September 03, 2010
Vue de Copenhague, où je participe à une conférence organisée par l’Agence Européenne de l’Environnement sur l’avenir du Principe de Précaution, la situation française au regard de la transition vers une économie verte et réellement durable est affligeante.
Le Grenelle qui nous est vendu comme un exemple mondial se révèle finalement une immense baudruche qui s’est dégonflée au cours des mois, alors qu’il symbolisait un formidable espoir : celui de mettre enfin notre pays au niveau de ses engagements communautaires.
Or, il se révèle cruellement la simple continuation des particularités françaises, et un retard abyssal en comparaison de l’Allemagne, des pays du nord, mais aussi désormais de l’Espagne en ce qui concerne les énergies renouvelables.
Que reste t il de cette opération de communication sans précédent ?
- une politique des transports qui continue à privilégier la route, les camions et l’avion (sans oublier le BTP) : 800 km d’autoroutes, l’augmentation de la taille des camions sur les routes et de nouveaux aéroports (ND des Landes)
- une politique de l’énergie basée sur le tout-nucléaire, qui absorbe l’immense majorité des crédits publics, et fusille successivement l’éolien terrestre ainsi que le solaire, afin que ces derniers ne puissent se développer et occuper une vraie part de marché
- une politique de la biodiversité sans moyen, qui fait des trames vertes et bleues des espoirs à la disposition de ceux qui le souhaiteront un jour
- une politique de santé environnementale vidée de sa substance, sacrifiée au lobby des grandes exploitations céréalières agricoles (alors que les débats sur la PAC démontrent l’absolue nécessité de changer) et agrochimique
- une politique de l’habitat qui était la plus élaborée, mais dont les moyens et les contraintes se sont progressivement vidés.
- Sans parler de l’abandon de l’étiquetage (qui sera imposé par Bruxelles), de la taxe Carbone, de la responsabilité des sociétés mères pour leurs filiales….
Certes, les nouveaux textes ne manquent pas… Mais pour quoi ?
Sommes-nous dans les cordes pour notre part d’énergies renouvelables dans le bouquet énergétique, la qualité de nos eaux, la pollution de l’air, les particules fines, les pesticides ? Non, évidemment.
Alors, nous sommes nombreux à nous sentir déçus, voire trahis.
- parce que nous sommes toujours à la traîne
- parce que nous restons à l’écart de la révolution industrielle qui se met en place
- parce que la transition écologique reste un espoir lointain pour les Français
Mais plus encore, pour les écologistes démocrates et républicains, qui refusent de considérer qu’il ne peut y avoir d’écologie qu’à l’extrême gauche. Voilà administrée la preuve que la droite néolibérale, qui caractérise - quoiqu’ils ne disent - l’ensemble de la politique gouvernementale, non seulement n’a rien compris mais a encore inventé une nouvelle politique : la « Greenwashing Policy ».
par noreply@hautetfort.com (Corinne), le 03 September 2010, 09:15
August 26, 2010
Le 26 août 1970, une petite poignée de femmes déposait à l'Arc de Triomphe une gerbe de fleurs au nom de la femme du soldat inconnu. Quarante années se sont écoulées depuis avec, certes, un certain nombre d'avancées comme la reconnaissance du droit à l'avortement, la banalisation de la pilule ou la loi sur la parité. Mais, beaucoup d'entre nous ont le sentiment que non seulement nous ne progressons plus, mais que nous sommes confrontées à de véritables menaces de régression.
Tout d'abord, l'égalité professionnelle entre hommes et femmes reste en Europe occidentale largement insuffisante ; dans notre pays, la différence de salaire des femmes pour le même emploi reste de l'ordre de 22 % ; le plafond de verre continu à s'appliquer même si quelques femmes ont fait leur entrée dans les conseils d'administration du CAC 40, et les femmes sont les premières touchées par le chômage et la précarité.
Ensuite, l'égalité en termes de capacité de faire, de créer, de s'imposer reste virtuelle dans la mesure où la répartition des tâches continue à faire peser sur les femmes l'essentiel de la vie familiale, ce qui conduit beaucoup d'entre elles à modifier leurs plans de vie ou des questions de carrière professionnelle, les conduisant à avoir des enfants plus tard avec toutes les conséquences qui s'y attachent.
Enfin et surtout, la tragédie qui frappe les femmes des pays dans lesquels s'applique la charia est une tragédie pour toutes les femmes. Le récent appel lancé par Bernard Henri Lévy contre la lapidation d'une femme iranienne, Sakineh, à laquelle est reproché un adultère, est une illustration supplémentaire de ce monde dans lequel les femmes continuent à être les victimes expiatoires de conceptions obscurantistes de l’Humanité. La volonté de conquête par l’esprit et par la force que manifeste l’islamisme radical est une menace non seulement pour les malheureuses femmes des pays soumis à leur diktat, mais pour toutes les autres dans la mesure où des minorités plus ou moins nombreuses et agissantes tentent d’obtenir, sous couvert de la liberté, une application soft des règles de soumission des femmes.
Nos sociétés sont de plus en plus perméables à ces menaces dans la mesure où elles ne sont plus en mesure d’offrir, en application des valeurs universalistes et d’égalité qu’elles professent, une réalité au désir de progrès social, et en France d’intégration et d ‘égalité des chances. Ceci explique, pour partie au moins la radicalisation et l’extension du mouvement.
Ainsi, et paradoxalement, l’injustice et l’inégalité ont pour conséquence d’accroître encore et toujours la soumission et l’injustice faite aux femmes.
Nous ne lutterons contre cette situation qu’en acceptant de passer de la virtualité à la réalité en ce qui concerne les valeurs que nous défendons. La laïcité est un formidable atout, à la condition qu’elle s’accompagne d’une vraie politique d’égalité des chances pour les femmes comme pour les hommes.
En attendant, force est de constater que la laïcité perd du terrain, le droit des femmes et l’égalité des chances aussi.
par noreply@hautetfort.com (Corinne), le 26 August 2010, 07:04
August 17, 2010
Quelle mouche a piqué quelques intellectuels américains soutenus par des Verts français réclamant 17 milliards à la France pour Haïti en remboursement des sommes perçues lors de l'indépendance ?
Je partage totalement l’indignation des auteurs sur les conditions dans lesquelles cette forme de « rançon » a été imposée à Haïti et sur les conséquences en terme de non-développement pour ce pays. De même, je constate comme eux le manque de moyens pour la reconstruction de Haîti et souhaite un investissement tout particulier de la France.
Mais imaginer que la France, dans l’état actuel de ses finances publiques et dans les difficultés sociales et économiques qu'elle rencontre puisse faire un pareil effort est irresponsable .
De plus et peut-être surtout, on ne peut réécrire l’Histoire. Imagine-t-on de remettre sur le tapis les réparations allemandes de 1918 ou françaises de 1870 qui ont pourtant causé des ravages de part et d’autres du Rhin ? Imagine-t-on de revoir l’Histoire – en remontant du reste jusqu’à quand ? – en exigeant de tel ou tel pays une réparation ? C'est non seulement irréaliste mais injuste pour les générations actuelles.
Le devoir de mémoire est une nécessité. Mais il ne saurait aller jusqu’à une forme de réécriture de l'Histoire.
par noreply@hautetfort.com (Corinne), le 17 August 2010, 15:51
August 12, 2010
La flambée spectaculaire du prix du blé sur le marché de Chicago, même si le cours n’a pas atteint les sommets de 2007, soulève deux constats autour des crises écologiques et de leur exploitation financière.
Le premier constat est bien sûr celui de la cause première, à savoir les intempéries exceptionnelles de cet été, qui ont provoqué une sécheresse sans précédent en Russie et le blocage par le pouvoir en place des exportations de blé pour 6 mois afin de garantir la souveraineté alimentaire du pays. Cette sécheresse, accompagnée de graves incendies en Russie, au Kazakhstan et en Ukraine devrait réduire de 27 % la production exportée des trois pays pour la campagne 2010/2011.
Le second constat est celui des phénomènes spéculatifs que cette décision a entraînés. Alors même que la FAO (l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) a réduit mercredi d'environ 4% ses prévisions de récolte mondiale de blé pour 2010, soit une baisse de 25 millions de tonnes (passant à 651 millions de tonnes récoltées contre 676 millions annoncées dans les prévisions de juin), cette organisation considère toujours cette offre pour l'instant suffisante. Pourtant, le prix de référence du blé à Chicago a bondi de 82% depuis le 9 juin, tandis que la tonne a dépassé les 230 euros en Europe (+61 %).
Plus symboliquement encore, les achats par des fonds d'investissement et des traders sur le Chicago Board of Trade (CBOT) ont également porté sur le maïs et le soja, qui gagnaient respectivement 2,6% et 0,8% en une journée.
Cependant, la situation actuelle est très différente de celle de 2007, dans la mesure où les stocks sont abondants, atteignant des niveaux bien supérieurs à la moyenne des dernières années. Toujours selon la FAO, "le marché mondial du blé reste nettement plus équilibré que lors de la crise en 2007/08 et les craintes d'une nouvelle crise alimentaire mondiale ne sont pas justifiées à ce stade". Dès lors, la hausse n’est pas seulement due aux difficultés climatiques, la spéculation est évidente.
L’union de ces deux constatations conduit à se poser les questions des conséquences au niveau mondial des risques de retour des émeutes de la faim, mais aussi de s’interroger sur ceux qui vont supporter les frais du surcout des matières premières (notamment les pays pauvres), sur les intermédiaires et traders qui vont toucher le pactole (sans pour autant que la plupart des agriculteurs en voient la couleur, le blé étant déjà vendu) et sur les leçons que l’on a tiré des précédentes crises. A court terme, malgré les déficits chroniques, les Etats vont être sollicités pour jouer les pompiers afin d’aider ceux qui seront confrontés aux effets de cette crise (et il faut qu’ils le fassent pour les pays les plus pauvres, mais aussi pour ceux qui, dans leur pays, consacrent la plus grande partie de leur budget aux affectations essentielles à savoir l’alimentation et le logement).
Pompier certes mais surtout pompier pyromane pour avoir refusé de s’attaquer réellement à la crise écologique et aux ravages du système financier. L’adjonction de l’un et de l’autre risquent d’anéantir les efforts faits pour sortir de la crise et mettre en place les outils nécessaires au changement de notre modèle de développement.
par noreply@hautetfort.com (Corinne), le 12 August 2010, 14:37
August 09, 2010
Beaucoup se sont émus que 80% de nos concitoyens considèrent que les polygames et exciseurs puissent perdre la nationalité française. Au-delà de la méthodologie du sondage, cette manière de poser la question est particulièrement pernicieuse s’agissant de pratiques ou comportements incompatibles avec notre culture.
En effet, avant de changer les règles de la République, il serait peut être utile de les appliquer. La polygamie est un délit. Combien de polygames sont-ils poursuivis ? La jurisprudence n’a-t-elle pas encouragée cette pratique en acceptant depuis de longues années que les prestations sociales puissent être versées à des ménages polygames ?
Quant à l’excision, c’est également un délit. Combien de cas poursuivis et punis chaque année ?
A fortiori, combien de personnes dotées de la nationalité française sont-elles concernées ?
La réalité est que nous avons durant des décennies laisser se développer des pratiques illicites, qui n’ont pas été poursuivies, parce qu’elles n’apparaissaient pas comme des objectifs importants sur le plan pénal. Et plutôt que de considérer qu’il faut remettre en cause les principes de base de la nationalité, ce qui rappelle les heures les plus noires de la République, nous serions mieux inspirés de faire appliquer les lois lorsque des infractions sont commises et de n’accorder la nationalité française qu’aux personnes qui manifestent le désir de partager notre culture et notre manière de vivre. Le Conseil d’Etat l’affirmait récemment en refusant la nationalité française à une femme qui portait la burqa. La polygamie devrait être une cause de refus….à la condition qu’elle soit connue et susceptible de poursuites. En France il ne peut y avoir de mariage religieux que s’il est précédé d’un mariage civil. Pour autant cette obligation n’est pas toujours satisfaite en France, et l’est encore bien moins lorsque les mariages religieux sont célébrés à l’étranger.
Une fois encore, le Président de la République est dans la virtualité car il sait pertinemment que sa proposition est inconstitutionnelle ; il s’attaque à un vrai sujet : des pratiques illicites dont les femmes sont victimes mais avec des solutions juridiques erronées qui ont le double inconvénient de flatter faussement l’électorat de droite et de ne pas donner à la police et à la justice les moyens d’appliquer la loi.
par noreply@hautetfort.com (Corinne), le 09 August 2010, 08:33
August 05, 2010
La succession de révélations concernant les interventions réelles ou non d'Eric Woerth en faveur des donateurs de l'UMP et/ou adhérents du Premier cercle démontrent, à l'évidence, le dysfonctionnement de la justice française.
Les accusations sont très graves. Elles relèvent, si elles sont fausses, de la dénonciation calomnieuse puisqu'est imputée à une personne la commission d'un délit : le trafic d'influence, voire pire. Comment se fait-il qu'aucune plainte n'est déposée par la « victime » de ces imputations ?
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par noreply@hautetfort.com (Corinne), le 05 August 2010, 15:06