là où ils seraient mieux accueillis, ce qui est bien normal pour des parents. L’école publique n’a pas vocation à être « l’école des pauvres entre eux ». Ensuite je le répète, le caractère public laïque et métissé de l’école est un bienfait pour tous, quelle que soit la condition sociale des parents. Le contraire est réactionnaire. Je note d'ailleurs que quelqu'un avait déjà fait le même raisonnement qu'Aubry il y a quelques mois. Il s'agit du ministre Luc Chatel qui expliquait le 1er juin sur RTL qu'«il faut concentrer davantage de moyens là où il y a davantage de besoins. A Henri IV à Paris, on peut être 32 par classe sans problème; par contre, dans un collège d'une zone difficile, il ne faut pas être plus de 22 ». 

On retrouve la même banalisation de l’idée d’une école à plusieurs vitesses dans les propositions avancées par un autre émetteur socialiste. Il s’agit de la  Fondation Terra Nova. Elle propose dans un récent rapport d'augmenter massivement les droits d'inscription à l'université. Pour la bonne conscience on continuerait d’en exonérer les boursiers. Et elle donne des chiffres : « un triplement des droits d'inscription en licence ». C'est-à-dire passer de 177 euros à plus de 500 euros en licence. Quant aux droits en master, Terra Nova suggère même de les faire grimper à 1.000 euros contre 275 aujourd'hui. Ce système existe déjà. Aux Etats-Unis où les droits d'inscription ont doublé depuis 2001. Ils s'y situent désormais entre 3 000 et 12 000 dollars annuels pour les universités publiques et entre 10 000 et 30 000 dollars pour les universités privées. Cela est le résultat direct de l'autonomie donnée aux établissements et du désengagement financier public. Qui est justement la pente donnée à notre enseignement supérieur par Sarkozy depuis 4 ans avec la loi LRU. Au Front de Gauche nous récusons complètement cette logique. Et nous défendons l'abrogation de la loi LRU sur les universités qui en est l'instrument. 

François Hollande a aussi parlé d'éducation à la Rochelle. Il a expliqué que « ça a été une faute lourde de Nicolas Sarkozy de priver le système éducatif de moyens humains et financiers pendant toute la durée de son mandat.» C’est bien dit et c’est tant mieux. Du pur cynisme.  Car c’est le même homme qui a déjà exprimé exactement le contraire il y a quelques mois  dans l'Express (5 avril 2011) en déclarant  qu'il ne reviendrait pas sur ces suppressions de postes ! En effet quand Hollande indique dans cette interview qu'il faut "sanctuariser le nombre de fonctionnaires dans l'éducation", le journaliste lui demande si "on sanctuarise au niveau de 2007 ou à celui de 2012 ?" Et Hollande répond sans ambigüité : « Non, au niveau 2012 même s'il faudra mettre des moyens supplémentaires sur l'école primaire. » Vous avez bien compris. Cela signifie que si Hollande était élu, les postes supprimés par Sarkozy, y compris ceux de cette rentrée, ne seront pas rétablis, notamment au collège et au lycée. Ceux qui vont se mobiliser en cette rentrée pour sauver des classes et des postes ne doivent donc rien attendre d’une telle gauche qui ne lui propose rien d’autre que d’accepter son sort.  

Comme on m’a reproché de ne pas dire assez ce que nous ferions à la place de ceux qui dirigent aujourd’hui, je donne les propositions du programme du Front de gauche. En fait je crois que cela permettra de stimuler la lutte à la rentrée. Le Front de Gauche s'engage à mettre en œuvre un plan de recrutement pour rétablir, notamment, les postes supprimés. Nous proposons aussi de renforcer le service public en étendant la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans (à la place des bornes de 6 à 16 ans aujourd'hui). Nous voulons ouvrir un droit à la scolarité dès 2 ans. Nous rétablirons également la gratuité complète de l’éducation malmenée par sa marchandisation. Nous n'abandonnerons plus le soutien scolaire aux griffes du privé. Pour nous il doit être pleinement assuré par le service public d’éducation. Et nous augmenterons de 50 % les moyens de l’enseignement professionnel pour accompagner l'élévation du niveau de qualification du grand nombre. Je sais qu'on peut le faire. Car je l'ai déjà fait. Je ne peux manquer de le souligner pour me faire bien comprendre. Avant que la droite ne commence son saccage, j'avais comme ministre de l'enseignement professionnel augmenté de 45 % les recrutements de professeurs de lycée professionnel de 2000 à 2002. 

Les trois jours de Remue méninges à Grenoble ont été magnifiques. Ils ont atteint les objectifs qui leur avaient été fixés. D’abord pour les participants. Ce fut un formidable brassage intellectuel autant qu’humain, tant de gens se découvrant, constatant leur diversité d’approche mais surtout leur proximité de point de vue. Deux mille personnes ont ainsi partagé à un moment ou à un autre nos travaux. Le mélange des générations a aussi été un stimulant dont il ne faut pas sous estimer l’impact sur le moral collectif. Cette forme d’écoute mutuelle et ce rejet du sectarisme qui a fait tant de ravage dans les rangs de notre gauche dans le passé me parait être une conquête essentielle pour notre gauche. Selon moi elle vient de loin. De la campagne de 2005 en fait. C’est là que, chacun étant sorti de chez soi, le mélange se fit à partir des argumentaires communs et des powerpoints partagés. Je retrouve cet état d’esprit. Je vois que le mécanisme fonctionne d’une façon assez automatique. Dans la mesure où il n’y a que peu de codes de langage et de culture communs, chacun est obligé d’expliquer ce qu’il dit assez clairement pour être compris au premier degré par ses interlocuteurs. Ce simple état de fait évite des milliers de malentendus et de surcharges venus des polémiques du passé. Un fond de l’air donnant l’envie du succès aide en tout, j’en conviens.  

Le rassemblement final dans la patinoire de Grenoble a été très réussi je crois. L’habituelle publication des chiffres de participants m’estomaque toujours autant. Mille chaises occupées, des gens debout et deux travées de gradins remplies  donnent entre 800 et mille participants pour les comptes rendus. On ne s’en fiche pas. L’évaluation du remplissage d’une salle un dimanche matin 28 aout n’est pas une question de courtoisie. C’est de la politique. Notre nombre à cet instant de la campagne est un bon thermomètre et une incitation agir pour ceux qui l’observent. Je pense que la table ronde qui a précédé mon discours a été une bonne démonstration de la cohérence des points de vue entre les organisations du Front de Gauche. La forme, moins fastidieuses qu’un défilé d’orateurs, a bien valorisé les propos et la pensée de chacun. Pour ma part j’ai entendu ce qui s’est dit comme un argumentaire commun à plusieurs entrées. En cela il restait dans le registre de l’éducation populaire auquel nous sommes attachés.  

Mon discours voulait fonctionner dans ce registre. Mais il avait d’autres tâches à accomplir aussi, bien sur. En tous cas je me suis efforcé de bien préparer toute la partie compliquée qui explique la crise et la question de la dette. Une nouvelle fois cela m’imposait une diction longue avec les effets de style que vous avez pu constater et qui me valent des comparaisons que je trouve finalement flatteuse avec d’autres orateurs du passé. Je m’amuse de penser qu’à ma façon, je crée un style qui sera ensuite collé comme une étiquette à d’autres. Je les plains d’avance. J’ai lu qu’on attribuait ma manière de parler comme un qualificatif pour décrire le message des autres. C’est Platini qui, parait-il, parle comme moi quant au fond. La comparaison me valorise. Pas sur que ce soit la même chose pour lui. 

Mon message politique tenait en six points. D’abord que cette élection de 2012 est un atout et non un empêchement ou une corvée. Ensuite qu’il ne faut à aucun moment oublier le défi de la crise de l’écosystème dont aucun pouvoir ne s’occupe sérieusement. Après cela j’ai voulu décrire en quoi consistait le « coup d’état financier » qui se déroule en ce moment en Europe contre la souveraineté démocratique des peuples. Puis j’ai montré que nous avons deux moyens de répliquer : la lutte sociale sans attendre  2012 et le rassemblement politique d’une majorité du peuple. Delà j’ai déduit une « offre public de dialogue » notamment en direction de la gauche, depuis le NPA jusqu’au PS. J’ai enfin décrit des éléments de notre style de campagne.  Je veux, à partir d’extraits que je choisis dans le texte retranscrit de mon discours, donner à voir ce que j’ai dit réellement. Je regrette que mon appel à la lutte sociale derrière les syndicats n’ait pas eu d’écho. J’y reviendrai dans une prochaine note. Mais je veux surtout que le texte en main vous puissiez analyser précisément ce que j’ai dit à propos de « l’offre publique de débat ». J’ai remarqué en effet des erreurs de compte rendu à ce sujet qui nécessitent des éclaircissements. Dans la mesure où cette idée est présente a deux moments différents du discours, je les ai rapprochés dans le collage que vous allez pouvoir découvrir à présent.  

« L’élection qui se présente en 2012 est une chance et non une corvée ! Elle n’est pas un obstacle, elle est un moyen extraordinaire : confrontés à des défis immenses, nous allons pouvoir y répondre avec des bulletins de vote, c’est-à-dire d’une manière organisée, consciente, délibérée. Oui, c’est la forme que nous préférons ! Mais nous mettons en garde les puissants, les dominants : si vous refusez au peuple le moyen de ce débat et de sa décision, si vous moquez sa souveraineté et le droit qu’il a de savoir ce qui se passe, si vous nous enfermez les uns ou les autres dans des caricatures pour transformer cette élection en une pitrerie, alors vous verrez se lever des vents violents dont vous n’avez pas idée aujourd’hui, vous qui vous croyez à l’abri du peuple, et qui ne le serez jamais ! C’est pourquoi, parce qu’il y a de tels problèmes et parce qu’il y a ce moyen, le vote, je dis à la droite : respectez la souveraineté populaire ! Le débat que nous devons avoir est nécessairement long ; nécessairement, il est compliqué. Maintes et maints se demandent de quel côté se tourner, qui ne réfléchissent pas seulement d’après des étiquettes politiques, mais qui cherchent à comprendre d’après les solutions qui sont proposées. Je dis à la droite : il faut faire cesser cette mascarade, ces faux suspens de vos candidatures qui auraient lieu ou n’auraient pas lieu. Il est temps que le président de la République, qui sera le candidat de l’UMP, dise qu’il est le candidat de l’UMP ; il est temps que les centristes cessent cette danse qui ne nous permet pas de savoir qui est là pour proposer des idées, ou qui est là pour rabattre des voix vers Nicolas Sarkozy. Respectez le peuple ! Avancez-vous franchement en proposant votre image du futur, et permettez qu’enfin les bulletins de vote tranchent.

Et la même chose vaut pour tous nos camarades et partenaires à gauche. J’en profite pour dire ceci : le Front de Gauche ne mène aucune guerre de personnes ; le Front de gauche ne refuse le débat avec personne ; le Front de gauche ne méprise personne, à la condition qu’on le respecte et qu’on accepte de débattre avec lui des sujets qu’il propose, des perspectives qu’il ouvre. Je suis lassé d’être harcelé, d’avoir à me prononcer sur qui je préfère dans cette primaire qui n’est pas notre affaire, qui regarde le Parti socialiste que nous respectons dans sa démarche. Nous ne nous déterminons pas sur des personnes, mais sur des projets politiques. Nous n’avons pas d’adversaires à gauche mais, oui, nous avons des divergences. Et les exposer, demander qu’elles soient tranchées par le peuple, ce n’est pas entretenir des polémiques inutiles ou tirer à boulets rouges, comme je l’ai vu ; c’est tout simplement respecter le droit du grand nombre à se mêler de ses affaires. Cette règle, c’est celle qui nous permet de mettre cette élection à sa place : elle doit être un grand temps d’éducation populaire collective ; nous allons apprendre les uns des autres en nous écoutant, en argumentant, non seulement à l’intérieur de la gauche mais, je le dis, en ayant les débats lucides, argumentés avec la droite. Il faut faire vivre pleinement notre démocratie. Je suis disponible pour débattre et défendre les propositions du Front de Gauche avec tous ceux qui sont d’accord pour discuter des propositions qui éclairent l’avenir. J’y suis disposé aussi bien face à la droite que j’y suis tout naturellement avec nos partenaires, même lorsqu’ils sont nos concurrents à gauche. (…) Nous devons nous rassembler et, bien sûr, rassembler la gauche. Il n’y a pas de victoire possible pour la gauche sans rassemblement. » 

« Mais qu’est-ce que ce rassemblement ? Je prie qu’on cesse de se référer uniquement aux opérations politiciennes qui nous sont proposées – des arrangements en catimini dont on entend parfois dire qu’ils ont commencé (je le démens totalement.)… Des arrangements, des répartitions de postes (il paraît même qu’ils se sont réparti des ministères, des circonscriptions, quoi d’autre encore ?) Non ! Ce qu’il s’agit de rassembler, ce ne sont pas les appareils, ce ne sont pas les états-majors – et il faut des états-majors, il faut des organisations -, c’est le peuple qu’il s’agit de rassembler ! La priorité, c’est le rassemblement populaire ! C’est le peuple qu’il faut rassembler. On ne le rassemble pas en lui mentant – mais pour qui prenez-vous les Français ? Vous croyez qu’ils ne sont pas capables de se rendre compte que certains sont déjà partis dans la course à savoir lequel  est le plus austère par rapport à l’autre ? Et lorsque je le dis – mais je ne m’en réjouis pas -, on me dit : « Ah, ben ça élargit vos parts de marché ! » On se trompe ! Nous ne sommes pas une boutique, une épicerie qui aurait – comme c’est normal – à vendre des produits. Notre objectif, c’est le futur, notre objectif, c’est le rassemblement humain autour d’objectifs communs de progrès. Nous ne nous réjouissons pas de voir ce comportement de ces responsables socialistes qui, en se mettant à genoux dès le mois d’avril, et en aggravant l’ardoise à mesure que les semaines passaient dans une surenchère absolument folle entre eux, ont dit qu'ils atteindraient l'objectif des 3% pour cent de déficit public d'abord en 2017, puis en Avril c'était en 2014. Cet été, pris de furie, les voici revenus à 2013, et même, à un moment donné, on a entendu 2012 !  Alors, pourquoi pas ? Voyons. »  

« Comment ferait-on ? Mais… qu'est-ce qu'on comprime ? Les dépenses ? Ou bien est-ce qu'on augmente les recettes ? Et si on augmente les recettes, alors nous disons : doivent exclusivement payer ceux qui le peuvent. C'est-à-dire : les banques – qui ont réalisé vingt et un milliards de profit l'an passé -, les compagnies du CAC40, et notamment celles qui n'ont pas payé un euro d'impôt à la patrie qui les a fondées, comme Total, les hyper-riches, les riches ! Le peuple ne paiera pas un euro ! Est-ce que c'est clair ? Vous avez le droit de ne pas être d'accord, mais, si vous êtes d'accord, c'est ici que ça se passe. C'est ici que ça se fabrique. Je dis qu'il faut un cynisme inacceptable pour, après avoir dit, comme l'a fait François Hollande – qui est le responsable d'avoir ramené le curseur de 2017 à 2014 puis à 2013 –  aller dire à La Rochelle que, « si tout le débat est entre l'austérité de droite et l'austérité de gauche, alors c'est la démocratie elle-même et l'Europe qui sont en cause ». Cynique ! C'est lui qui a engagé cette compétition ! (…) Eh bien, je vous le dis, on ne rassemblera rien ni personne avec une telle méthode. Les peuples ne sont pas, et notre peuple n'est pas, un peuple qu'on distrait avec des blagues, des bonnes paroles, des retournements de situation inouïs. Notre peuple est sérieux, et il sait qu'il est question de choses qui engagent de façon déterminée son avenir. Rassembler le peuple, c'est parler clair. Alors, pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, et parce que je ne veux pas que nous passions notre campagne dans une espèce d'isolement mutuel : personne ne parle à personne et tout le monde s'enferme dans ses certitudes. » 

« Je fais une offre publique de débat à tous nos partenaires de gauche, qu'il s'agisse de nos camarades du NPA ou qu'il s'agisse de nos camarades socialistes. Je vous en prie, acceptez le débat ! Discutons de nos idées, demandons à notre peuple ce qu'il en pense. Je ne vais pas être long, je ne prends qu'un exemple. Je vous pose la question : si nous avons convenu qu'il nous faudra développer les services publics, revenir sur les suppressions de postes, notamment dans l’Éducation nationale – mais pas seulement dans l’Éducation nationale -, si nous voulons une justice assez sereine pour délibérer au nom du Peuple français dans la grandeur du souci de l'égalité et de la liberté, il nous faut des moyens. Eh bien, si nous voulons tout cela, alors il faut cesser la politique d'appauvrissement de l’État délibérée qui a été organisée. Il faut donc des recettes nouvelles. Je vous ai dit tout à l'heure : nous, on peut ! Je pose la question : êtes-vous d'accord pour dire que nous proposons comme objectif à tous les Français que les revenus du capital soient taxés à égalité avec ceux du travail ? C'est-à-dire, en moyenne, tous les prélèvements sont pour les revenus du travail de quarante pour cent, pour les revenus du capital, ils sont de dix-huit pour cent. Il s'agit donc d'aller chercher vingt-deux points d'impôts dans la poche des riches. C'est un sujet qui est assez grave, qui nécessite un renversement du niveau des prélèvements tel qu'il ne faut pas biaiser avec lui : il ne faut pas le mettre au détour d'une page ou d'une conversation, comme un de ces vœux pieux que l'on formulerait d'autant plus facilement qu'on s’apprêterait à y renoncer l'instant d'après. » 

« Taxer les revenus du capital comme ceux  du travail, c’est une mesure de justice et de dignité personnelle. L’argent qui se gagne à la sueur de son front, à la force de son intelligence et de son dévouement au travail doit être traité avec la même dignité et le même respect et les mêmes précautions que l’argent gagné, en dormant, sur le dos des autres !  C’est une affaire de dignité, de morale de la vie, de respect de soi, que cette taxation ! Alors, vous le voyez, les socialistes ne peuvent pas, s’ils en sont d’accord avec nous,  passer à côté de la leçon qui va avec ce mot d’ordre. Il faut que le peuple s’en mêle. Tirons la leçon de notre histoire : tous les gouvernements de gauche, quelle qu’ait été leur  bonne  volonté, se sont brisés sur le même écueil : l’implication populaire n’a pas eu lieu. Il faut donc cesser de gouverner comme nous avons gouverné dans le passé. Il faut gouverner autrement, c'est-à-dire de bas en haut plutôt que de haut en bas. Il faut appeler le peuple à l’action, et c’est ce que nous nommons la révolution citoyenne. »

Mon discours de clôture du Remue méninge a été retransmis par LCP Public Sénat et par LCI. J’en remercie ces deux chaines. D’une façon générale les médias de presse écrite et audio visuelle ont été bien présents pendant nos trois jours de travail. Dans ces conditions nous pouvons dire que nous avons supporté la comparaison avec l’Université socialiste de La Rochelle sans être effacés du tableau, ce qui n’est pas un mince exploit. La disproportion de temps de parole accordé aux uns et aux autres n’est pas un problème aussi longtemps qu’elle n’aboutit pas à notre effacement. Car le problème posé ne vient pas seulement de l’a priori politique qui peut se trouver à la tête d’une rédaction.  J’ose même dire que c’est rarement le cas. Les militants politiques comme Jean Michel Aphatie, cantonnés dans une niche de la grille horaire, pèsent moins sur la forme de l’information que le directeur des « ressources humaines ». En effet il faut connaitre les conditions matérielles de fonctionnement des médias pour comprendre la difficulté d’une telle juxtaposition de réunions politiques. Leurs équipes sont très réduites, surtout pendant l’été, les moyens matériels peu nombreux. Dès lors, la part affectée à « la gauche » est inscrite dans cet ensemble. La diminution des moyens, la contraction des couts est une donnée qui pèse directement sur la production médiatique et explique un grand nombre des biais et simplifications auxquels elle a recours pour s’y adapter.  La multiplication des médias ne soulage pas ce problème. Au contraire elle aggrave le tableau. Une concurrence impitoyable fonctionne qui pousse aux extrêmes le modèle économique du fonctionnement de chacun. Journalistes en CDD, cameramen en contrat d’intermittent du spectacle, durée de travail inouïe sont souvent la règle générale et le traitement correct l’exception. Le recours aux « boite de prod. » pour fournir la matière première des grandes chaines finit souvent, comme bien des sous traitances dans la production en général, par une surexploitation vertigineuse des personnels. Je renvoie au livre d’Ignacio Ramonet sur le sujet car il décrit à mon avis assez bien le bouleversement en cours et les tendances du futur sur le sujet. 

 Actuellement, en pratique, la plus grande difficulté pour l’expression politique vient de la confusion des rôles qui se présentent face à moi. Journalistes professionnels, « indépendants », occasionnels, associatifs, rédacteurs de blog personnels ou collectifs se présentent ensemble, dans une cohue souvent humiliante pour eux, et se perturbent les uns les autres. A ceux-là s’ajoutent « les humoristes », qui se présentent comme des journalistes, mais dont ce n’est pas le métier réellement. Leur métier c’est faire de rire de tout, à n’importe quel prix et par n’importe quel moyen. C’est bien leur droit. Mais la confusion des genres avec les métiers de l’information conduit à des situations professionnelles ingérables. Car ils n’hésitent pas à s’incruster dans les rendez-vous de leurs collègues, à les piétiner pour filmer devant eux la scène de travail, au mépris de tous les usages et codes, au point de provoquer une exaspération générale dont ils disent eux-mêmes, en privé, avoir honte. De Paris, des autorités invisibles les aiguillonnent et leur capacité sociale de dire non est égale à zéro compte tenu de leur statut de précaires. Imaginez la tête des militants quand ils entendent une équipe comme celle du  « Petit Journal » déclarer qu’elle « n’en a rien à foutre du discours ! On est venu filmer les moches ». Oui, « les moches », vous avez bien lu ! Le mépris de la dignité humaine de cette façon de faire de l’info soit disant drôle est parfois consternant. J’espère que cela ne passera pas à l’antenne.

Coup d'oeil. A lire un article que je trouve drôle sur "Mariane 2" à propos de l'équipe de la coopérative "Médiascope" qui prend en main nos outils de communication. Et pour l'humour et la détente , à voir cette page de blog de ce pauvre Jean-Michel Aphatie qui s'en prend une fois de plus à moi sur le mode nuancé qu'on lui connait. Cette fois ci vous pourrez y lire cette merveille "Il semblerait plutôt que Jean-Luc Mélenchon rêve d’un monde sans journalisme, où seraient seulement présents des femmes et des hommes posant des questions qu’il aimerait entendre et auxquelles il serait tout disposé à répondre." Je déments totalement. La lecture et le travail de Jean-Michel Aphatie me manqueraient trop dans un tel monde. Je ne parle pas bien sûr de ses questions, car ce sont toujours les mêmes ce qui est lassant, ni de ses interviews car la dernière que j'ai faite avec lui, c'est lui même qui l'a qualifiée de "totalement incohérente" avant de rendre l'antenne. Incohérente parce que je ne voulais pas faire les réponses qu'il attendait. Un plateau de télé n'est pas un commissariat mais Aphatie ne le sait pas. Tant mieux car c'est trop drôle de le voir faire le gentil pour mieux être méchant. 

par Jean-Luc Mélenchon, le 31 August 2011, 09:46

Jean-Marie Albouy-Guidicelli

Des logements dans l'ex-conservatoire de musique

IMG_0990[1] Je viens de signer le permis de construire qui va transformer l'ancien conservatoire municipal de musique en logements.

Très peu de travaux de transformation du bâtiment qui lui permettra ainsi de garder son caractère.

une dizaine de logements y est prévu : studios, type 1 et 2 principalement.

par jmag, le 31 August 2011, 09:19

Mireille Dubois

La dette, les spéculateurs et les autres.

La dette de la France, c'est grosso modo, 1670 milliards d'€.

Nos impôts servent tout juste à en payer les intérêts, ce qui donne une idée du désastre dans lequel nagent nos finances publiques.

Les spéculateurs en profitent pour en faire leur miel et l'aggraver.

Le brave Français de base, lui, se dit toujours qu'il n'y est pour rien. Ah bon? et qui demande toujours plus de gratuité? qui demande toujours plus d'avantages? qui parle toujours des droits acquis? qui vote pour ceux qui promettent toujours plus? qui promettent qu'on va raser gratuit demain? qui vote pour travailler moins et moins longtemps mais tout en voulant gagner plus? La réponse est dans le texte, non?

le 31 August 2011, 08:38