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September 03, 2011

Rachid Adda

Article de l'Express (10/11/10) : "Pupponi "chouchoute" ses communautés à Sarcelles"

Pupponi "chouchoute" ses communautés à Sarcelles

 

Article publié dans le journal l'Express, le 10/11/2010

Par Marcelo Wesfreid

Le député maire de Sarcelles leur fait les yeux doux. Il les subventionne, les écoute, voire les intègre à sa majorité.

La cohésion sociale entre les différentes communautés étrangères est un objectif fondamental pour François Pupponi.


François Pupponi le sait. Son discours sur la mixité sociale est loin de faire l'unanimité. Surtout à gauche. Mais le maire d'une ville qui compte 20% d'étrangers, où les communautés vivent de plus en plus dans des quartiers distincts, ne croit plus aux slogans de son camp. Casser les ghettos pour les remplacer par des cités aux populations plus mélangées? Impossible. Il est trop tard. "La France se communautarise, qu'on le veuille ou non", explique l'élu, en marge d'un rassemblement de 2000 Pakistanais organisé dans sa ville, le 21 octobre, pour recueillir des dons en faveur des sinistrés des inondations qui ont dévasté leur pays cet été. 

Pour Pupponi, la laïcité version IIIe République a vécu: "Créons une communauté nationale à partir des communautés d'origine, plaide-t-il dans son livre, La France d'en dessous. Banlieues: chronique d'un aveuglement, paru en 2006 (éd. Privé). Ce qui arrive aujourd'hui dans ces zones de ghettos arrivera demain dans la France entière." A Sarcelles, il chouchoute les responsables communautaires.

 

Créons une communauté nationale à partir des communautés d'origine 

 

Ses détracteurs dénoncent une politique d'attribution de subventions "clientéliste" et "communautariste". Deux associations assyro-chaldéennes (chrétiens d'Orient) de la ville ont ainsi reçu 150 000 euros chacune pour construire un centre social. "La République est là pour respecter les différences, estime le conseiller municipal d'opposition (MRC) Rachid Adda. Pas pour les exalter."


En 2005, Pupponi avait provoqué un tollé en réservant un créneau horaire de la piscine municipale, le dimanche matin, à une association de juifs loubavitchs, très religieux, qui refusaient qu'hommes et femmes se baignent en même temps. "Si c'était à refaire, je le referais, assure-t-il. Il ne faut ostraciser personne." A commencer par la communauté juive, l'une des plus importantes à Sarcelles.  

En 2008, le maire a admis dans sa majorité la Liste bleue, des ultraorthodoxes. Une liste que Dominique Strauss-Kahn, en 2001, qualifiait pourtant, publiquement, de "honte pour la République". A l'époque, la liste affirmait dans sa profession de foi: "La communauté juive de Sarcelles ne sera efficacement défendue que par ses membres." Aujourd'hui dans l'équipe de Pupponi, ses élus -l'un d'eux arbore une kippa quand il siège en conseil municipal- s'occupent d'action sociale, de logement et de développement économique. Des postes-clefs !

le 03 September 2011, 00:28

September 01, 2011

Jean-Pierre Chevènement

Un extrait du livre "Le monde qu'on leur prépare"

Notation et formation des enseignants, politique budgétaire, programmes, rythmes scolaires... les deux ministres de l’Éducation (à 25 ans d’intervalle) Jean-Pierre Chevènement et Luc Chatel confrontent leurs idées sur des sujets d’actualité. Morceaux choisis.

La notation des enseignants
Un extrait du livre
Nicolas Beytout : Vous voulez changer la notation des enseignants, pourquoi?
Luc Chatel : Parce que nous avons un système, actuellement, qui est décrié et qui ne correspond pas à une vision moderne de l’administration qui valorise le travail, l’engagement personnel, la responsabilisation, l’initiative. D’autre part, le système actuel d’inspection est beaucoup trop lent, trop irrégulier ; les professeurs sont inspectés en moyenne tous les quatre ou cinq ans. Et puis les inspections sont souvent trompeuses. Je me souviens que lorsqu’un de mes professeurs était inspecté, il ne faisait pas le cours habituel !… Ce qui est intéressant, c’est que les syndicats sont quasiment unanimes à dire : on ne peut pas continuer comme ça !…

N. B. : Avec l’idée d’arriver à une note qui soit à la fois plus un système de récompense au mérite, et éventuellement de sanction lorsqu’il n’y a pas mérite ?
L. C. :
Voilà. Je pense qu’il faut un système, d’abord, qui soit juste, c’est-à-dire qui évalue…
Jean-Pierre Chevènement : Qui évalue, mais comment ?
L. C. : On n’a pas encore décidé des critères, on n’en est qu’au départ de la discussion. On verra ensuite si on donne un peu plus de responsabilités à la notation du chef d’établissement, ou si on revoit notre corps d’inspecteurs pour mieux les former, les préparer… Et puis, selon l’académie, les inspections ne sont pas du tout les mêmes. L’égalité du service public n’est souvent qu’un leurre !
J.-P. C. : C’est à vous de rétablir l’égalité.
L. C. : Oui, je pense que c’est à nous de mettre en place des procédures comme dans les entreprises, où il existe des guides de conduite d’entretiens, des process d’évaluation.
J.-P. C. : Et faire en sorte qu’entre les académies il ne se creuse pas des inégalités qui seraient choquantes. Ce n’est pas parce qu’un système est décrié qu’il est forcément mauvais. On comprend très bien que la notation soit critiquée, parce que les gens n’aiment pas être notés. Mais les inspecteurs n’ont pas toujours tort…
L. C. : Mais personne ne conteste la nécessité de l’inspection. Les professeurs ne nous disent pas : on ne veut pas être notés. Ils nous disent : premièrement, on voudrait exactement savoir sur quoi on est notés, et donc qu’il y ait un peu plus de procédures dans l’évaluation ; et puis, deuxièmement, on voudrait que l’évaluation puisse avoir des conséquences sur nos carrières.

N. B. : Ce qui n’est pas le cas ?
L. C. : Ce qui n’est que très insuffisamment le cas. Il y a peu de conséquences.

N. B. : Ça, c’est ce que disent les meilleurs. Les moins bons sont-ils aussi d’accord pour que les notations négatives aient des conséquences sur leur carrière ?
L. C. :
Nous en sommes au début de ce chantier, qui est difficile. Mais je constate qu’il y a quand même une volonté globale des syndicats… il n’y a pas de tabous, on est prêts à discuter… Moi, je suis favorable à un système qui reconnaisse davantage l’engagement individuel, les performances, les initiatives… c’est ça une fonction publique moderne.
J.-P. C. : La question reste posée : comment reconnaîtra-t-on ces performances, ces initiatives, etc. ? Est-ce que ce sont les corps d’inspection, dont c’était traditionnellement la tâche ? Les chefs d’établissement ?… Moi, je me méfie un peu du « bougisme », c’est-à-dire de la « réformite ».
L. C. : Là, on est tranquilles pour la réformite parce que le système n’a pas changé depuis vingt-cinq ans, je crois.
J.-P. C. : Mais s’il y a des choses à changer, il y a aussi des choses qu’il ne faut pas changer …
L. C. : Si ! Ce sont des chantiers passionnants. D’ailleurs toutes les entreprises sont confrontées à ces questions, au travail sur l’évaluation des performances, de la manière la plus objective, transparente… et puis sur les conséquences de l’évaluation, de manière que les collaborateurs se sentent impliqués. Ça fait partie du mode moderne de management.
J.-P. C. : Enfin, il ne faut pas détruire ce qui marche, même mal, au profit de quelque chose qui ne marchera pas du tout, bref de la disparition de toute évaluation.

La formation des profs
N. B. : Qu’est-ce qui doit changer dans la formation des professeurs ?
J.-P. C. : Distinguons les professeurs d’école, qui doivent bien maîtriser le français. L’expression. C’est absolument essentiel. La plupart, d’ailleurs, sont des littéraires. La formation des professeurs d’école, je la distingue de la formation des enseignants du second degré. Un professeur de collège et de lycée, il est bon qu’il maîtrise bien d’abord sa discipline. La mastérisation ne doit pas conduire à la disparition des concours de CAPES et d’agrégation qui sont une force de l’école. En même temps, il faut qu’ils apprennent la didactique de leur discipline. Enfin, il faut les motiver pour que puisse s’exercer à plein « l’effet maître », c’est-à-dire la relation du maître à l’élève. Et là je reviens toujours à la phrase d’Hannah Arendt : « On n’enseigne bien que ce à quoi on croit. » Pour être un bon maître il faut aimer la République, aimer le savoir et aimer l’avenir présent dans la jeunesse. Je suggère à cet égard qu’une formation poussée en philosophie, en histoire et en économie comparée de l’éducation soit donnée aux professeurs en sciences de l’éducation dans les IUFM. Les acquis de la psychologie doivent être connus. Les futurs professeurs d’école ne sont pas formés à repérer les élèves en difficulté qui relèveraient de personnels spécialisés.
L. C. : On ne peut pas dire que les IUFM étaient des terreaux favorables pour l’apprentissage de toutes ces sciences et pour la préparation des enseignants à leur métier. Ça a fait beaucoup de dégâts…
J.-P. C. : Parce que les IUFM ont fait trop de place à des « sciences de l’éducation » souvent fort peu scientifiques…
L. C. : Au détriment du savoir… Et c’est ce qui nous a guidés quand on a voulu considérer que c’était à l’université, comme dans tous les grands pays développés, de former les enseignants. On est en train de faire un petit réglage, c’est vrai, entre d’un côté la formation théorique, disciplinaire, et de l’autre la formation didactique…
J.-P. C. : Je ne suis pas du tout contre le fait qu’on confie à l’université le soin de la formation disciplinaire des maîtres.
L. C. : A condition qu’on ne vienne pas reproduire les IUFM avec des masters de sciences de l’éducation un peu partout !
J.-P. C. : Absolument, il faut y veiller. Alors les IUFM devraient enseigner la didactique des disciplines, parce que bien connaître, par exemple, la littérature, c’est formidable ! Mais apprendre aux élèves le français, c’est tout à fait différent, plus, encore, le calcul ! Et d’autre part, il devrait y avoir des matières qui concourent à faire comprendre aux futurs enseignants ce qu’est la République et ce que sont les missions de l’école de la République.
L. C. : Nous aurons à la rentrée des masters polyvalents, qui intègrent ce que vous dites… Huit académies proposeront des masters en alternance avec une prise en charge d’une classe de 3 à 6 heures par semaine pour les étudiants dès leur année de master 1. Prenons l’exemple de nos professeurs des écoles, les instituteurs, on a 75 % d’entre eux qui sont de formation littéraire. Il faut donc les former à apprendre les sciences, le calcul, les mathématiques.
J.-P. C. : Bien sûr.
L. C. : Nous sommes en train de concevoir des modules spécifiques de formation…
J.-P. C. : … pluridisciplinaires… Il faudrait des masters pluridisciplinaires, des masters pour les professeurs d’école, qui devraient être adaptés à leur métier.

L’autorité des professeurs
J.-P. C. : La dévalorisation de l’autorité du maître correspond à un mouvement général, qui englobe la dévalorisation de l’autorité du père dans la famille. Aujourd’hui, dès qu’un enseignant est suspecté d’avoir eu un mot plus haut que l’autre, à plus forte raison d’avoir peut-être frappé d’une chiquenaude un élève, ça devient un scandale épouvantable.
L. C. : C’est vrai qu’on évite de frapper les élèves !
J.-P. C. : A juste titre ! Mais…
L. C. : L’époque des coups de règle sur les doigts est révolue et, à vrai dire, je ne le regrette pas !
J.-P. C. : Vous, vous ne l’avez pas subie, de toute façon.
L. C. : Non, je ne l’ai pas subie. Mais je n’ai pas l’impression d’avoir été martyrisé par quelques heures de colle ou de retenue.
J.-P. C. : Moi, je me souviens que mon père, instituteur, envoyait des morceaux de craies multicolores sur le crâne des élèves bavards… Et il m’est arrivé d’être collé…

N. B. : Vous avez l’air de vous demander si, sans aller jusqu’aux coups de règle sur les doigts, la punition corporelle, même légère, doit être complètement bannie ?
J.-P. C. : Non, je ne me pose pas la question. Je considère qu’il n’y a pas place pour quelque forme de châtiment corporel que ce soit. Mais j’observe qu’un enseignant, même suspecté d’avoir un peu bousculé un élève ou de se défendre s’il est agressé, est immédiatement mis en cause très violemment.

N. B. : Vous voulez dire qu’il faudrait une présomption… je ne sais pas s’il faut dire d’innocence… mais que les enseignants devraient être davantage protégés par l’institution ?
J.-P. C. : En effet : la violence me paraît beaucoup mieux tolérée quand elle est le fait des élèves, même s’ils frappent leurs enseignants, ou agressent le directeur, le proviseur. Tout ça paraît presque normal !… Par contre, quand il y a, de la part d’un enseignant, un geste peut-être un peu vif, ça devient aussitôt un scandale immédiatement répercuté, ce qui montre que la balance, en la matière, n’est pas égale entre les enseignants et les élèves. Tout acte de violence contre un enseignant devrait être très sévèrement sanctionné.
L. C. : C’est le cas.
J.-P. C. : L’institution devrait réagir beaucoup plus vigoureusement en cas d’agression contre un enseignant.
N. B. : Il faudrait donc modifier la loi et faire entrer les enseignants, dans l’exercice de leur métier, dans la catégorie des personnes…
J.-P. C. : … protégées.

La politique budgétaire
N. B. : L’école coûte de plus en plus cher au budget de l’Etat, demande de plus en plus de moyens. Or on ne peut pas dire que le rapport coût/efficacité s’améliore dans la même proportion. D’où vient le problème ? Et comment le corriger ?
L. C. : Contrairement aux idées reçues et aux caricatures qu’on entend souvent ici ou là, les moyens, dans l’Education nationale, sont là. Depuis 1980, le budget par élève, en France, en euro constant, a augmenté de 80 %. La France continue à consacrer 21 % de son budget à l’éducation… Notre pays continue à investir dans l’éducation en général presque un point de plus de son PIB que la moyenne des pays développés de l’OCDE.
J.-P. C. : Voilà un sévère réquisitoire contre le septennat de M. Giscard d’Estaing !… (Ils rient.) Et, de manière générale, un réquisitoire vis-à-vis des politiques éducatives menées par la droite pendant presque…
L. C. : Non, puisque justement, le but de la démonstration c’est de montrer que les moyens n’influent pas forcément sur les résultats.
J.-P. C. : Reconnaissez que si les moyens ont augmenté de 80 % depuis 1980, la gauche doit y être pour quelque chose !
L. C. : Oui, mais justement, je le reconnais ! Et la droite, d’ailleurs, n’a pas fait mieux parce qu’elle a aussi, pendant cette période-là, mené une politique exclusivement quantitative qui a consisté à augmenter le nombre de postes. Cette politique n’a pas obtenu les résultats escomptés. Nous avons ensemble fait le constat des performances de notre système éducatif. Et cette politique, à mon sens, nous a empêchés de nous poser les vraies questions.

N. B. : Au fond, vous dites : « On a mis trop d’argent…»
L. C. : Je ne dis pas : on a mis trop d’argent… Je dis : les moyens existent, ils sont là, et d’ailleurs toutes les enquêtes sérieuses et les études sur l’Education nationale – rapport de la Cour des comptes de l’année dernière, l’Institut Montaigne… – nous disent : attendez, le problème ce n’est pas les moyens, c’est la répartition de ces moyens. Juste un chiffre : en septembre 2011, il y aura 35 000 profs de plus qu’il n’y en avait au début des années 90, alors qu’il y a 500 000 élèves de moins. Ce que je veux dire, c’est que malgré le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux depuis quatre ans, nous continuons à avoir un rapport, un ratio élève/professeur nettement meilleur qu’il n’était il y a vingt ans. Or les résultats ne sont pas à la hauteur de cet investissement.

N. B. : C’est donc une démonstration, j’allais dire tragique, de l’inefficacité de la dépense budgétaire dans ce domaine !
L. C. :
Tout à fait. Et ça fait peser sur nous une responsabilité très forte. Je pense que, pendant vingt-cinq ans, la démocratisation de l’école devait s’accompagner de moyens. C’était nécessaire. Mais ça a été l’unique réponse. C’était une erreur. Je pense que, dans les années 90, on aurait dû se poser se poser des questions sur l’affectation de ces moyens, sur l’organisation du système éducatif, son efficience et le renouveau pédagogique. […]

Les modèles étrangers / Les enquêtes PISA
N.B. : Est-ce qu’il y a un pays qui vous paraît être un modèle ?
L. C. :
Qui est devant nous ? Regardez le peloton de tête : Singapour. C’est un système extrêmement élitiste. A sept ans on sélectionne les 10 % d’une classe d’âge considérés comme les meilleurs, on les prend en charge de manière séparée pendant toute leur scolarité primaire. Ce n’est pas un modèle que j’appelle de mes voeux. Dans des pays comme la Corée ou le Japon… ou même certaines provinces de Chine (je pense à Shanghai ou à Pékin) qui sont, dans les classements, nettement au-dessus de nous, la pression est très forte.
Lorsque je suis allé visiter un lycée à Pékin, la première question que m’ont posée les élèves c’était : est-ce qu’il y a autant de pression en France dans le lycée ? Première question !… Je ne cherche pas à fuir votre interrogation. Ce que je dis, c’est que ces classements internationaux sont très utiles parce qu’ils nous permettent de voir comment progresser, comment certains pays ont réussi, mais je ne crois pas qu’il y ait, aujourd’hui, un pays qui soit le modèle à graver dans le marbre pour la France.

Les rythmes scolaires, la semaine de 4 jours
N. B. : Jean-Pierre Chevènement, vous pensez qu’il n’y a plus assez d’heures de cours en classe ?
J.-P. C. :
Au lycée, oui. Je pense qu’on a eu tort de diminuer l’enseignement de deux heures par semaine…
L. C. : On n’a pas diminué !
J.-P. C. : Je veux quand même attirer l’attention sur la performance globale du système. J’ai déjà parlé d’une baisse de niveau en Zep. Quelque 35 % des élèves issus de l’immigration n’atteignent pas le niveau 2, selon le classement OCDE. Au Canada il paraît que c’est 12 %. Il est vrai que ce n’est pas la même immigration, du point de vue des catégories sociales.
L. C. : Je suis votre raisonnement sur les élèves issus de l’immigration. Vous pensez qu’en rajoutant deux heures de français par semaine, pour ces élèves-là, vous allez obtenir de meilleurs résultats ? C’est une illusion ! Ces élèves ont besoin, à un moment, d’un enseignement différencié où on va leur apporter un soutien scolaire, leur expliquer comment fonctionne l’école, où on va leur apprendre à apprendre, leur apprendre à travailler chez eux sans soutien… c’est comme ça qu’on les fera réussir ! En leur apportant du sur-mesure !
J.-P. C. : Oui, mais enfin, ils ne sont pas si différents que cela des autres. Comme pour tout le monde, le fait de travailler un petit peu plus produit quand même des résultats. Prenons les enseignements scientifiques, c’est très difficile, l’élève avance en terrain inconnu, il doit se familiariser avec des équations, des raisonnements… Vous voulez lui « apprendre à apprendre » ? Vieille antienne ! Encore faut-il qu’il apprenne quelque chose et pour cela il faut du temps!
L. C. : Je n’ai pas envie qu’on ressemble à la Corée !
J.-P. C. : Certes ! Mais en même temps, ces pays sont là, ils existent, ils sont dans le paysage. Donc est-ce bien le moment pour nous de diminuer l’exigence scolaire ? Je pense au décret du 15 mai 2008, pris par Xavier Darcos, instaurant la semaine de 4 jours. Je sais bien que Xavier Darcos a pris ce décret parce que le président de la République s’était exprimé dans ce sens, en disant que désormais les enfants pourraient partir en week-end avec leurs parents. Et ça, c’est forcément très négatif pour l’école parce qu’on n’apprend pas à travailler mieux en travaillant moins. Donc, là, ça a été une mesure inconséquente et très grave. Je sais que M. Chatel a pris un décret peu de temps après…
L. C. : Une circulaire de rentrée rappelant que la liberté est laissée aux conseils d’école, donc aux communes et aux établissements scolaires.
J.-P. C. : Et qui précise effectivement qu’ « on encouragera la semaine de 9 demi-journées chaque fois qu’elle rencontrera l’adhésion », si je me souviens bien du texte de votre circulaire.
L. C. : Absolument.
J.-P. C. : Mais chacun comprend bien que les enseignants eux-mêmes n’ont pas tellement envie de revenir en arrière… Donc « l’adhésion » que le ministère prétend encourager ne sera pas au rendez-vous !

La bataille des programmes
N. B. : Les programmes et leur contenu font fréquemment l’objet de désaccords. Quelle est votre position ?
J.-P. C. :
Je constate, et Luc Chatel ne le contredira pas, que le volume horaire accordé à l’enseignement du français a beaucoup diminué au fil du temps. Les langues anciennes ont presque disparu du paysage. Or, quand vous faisiez du latin et du grec, vous appreniez le français d’une manière indirecte.
L. C. : Je parle sous le contrôle d’un ancien ministre qui a occupé de nombreuses fonctions gouvernementales : gouverner c’est choisir, et choisir c’est renoncer. Le français est prioritaire, certes ! Mais les lycéens, en France, sont les seuls à faire plus de 35 heures ! Ils font 28 heures en moyenne de cours, plus les heures de travail personnel.
Attention à la quantité pour la quantité ! Ils font peut-être 4 heures de français, mais ils font aussi de l’histoire… allez dire aux profs d’histoire que leur matière n’est pas prioritaire… Ils apprennent des langues vivantes, moi je considère que l’anglais c’est hyper stratégique aujourd’hui. Ils font des sciences, c’est indispensable, on manque de scientifiques…Voilà, il y a un moment où on ne peut plus rajouter des heures aux heures…
[…] Si je réunissais les doyens des groupes disciplinaires de l’Inspection générale, chacun m’expliquerait que sa discipline est la plus importante et qu’il faut doubler le nombre d’heures !

N. B. : Jean-Pierre, imaginons que vous soyez chargé de faire le programme idéal. Quelles sont les disciplines que vous supprimez, et celles sur lesquelles vous remettez l’accent ?
J.-P. C. :
Celles sur lesquelles je mets l’accent massif, c’est le français, bien entendu. Le français, encore le français. C’est, deuxièmement, les mathématiques. Pierre Tapie, le président d’une grande école parisienne, l’ESSEC, a dit qu’il s’alarmait de la baisse du niveau en maths. Ses étudiants font des études de management, ça entrave leur apprentissage ! Donc… Français, maths, et anglais. Physique, chimie, bien sûr…
L. C. : En voilà des priorités… à ce compte-là il y a priorité à tout ! C’est le programme d’aujourd’hui. N’oubliez pas l’histoire… C’est fondamental, l’histoire !
J.-P. C. : Autant pour moi! C’est la matière que j’aime le plus ! Elle va avec la géographie.

N. B. : A l’inverse : Jean-Pierre Chevènement, quelles sont les matières que vous jugez optionnelles ?
J.-P. C. : En dehors des matières obligatoires, il faudrait multiplier les options facultatives. L’économie, par exemple, qui est très loin d’être une science exacte. J’utiliserais aussi le numérique… puisque les élèves aiment bien se mettre devant un ordinateur, je les encouragerais à travailler en dehors du temps scolaire.

La carte scolaire
N. B. : Que pensez-vous de la carte scolaire et de l’assouplissement offert, en ce qui concerne le choix par un élève de son établissement ?
J.-P. C. : Je crois que les mesures dites d’assouplissement qui ont été prises sur la carte scolaire vont dans le sens d’une plus grande ségrégation et empêchent la mixité scolaire. Des observations ont été faites dans l’académie de Marseille. On voit que dans les quartiers de Marseille-Nord, les éléments les moins défavorisés vont vers les collèges et les lycées de centre-ville. Il faut revenir sur ces mesures d’assouplissement – quitte à revoir le découpage – pour favoriser une certaine mixité sociale.
L. C. : Je pense que la pire des ségrégations, c’était le système qui favorisait les délits d’initiés : celui qui était issu d’une famille qui connaissait le système éducatif, et pouvait se procurer une adresse à proximité d’un établissement réputé, échappait au collège de l’éducation prioritaire. Ça, c’est le pire des systèmes. Nous l’avons assoupli. La vérité c’est qu’à terme il faudrait supprimer la carte scolaire, le jour où il y aura un système – mais on va être en désaccord total – totalement autonome; chaque établissement a un projet qu’il présente aux parents, et les parents décident librement de l’établissement de leur enfant sur la base d’un échange avec la communauté éducative, avec les profs, avec le chef d’établissement. Pour moi, c’est le monde idéal de l’éducation…
J.-P. C. : C’est un idéal profondément libéral.
L. C. : Oui. Mais dans libéral il y a le mot liberté, la première devise de notre République, et je suis attaché à la liberté de choix des parents.
J.-P. C. : Très bien. Moi, je ne suis pas libéral. Je suis pour l’institution de l’école publique, avec des règles de service public. Je reste fidèle à Jaurès : « Aller à l’idéal, mais comprendre le réel »… Et je pense que la ségrégation résulte souvent de la mauvaise délimitation des secteurs. Il est évident que quand vous avez d’un côté des quartiers très défavorisés qui font partie du même secteur, et de l’autre des secteurs d’habitat privilégié, vous n’avez aucune mixité. L’égalité aussi est un idéal.

Les syndicats d’enseignants
L.C : Je fais un rêve, c’est que ces syndicats soient capables de travailler en prospective sur l’évolution du système éducatif avec le ministère, en dehors des postures, sans dire à tout propos : « effectifs, effectifs… ».
J.-P. C. : Permettez-moi de vous poser la question : quel projet leur apportez-vous ? Vous leur parlez d’autonomie des établissements, vous supprimez des postes… ça ne donne pas forcément le moral aux enseignants. Ils ont le sentiment d’un certain gâchis. L’école a besoin d’être tout entière portée par un projet conquérant. Aujourd’hui, excusez-moi, ce n’est pas le cas… Oh, je ne dis pas que vous ne vous débrouillez pas bien pour passer à travers les gouttes…
L. C. : (Il éclate de rire.) Ce n’est pas un objectif en soi, de passer à travers les gouttes !…
J.-P. C. : Non, mais vous y arrivez. Ce n’est pas si facile. C’est ce que tout gouvernement demande à son ministre de l’Education nationale. Mais où sont les grands objectifs que le gouvernement pourrait donner à l’Education au niveau de l’élévation des niveaux de formation et de qualification, de la remédiation à l’échec scolaire dès l’école primaire ? Il n’y a pas de discours mobilisateur, assorti des moyens nécessaires, voilà tout !


« Le monde qu’on leur prépare - École, Économie, Etat », Luc Chatel et Jean-Pierre Chevènement, Entretiens croisés dirigés par Nicolas Beytout, Plon, 240 pages, 19 €.

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Source : EducPros.


par Chevenement.fr, le 01 September 2011, 15:28

André Baup

Europe : le fédéralisme, un plan B illusoire

Marie-Françoise Bechtel - Tribune | Jeudi 1 Septembre 2011 à 12:01 | Lu 705 fois


Face à la crise de l'euro, certains en appellent au «fédéralisme budgétaire». Mais à quoi exactement cela fait-il référence ?,[...]

le 01 September 2011, 12:08

August 31, 2011

Rachid Adda

Article de Philippe Cohen dans Marianne (31/08/11) : Chevènement et Montebourg veulent affronter la crise

Chevènement et Montebourg veulent affronter la crise

 

Philippe Cohen - Marianne | Mercredi 31 Août 2011

 

Au cours d'un mini-colloque organisé à l'Assemblée nationale devant 300 personnes, le candidat des primaires et le Président d'Honneur du MRC ont montré leur différence en centrant leur propos sur la gravité de la situation et la nécessité de se préparer à l'accélération de la crise des dettes européennes, manifestation de l'échec de la mondialisation néolibérale.

 

Le pire n'est pas toujours sûr et la politique ne se résume pas forcément, en ce début de campagne électorale, à une course de chevaux médiatiques. Le week-end dernier à Grenoble, Jean-Luc Mélenchon nous a offert son meilleur discours de campagne, à mille lieux des mièvreries et des mesquineries de La Rochelle. Mardi soir à l'Assemblée nationale, deux hommes politiques ont décidé, à la différence de la plupart des opposants au régime, de ne pas éviter la crise, et même d'en parler. Ils font bien tant elle va continuer d'obséder les Français et tant leurs concurrents, de François Hollande à Jean-Louis Borloo, semblent bien décidés à l'évoquer le moins possible.

La crise donc, il en a beaucoup été question lors de ce colloque-confrontation entre Arnaud Montebourg, candidat des primaires socialistes, et Jean-Pierre Chevènement qui a annoncé, avant l'été, son éventuelle candidature à l'élection présidentielle de 2012 dans l'idée, avoue-t-il à ses proches, de « peser dans le débat ».

En vedettes américaines, Jean-Michel Quatrepoint, auteur d'un tout prochain « Mourir pour le Yuan » (1) et Jacques Sapir, auteur de « La démondialisation » (2) ont l'un et l'autre montré et démontré l'impasse des politiques économiques menées en Europe.

Jean-Michel Quatrepoint a montré que la Chine et l'Allemagne, confrontées toutes deux à un sombre avenir démographique et donc à des perspectives de vieillissement dans les années 2030-2050, mènent des politiques mercantilistes. Le couple franco-allemand doit donc évaluer aujourd'hui ses capacités à vivre ensemble.

Jacques Sapir de son coté  a été encore plus précis dans ses prédictions, annonçant une accélération de la crise des dettes européennes amenant à une crise terminale de l'euro d'ici à mars 2012.  L'économiste a déroulé quelques scénarios, la sortie de l'Allemagne de la zone euro, la petite Union avec un euro réunissant la France et l'Allemagne et quelques pays, et le chacun pour soi, la dernière solution lui paraissant la moins périlleuse et la plus probable. Au passage Sapir a annoncé aussi la fin de l'OMC : lors de sa dernière réunion, l'APEC n'a même pas évoqué cette institution pourtant toujours présentée comme une clef de la mondialisation et des échanges.

 

Face à ces sombres perspectives, Olivier Ferrand, du think tank socialiste Terra Nova, dont on attend avec impatience ne prochain opus (Qu'est-ce qu'être de gauche ?) s'est efforcé de s'opposer à une politique de protectionnisme européen tout en recommandant … un protectionnisme réglementaire par exemple vis à vis des panneaux voltaïques chinois dont le bilan carbone est négatif.

Il a proposé une politique « d'attractionnisme » en prenant l'exemple de l'Angleterre des années 1990 qui a imposé aux groupes automobiles japonais désireux de vendre dans le pays d'y fabriquer une partie de leur production. Il a stigmatisé le système français responsable selon lui, bien plus que l'euro, de la désindustrialisation, lui opposant les politiques vertueuses des pays de l'Europe du Nord, qui, eux, ont investi dans la recherche et l'innovation.

 

Arnaud Montebourg n'a pas hésité à attaquer frontalement Olivier Ferrand avec lequel il avait pourtant élaboré le projet de primaire socialiste. « Alain Minc est plus à gauche qu'Olivier Ferrand », a-t-il lancé en racontant comment, au cours d'un débat récent, le Président d'AMC Conseil avait reconnu que nous avons été naïf sur l'entrée de la Chine dans l'OMC, tout en se prononçant pour des manipulations monétaires et le contrôle des investissements étrangers.

Auparavant, le député de Saône et Loire a développé l'idée que la mondialisation n'est pas un fait mais une oeuvre, dans laquelle les Français, et notamment Pascal Lamy ont joué un rôle : « Comment reconstruire nos économies ? D'abord par une stratégie d'augmentation de la valeur travail, c'est-à-dire une meilleure répartition des richesses. La question est bien : comment augmenter les salaires. Le protectionnisme est fait pour ça. Il faut contraindre les multinationales à relocaliser vers les pays de bonne (et non de basse) pression salariale ».

Il a pris l'exemple du Brésil, où après la décision du pays de taxer les importations d'ordinateurs, Apple a décidé de relocaliser sa production dans le pays.«  Le juste échange c'est le monde des bisounours, c'est Nicolas et Paimprenelle » s'est-il marré. Avant de conclure : il y a un problème de charpentier dans la construction de l'euro, qui a été conçu sans tenir compte des divergences de politique économique.

Avant de se faire prophète du malheur : « Budget, monnaie, frontières, on ne peut toucher à rien. A un moment donné cela débouchera sur des gouvernements populistes nationalistes. Je ne fais pas partie de ceux qui connaissent le résultat de la prochaine élection présidentielle, a-t-il tonné, donnant l'impression de craindre que les soubresauts de la crise ne viennent fracasser la compétition présidentielle et provoque une embellie nationale-populiste en France.

 

«Votez Jean-Pierre Montebourg»

 

« Nous avons quand même le sentiment que nous sommes dans une terrible impasse. »  Revenant aux origines de l'Europe il a rappelé la lutte entre l'Europe des marchés de Jean Monnet et l'Europe des nations du général de Gaulle, laissant entendre que le premier avait finalement emporté la partie, nous conduisant à une monnaie unique qui a spéculé à la fois sur la disparition des nations et les convergences des politiques économiques. C'est le contraire qui s'est passé. Amateur de chiffres pour frapper les esprits, le sénateur a rappelé : « Le budget européen c'est 1% du PIB. Le prélèvement national pour l'impôt et la protection sociale atteind 40% La solidarité européenne ne représente donc que 2,5% de la solidarité nationale. »

Pourquoi cette erreur de l'euro ?«  L'euro est une monnaie politique. L'idée était d'obliger au grand saut fédéral. Mais c'est très difficile de sauter à une hauteur de 100 quand on est à 2,5. L'Allemagne tient le tiroir-caisse. Les Allemands ne veulent pas payer pour les autres.  »

« Je ne crois pas à l'eurobond », a-t-il ajouté en se distinguant ainsi de Montebourg : « la mauvaise monnaie chasse la bonne. Le total de la dette européenne c'est 10 000 milliards, 85% du PIB de l'Europe. Le fonds européen de stabilité financière est très en dessous de ce qu'il faudrait si l'Espagne venait à être attaquée ». Jean-Pierre Chevènement a ensuite raconté une anecdote : après avoir écrit au président de la république pour lui suggérer de développer les achats d'obligations des pays endettés par la BCE, il a eu la surprise de recevoir un coup de fil du Président. Lequel lui a dit : « c'est ce que nous allons faire mais je ne peux pas le dire car ça va gêner Madame Merkel ». Jean-Pierre Chevènement s'en est pris à la règle d'or - « en réalité une règle d'airain et elle nous mène au gouffre ». Il s'est emporté contre ce « fédéralisme coercitif  » qui est en train d'amener la Grèce à une récession de 5% « ce qui ne la conduit nulle part. »

Chevènement a rebondi sur la proposition de Jean-Michel Quatrepoint de mettre sur la table les divergences entre la France et l'Allemagne : « Est ce que nous voulons sortir de l'histoire comme l'Allemagne veut le faire ? Financer la retraite de ceux qui ne travaillent plus n'est pas un projet qui tient la route. »

Reprenant la parole, Arnaud Montebourg a ajouté que«  la crise a quand même quelques avantages : mettre au rancart une série de préjugés qui sont enseignés depuis trente en ans en économie, dans le droite et en politique. Est ce que nous allons continuer à bricoler, rustiner pour perpétuer un lordre ancien ? ».  Il a brocardé des candidats qui s'y accrochent : « il y a une gauche d'avant la crise ! » Avant de conclure : le 9 octobre au premier tour et le 16 octobre, votez Jean-Pierre Montebourg. Jean-Pierre Chevènement a répondu par une boutade :  ce serait un cas d'annulation, car « Jean-Pierre Montebourg n'existe pas. »

Mais la salle, assez nombreuse pour un 30 août, avait compris la communion entre deux hommes, qui entendent désormais inscrire leur bataille politique dans le combat pour une sortie du système néolibéral.

 

(1) Bourrin, à paraître le 8 septembre.

(2) Le Seuil.

Après un court hommage à « Arnaud », qui « trace les chemins de l'avenir », comme s'il souhaitait en faire un héritier de son oeuvre politique, Jean-Pierre Chevènement a, lui aussi tutoyé la gravité de la situation :

le 31 August 2011, 13:06

Entretien Aphatie / Chevènement sur RTL, mercredi 31 août 2011.

On veut nous imposer une "règle d'airain" qui nous conduit tout droit vers le gouffre qu'on prétend éviter  (Jean-Pierre Chevènement )
  

  

 

Jean Michel Aphatie : Bonjour, Jean-Pierre Chevènement.

Jean-Pierre Chevènement : Bonjour, Jean Michel Apathie

 

Votre lointain successeur Luc Chatel annonce, ce matin dans "Le Parisien", qu'il a décidé de réintroduire la morale dans l'école primaire ; et le maître, dit il, va consacrer le plus régulièrement possible, quelques minutes à un petit débat philosophique, à un échange sur le vrai, le faux, le respect des règles, le courage, la franchise, le droit à l'intimité. Sans doute, la liste n'est elle pas close. Soutenez-vous, l'initiative de Luc Chatel, Jean-Pierre Chevènement ?

S'il s'agit d'une morale républicaine, oui. C'est-à-dire qu'il faut déduire la morale du civisme. Il est évident qu'il ne faut pas aller vers le conditionnement des esprits. Ce n'est pas le rôle de l'Education nationale.

 

Mais en gros, vous soutenez Luc Chatel, c'est une bonne idée ?

Je pense, étant donné l'évolution de la société, du rôle des familles qui, malheureusement, s'effacent, il est bon que l'école, qui est quand même la grande institution dans laquelle se retrouve tous les Français, la dernière, joue également ce rôle.

 

Donc un bon point pour Luc Chatel. Je signale au passage à nos auditeurs, que vous venez d'avoir un dialogue avec Luc Chatel que les éditions Plon ont publié sous la direction de Nicolas Beytout.

Je le suggère à Luc Chatel dans ce livre...

 

... Le retour de la morale ?

Oui.

 

Donc, c'est vous alors ?

Non, non, je ne le prétends pas. Il ne m'écoute pas en tout, malheureusement.

 

Mais là, il vous a sans doute un peu écouté. Un autre débat dans cette rentrée, des manuels des classes de Première en Sciences et vie de la terre, expose aux lycéens, la théorie du "genre sexuel", selon laquelle, je cite, un de ces manuels et je résume sans doute la pensée : "Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle mais ce n'est pas pour autant que nous pouvons pour autant nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Ceci relevant surtout de la construction culturelle ou de la construction sociale". Et alors des députés de droite, disent "c'est scandaleux, c'est de l'idéologie, ce ne sont pas des faits scientifiques. Il faut retirer ceci des manuels, interdire ces manuels". Les soutenez-vous ?

Je n'ai pas lu ce manuel. Il me parait absolument évident que le sexe ne résulte pas seulement d'une construction culturelle. Mais on peut très bien expliquer aussi que il y a des rôles que l'on attribue aux hommes ou aux femmes, et qu'après tout on peut dépasser cela. On l'a vu d'ailleurs dans le domaine du travail.

 

Donc vous retireriez ou pas cet enseignement ?

Je juge sur pièce.

 

Vous êtes un peu prudent !

Non, je juge sur pièce. Ça mérite d'être examiné.

 

Allez, c'est un débat compliqué, je vous l'accorde. Nouvelle économique d'hier soir : le déficit budgétaire prévu en 2011, sera plus important, à cause notamment d'une mauvaise rentrée sur les sociétés. Ce qui traduit un ralentissement de l'activité en France. Bercy prévoit qu'au lieu de 91 milliards de déficit, en 2011, il y en aura 95. Ce qui est évidemment pas une bonne nouvelle. Ça laisse un autre choix qu'une politique de rigueur, Jean-Pierre Chevènement, quand les déficits ne sont plus maîtrisables, qu'ils sont à ce niveau : 95 milliards d'euros de déficit cette année ?

Mais je vous fais observer que cet accroissement du déficit résulte d'une moindre croissance. C'est à dire qu'il y a moins de rentrée fiscale et la question qui se pose est la suivante : est ce que c'est en réduisant encore les dépenses, dans les domaines d'ailleurs, publics ou privés qu'on va retrouver un trend de croissance, une tendance générale à la croissance positive. Moi, je pense qu'on ne peut réduire la dette que si...

 

... On augmente le déficit, c'est ça ?...

Non !... Que s'il y a une croissance, et je pense qu'aujourd'hui en Europe, on est en train de se laisser enfermer dans un cercle vicieux : rigueur, récession, moins values fiscales, déficit, endettement...

 

A ce cercle vicieux, vous opposez un autre cercle vicieux. C'est-à-dire que pour faire de la croissance, il faut faire de la dépense publique, et si on fait de la dépense publique, on fait du déficit...

Non, non, je pense qu'on peut faire autrement. Par exemple, j'ai écrit au Président de la République, au début du mois d'août, pour lui dire qu'il fallait que la Banque centrale européenne rachète des titres de la dette publique espagnols et italiens.

 

Ce qui ne règle pas le problème...

La crise de l'euro est là, elle nous pend au bout du nez. C'est dramatique, et c'est au nom de la crise de l'euro qu'on veut nous imposer une soit disant "règle d'or" que j'appelle moi, "règle d'airain", et qui nous conduit tout droit vers le gouffre qu'on prétend éviter. Je pense que la monétisation d'une partie de la dette que réalisent les Etats-Unis, le Federal Reserve Board américain, la Banque Centrale américaine a pris en pension 1500 milliards de dollars de bons du trésor. De ce côté-ci de l'Atlantique, on a acheté 60 milliards d'euros l'an dernier, 50 au mois d'août. Sa fait 110. C'est très peu. C'est moins d'un dixième.

 

Donc, je pense que il faut se donner une souplesse, une mobilité et une légère inflation contribuerait aussi à rendre plus facile, en même temps que la croissance, le problème de la résorption de la dette. Bien évidemment, il faudra résorber la dette.

 

On n'y échappera pas !

Mais vous savez, les Américains avaient une dette en 1950 de 350% de leur PIB. Ils l'ont résorbée. Comment ? Par la croissance.

 

Et bien très bien, faisons comme les américains dans les années 50. Compte tenu de ce contexte économique, c'est sérieux quand la gauche dit : "Tiens, si on gagne l'élection présidentielle, on reviendra à la retraite à 60 ans". C'est sérieux de dire ça, Jean-Pierre Chevènement ?

Moi, je ne raisonne pas comme ça. Je pense que la retraite doit dépendre du nombre des annuités de cotisations.

 

Donc ne vous ne croyez pas à la retraite à 60 ans, au retour à la retraite à 60 ans, vous n'y croyez pas ?

Je pense que c'est une bonne réforme pour les ouvriers, pour les gens qui travaillaient de leurs mains, qui avaient des métiers pénibles.

 

Vous croyez au retour à la retraite à 60 ans ?

Je pense que le problème ne doit pas être posé uniquement à travers l'âge. C'est la durée de cotisations qui compte.

 

On précisera tout ça... Martine Aubry a dit hier soir, à propos de Dominique Strauss Kahn : "Je pense la même chose que beaucoup de femmes sur l'attitude de DSK vis-à-vis des femmes". Peut-être des hommes pensent-ils comme les femmes ? Et vous, vous en pensez quoi, personnellement de DSK .

Écoutez, je n'ai pas l'expérience de Martine Aubry pour parler de ces choses là. Je pense, je me suis exprimé clairement. J'ai défendu la présomption d'innocence. Maintenant, il faut que Dominique Strauss-Kahn s'explique un jour, et qu'il le fasse publiquement.

 

Pour dire quoi ?

Pour dire ce qui s'est passé.

 

Il doit le faire ?

Je pense qu'il faudra qu'il le fasse. Mais moi, je ne veux pas lui mettre le couteau sous la gorge. Je pense qu'il a le droit de souffler, de se reconstruire un peu. Enfin, il prendra la parole quand il le jugera utile.

 

François Hollande est le favori des primaires au sein du parti socialiste. Il ferait un bon Président de la République, François Hollande, Jean-Pierre Chevènement ?

Favori, en fonction des sondages publiés.

 

De l'air du temps ?

On ne sait pas très bien qui votera dans ces primaires. C'est très aléatoire.

 

Vous vous échappez de ma question.

Non, pas du tout. J'ai de la sympathie pour François Hollande. C'est un homme très fin, astucieux. Et je pense qu'il serait un bon président en période normale. Simplement, la période n'est pas normale. Nous allons vers des secousses énormes.

  

Alors qui ferait un bon président, en période anormale d'après vous ?

Écoutez, il faut vraiment une vision d'homme d'Etat. Il faut savoir que les atouts de la France ne sont pas immenses.

 

Vous pensez à quelqu'un ?

Ils existent, il faut les jouer avec beaucoup de méthode, beaucoup de sang froid. Je pense que nos rapports avec l'Allemagne, sont tout à fait décisifs. Il faut obtenir de l'Allemagne qu'elle assouplisse sa position sur les questions monétaires. Notamment sur l'architecture de la monnaie unique, le rôle de la banque centrale est essentiel.

 

Vous pensez à quelqu'un pour un Président en situation anormale ? Vous avez un profil en tête ?

Ça se fabrique, ce sont des qualités qui s'acquièrent..

 

Et puis on a huit mois pour le fabriquer, Jean-Pierre Chevènement.

Je pense que la campagne est longue. J'aurais l'occasion de m'exprimer d'ici la fin de l'automne, vous en saurez plus à ce moment-là.

le 31 August 2011, 10:54

Jean-Pierre Chevènement

On veut nous imposer une "règle d'airain" qui nous conduit tout droit vers le gouffre qu'on prétend éviter

Jean-Pierre Chevènement était l'invité de Jean-Michel Aphatie sur RTL, mercredi 31 août 2011.

Jean Michel Aphatie : Bonjour, Jean-Pierre Chevènement.
Jean-Pierre Chevènement
: Bonjour, Jean Michel Apathie

Votre lointain successeur Luc Chatel annonce, ce matin dans "Le Parisien", qu'il a décidé de réintroduire la morale dans l'école primaire ; et le maître, dit il, va consacrer le plus régulièrement possible, quelques minutes à un petit débat philosophique, à un échange sur le vrai, le faux, le respect des règles, le courage, la franchise, le droit à l'intimité. Sans doute, la liste n'est elle pas close. Soutenez-vous, l'initiative de Luc Chatel, Jean-Pierre Chevènement ?
S'il s'agit d'une morale républicaine, oui. C'est-à-dire qu'il faut déduire la morale du civisme. Il est évident qu'il ne faut pas aller vers le conditionnement des esprits. Ce n'est pas le rôle de l'Education nationale.

Mais en gros, vous soutenez Luc Chatel, c'est une bonne idée ?
Je pense, étant donné l'évolution de la société, du rôle des familles qui, malheureusement, s'effacent, il est bon que l'école, qui est quand même la grande institution dans laquelle se retrouve tous les Français, la dernière, joue également ce rôle.

Donc un bon point pour Luc Chatel. Je signale au passage à nos auditeurs, que vous venez d'avoir un dialogue avec Luc Chatel que les éditions Plon ont publié sous la direction de Nicolas Beytout.
Je le suggère à Luc Chatel dans ce livre...

... Le retour de la morale ?
Oui.

Donc, c'est vous alors ?
Non, non, je ne le prétends pas. Il ne m'écoute pas en tout, malheureusement.

Mais là, il vous a sans doute un peu écouté. Un autre débat dans cette rentrée, des manuels des classes de Première en Sciences et vie de la terre, expose aux lycéens, la théorie du "genre sexuel", selon laquelle, je cite, un de ces manuels et je résume sans doute la pensée : "Le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle mais ce n'est pas pour autant que nous pouvons pour autant nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Ceci relevant surtout de la construction culturelle ou de la construction sociale". Et alors des députés de droite, disent "c'est scandaleux, c'est de l'idéologie, ce ne sont pas des faits scientifiques. Il faut retirer ceci des manuels, interdire ces manuels". Les soutenez-vous ?
Je n'ai pas lu ce manuel. Il me parait absolument évident que le sexe ne résulte pas seulement d'une construction culturelle. Mais on peut très bien expliquer aussi que il y a des rôles que l'on attribue aux hommes ou aux femmes, et qu'après tout on peut dépasser cela. On l'a vu d'ailleurs dans le domaine du travail.

Donc vous retireriez ou pas cet enseignement ?
Je juge sur pièce.

Vous êtes un peu prudent !
Non, je juge sur pièce. Ça mérite d'être examiné.

Allez, c'est un débat compliqué, je vous l'accorde. Nouvelle économique d'hier soir : le déficit budgétaire prévu en 2011, sera plus important, à cause notamment d'une mauvaise rentrée sur les sociétés. Ce qui traduit un ralentissement de l'activité en France. Bercy prévoit qu'au lieu de 91 milliards de déficit, en 2011, il y en aura 95. Ce qui est évidemment pas une bonne nouvelle. Ça laisse un autre choix qu'une politique de rigueur, Jean-Pierre Chevènement, quand les déficits ne sont plus maîtrisables, qu'ils sont à ce niveau : 95 milliards d'euros de déficit cette année ?
Mais je vous fais observer que cet accroissement du déficit résulte d'une moindre croissance. C'est à dire qu'il y a moins de rentrée fiscale et la question qui se pose est la suivante : est ce que c'est en réduisant encore les dépenses, dans les domaines d'ailleurs, publics ou privés qu'on va retrouver un trend de croissance, une tendance générale à la croissance positive. Moi, je pense qu'on ne peut réduire la dette que si...

... On augmente le déficit, c'est ça ?...
Non !... Que s'il y a une croissance, et je pense qu'aujourd'hui en Europe, on est en train de se laisser enfermer dans un cercle vicieux : rigueur, récession, moins values fiscales, déficit, endettement...

A ce cercle vicieux, vous opposez un autre cercle vicieux. C'est-à-dire que pour faire de la croissance, il faut faire de la dépense publique, et si on fait de la dépense publique, on fait du déficit...
Non, non, je pense qu'on peut faire autrement. Par exemple, j'ai écrit au Président de la République, au début du mois d'août, pour lui dire qu'il fallait que la Banque centrale européenne rachète des titres de la dette publique espagnols et italiens.

Ce qui ne règle pas le problème...
La crise de l'euro est là, elle nous pend au bout du nez. C'est dramatique, et c'est au nom de la crise de l'euro qu'on veut nous imposer une soit disant "règle d'or" que j'appelle moi, "règle d'airain", et qui nous conduit tout droit vers le gouffre qu'on prétend éviter. Je pense que la monétisation d'une partie de la dette que réalisent les Etats-Unis, le Federal Reserve Board américain, la Banque Centrale américaine a pris en pension 1500 milliards de dollars de bons du trésor. De ce côté-ci de l'Atlantique, on a acheté 60 milliards d'euros l'an dernier, 50 au mois d'août. Sa fait 110. C'est très peu. C'est moins d'un dixième.

Donc, je pense que il faut se donner une souplesse, une mobilité et une légère inflation contribuerait aussi à rendre plus facile, en même temps que la croissance, le problème de la résorption de la dette. Bien évidemment, il faudra résorber la dette.

On n'y échappera pas !
Mais vous savez, les Américains avaient une dette en 1950 de 350% de leur PIB. Ils l'ont résorbée. Comment ? Par la croissance.

Et bien très bien, faisons comme les américains dans les années 50. Compte tenu de ce contexte économique, c'est sérieux quand la gauche dit : "Tiens, si on gagne l'élection présidentielle, on reviendra à la retraite à 60 ans". C'est sérieux de dire ça, Jean-Pierre Chevènement ?
Moi, je ne raisonne pas comme ça. Je pense que la retraite doit dépendre du nombre des annuités de cotisations.

Donc ne vous ne croyez pas à la retraite à 60 ans, au retour à la retraite à 60 ans, vous n'y croyez pas ?
Je pense que c'est une bonne réforme pour les ouvriers, pour les gens qui travaillaient de leurs mains, qui avaient des métiers pénibles.

Vous croyez au retour à la retraite à 60 ans ?
Je pense que le problème ne doit pas être posé uniquement à travers l'âge. C'est la durée de cotisations qui compte.

On précisera tout ça... Martine Aubry a dit hier soir, à propos de Dominique Strauss Kahn : "Je pense la même chose que beaucoup de femmes sur l'attitude de DSK vis-à-vis des femmes". Peut-être des hommes pensent-ils comme les femmes ? Et vous, vous en pensez quoi, personnellement de DSK .
Écoutez, je n'ai pas l'expérience de Martine Aubry pour parler de ces choses là. Je pense, je me suis exprimé clairement. J'ai défendu la présomption d'innocence. Maintenant, il faut que Dominique Strauss-Kahn s'explique un jour, et qu'il le fasse publiquement.

Pour dire quoi ?
Pour dire ce qui s'est passé.

Il doit le faire ?
Je pense qu'il faudra qu'il le fasse. Mais moi, je ne veux pas lui mettre le couteau sous la gorge. Je pense qu'il a le droit de souffler, de se reconstruire un peu. Enfin, il prendra la parole quand il le jugera utile.

François Hollande est le favori des primaires au sein du parti socialiste. Il ferait un bon Président de la République, François Hollande, Jean-Pierre Chevènement ?
Favori, en fonction des sondages publiés.

De l'air du temps ?
On ne sait pas très bien qui votera dans ces primaires. C'est très aléatoire.

Vous vous échappez de ma question.
Non, pas du tout. J'ai de la sympathie pour François Hollande. C'est un homme très fin, astucieux. Et je pense qu'il serait un bon président en période normale. Simplement, la période n'est pas normale. Nous allons vers des secousses énormes.

Alors qui ferait un bon président, en période anormale d'après vous ?
Écoutez, il faut vraiment une vision d'homme d'Etat. Il faut savoir que les atouts de la France ne sont pas immenses.

Vous pensez à quelqu'un ?
Ils existent, il faut les jouer avec beaucoup de méthode, beaucoup de sang froid. Je pense que nos rapports avec l'Allemagne, sont tout à fait décisifs. Il faut obtenir de l'Allemagne qu'elle assouplisse sa position sur les questions monétaires. Notamment sur l'architecture de la monnaie unique, le rôle de la banque centrale est essentiel.

Vous pensez à quelqu'un pour un Président en situation anormale ? Vous avez un profil en tête ?
Ça se fabrique, ce sont des qualités qui s'acquièrent..

Et puis on a huit mois pour le fabriquer, Jean-Pierre Chevènement.
Je pense que la campagne est longue. J'aurais l'occasion de m'exprimer d'ici la fin de l'automne, vous en saurez plus à ce moment-là.

Source : RTL.fr

par Chevenement.fr, le 31 August 2011, 09:51

Rachid Adda

Le Parisien 95 (31/08/11) : Sarcelles attend le retour de DSK / La colère d'un élu de l'opposition

Sarcelles attend le retour de DSK

 

Dominique Strauss-Kahn s’apprête à rentrer en France. A Sarcelles, son ancien fief, on attend son retour. Au point, pour certains, de vouloir organiser une cérémonie en son honneur.

 

Marie Poussel | Publié le 31.08.2011

Alors que DSK vient d’officiellement dire adieu à ses anciens collègues du FMI à Washington, son retour à Sarcelles ne fait plus aucun doute. Reste à savoir quand et dans quelles conditions. L’annonce faite hier par Jean-Pierre Passecoutrin, conseiller municipal (PS) de Sarcelles chargé des sports, de l’organisation d’une « très grande fête » en évoquant « un concert ou une soirée » a déclenché une avalanche de réactions… et de critiques sur les forums Internet.

Parmi les proches de Strauss-Kahn, le mot d’ordre a aussitôt été donné pour démentir l’information et éteindre l’incendie. « On ne va pas faire un grand concert et inviter U2 quand même », s’amuse un de ses anciens collaborateurs. « Dominique n’a quand même pas gagné la Coupe du monde! » a souligné sur RTL François Pupponi, le député-maire (PS) de Sarcelles. « Rien n’est prévu ni organisé formellement pour l’instant. Il décidera lui seul de comment les choses vont se passer », ajoute-t-il. « Il est le seul maître de son emploi du temps », acquiesce Jacques Langlade, son ancien directeur de cabinet à la mairie de Sarcelles, resté très proche de l’ex-directeur du FMI.

Reste qu’à Sarcelles le désir de ses supporteurs de le revoir après cette épreuve semble réel. « L’impatience des Sarcellois est forte et il y a une très importante attente », confirme François Pupponi. « L’affection populaire n’a pas faibli, c’est une vraie surprise, constate Jacques Langlade. Dans toutes les communautés, aussi bien africaine que juive et musulmane… les gens lui sont restés fidèles, cela fait plaisir à voir. »

Eviter l’emballement médiatique

Figure de prou de cette mobilisation, le comité de soutien regroupe ses plus fervents partisans. Il a été créé dès le 23 mai à la salle André-Malraux, sans même attendre les premiers éléments de l’enquête, et les anciens collègues ou amis de DSK ont tout fait pour le défendre. Aujourd’hui, 3600 signataires issus de toute la France ont rejoint l’organisation.

« Les membres du comité seront évidemment très heureux de le revoir, rapporte Patrick Haddad, conseiller municipal et animateur de l’organisation. Nous sommes prêts à l’accueillir, mais ce sera plutôt une grande rencontre dans un esprit amical. L’heure est plus au soulagement qu’à la fête. »

Aucune date n’est pour l’instant officiellement fixée, pour éviter notamment un trop grand emballement médiatique. Lors de sa cérémonie d’adieu à la ville, avant son départ pour les Etats-Unis, en octobre 2007, Dominique Strauss-Kahn avait lancé dans son discours : « Je m’éloigne juste le temps de me faire désirer. Peut-être me reverrez-vous après… » Personne n’imaginait à l’époque les conditions de ce retour.

 

La colère d’un élu d’opposition

 

L.A. | Publié le 31.08.2011

 

L’annonce de l’organisation d’une « très grande fête » pour le retour de DSK à Sarcelles a fait immédiatement bondir Rachid Adda. « Comment même cette idée de fête officielle a-t-elle pu germer dans la tête de certains responsables locaux du PS? » s’interroge le conseiller municipal MRC de Sarcelles, qui n’hésite pas à parler de « cynisme ».

Son inquiétude semble bien précise : « Avec quel financement pensait-il organiser cette fête? » Mais dès hier midi, l’information a été démentie par François Pupponi, le député-maire de Sarcelles. « Nous sommes donc satisfaits que le maire ait su recadrer rapidement ces ouailles, dont les initiatives nuisent gravement à l’image de la ville et de ces habitants, commente Rachid Adda. Les Sarcellois en ont marre d’être pris en otages par des élus en quête de bons points auprès de leur mentor jusqu’à en oublier les règles les plus élémentaires de décence et les principes qu’ils se vantent de défendre. »


Le Parisien

www.leparisien.fr


leparisien31082011.jpg


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le 31 August 2011, 07:07

August 29, 2011

Rachid Adda

Est-ce cette vision de la Republique que le Parti Socialiste compte défendre face a Nicolas Sarkozy ?

Je suis tombé par hasard sur cette vidéo de la cérémonie pour la pause de la première pierre d'un lieu de culte à Sarcelles en 2008. Quelques personnes présentes ce jour, pourtant heureuse de cet événement important pour eux dans le cadre de leur foi, m'avaient retranscrit les propos du Maire de la ville et de son premier adjoint de l'époque tant ils avaient été choqués par leur contenu, leur virulence et leur contradiction flagrante avec certains principes élémentaires de notre République dont le futur Député se fera par la suite le défenseur sur les plateaux de télévision. Il ne s'agit pas de remettre en cause la construction de lieux de culte ni même les conditions à créer pour favoriser ces constructions ou le prêt de salles municipales si cela répond vraiment aux besoins des habitants d'une commune. Il ne s'agit pas non plus de montrer du doigt telle ou telle "communauté" puisque personne n'est assez stupide pour croire que ce type de discours n'est servi qu’à une seule communauté mais à toutes celles pour qui il existe un enjeu électoral. Je me souviens par exemple d'une subvention exceptionnelle de 150 000 euros votée dans l'urgence à quelques semaines du premier tour des municipales de Sarcelles pour l'association qui porte le projet de construction de la Mosquée de Sarcelles... Trois années après les musulmans de la commune attendent toujours que l'urgence se traduise dans les faits !!! A mon avis l’urgence c’était le premier tour de la municipale !!! Idem pour l’attribution de subventions substantielles aux associations assyro-chaldéennes qui ont d’ailleurs fait l’objet d’observations assez cinglantes de la chambre régionale des comptes dans son dernier rapport. Si je voulais être ironique, je dirais  que l'œcuménisme religieux en matière de distribution de subvention est total.

Il s'agit ici d'autre chose qui va au delà  d’une action politique classique que justifierait la sociologie ou l'histoire de la commune... notamment quand le Maire de la commune évoque de réserver pour une communauté des logements au sein de programmes immobiliers ou de favoriser une implantation communautaire dans tel ou tel quartier. En effet, même si on peut comprendre le point de vue des populations qui souhaitent se regrouper (cela a toujours existé) par affinités philosophiques ou religieuses, est-ce le rôle d'un élu républicain que de favoriser ce repli identitaire ?

Enfin le discours théorisant une pratique de contournement de la loi de 1905 et de l'attribution de baux emphytéotiques est purement surréaliste !!! Sans oublier la façon dont abordée la question des créneaux communautaires dans la piscine publique de la commune ou le parti pris communautaire sur la prise en charge de questions sociales aussi importantes pour une commune comme  Sarcelles que sont le Logement, la Jeunesse, les Loisirs : le combat pour les valeurs républicaines est toujours ramené à une dimension archaïque voire assimilé à un acte de rejet de l’autre. On assiste comme dans un film de David Lynch à un renversement des valeurs et un retournement du sens des mots.

Et puis il y  toujours cette façon de jeter en pâture les élus qui eux ne souhaitent pas tirer la ficelle du communautarisme pour se faire des voix à bon compte. Les republicains s'opposant à cette vision communautariste seraient antisémites ou racistes alors qu'ils souhaitent juste ne pas renoncer à leur idéal républicain et frémissent toujours à l'idée qu'un Député porte un regard ethnique sur ses administrés, quand il évoque les communautés et les responsables des communautés, au lieu de les considérer avec le regard républicain intégrateur qui les traite d'égal à égal lorsque l'on s'adresse à eux.

Est-ce cette vision de la République que compte défendre notre Député-maire auprès de la candidate qu'il soutient à la primaire socialiste ? Est-ce le point de vue que défendra Martine Aubry lors de la Primaire socialiste puis le cas échéant lors des Présidentielles de 2012. C’est une question que je pose humblement directement à Martine Aubry et son entourage à travers ce billet. Je sais que certains d'entre eux naviguent parfois sur ce blog pour voir ce qui peut se passer du coté de l'opposition de gauche républicaine à la gestion municipale de leur encombrant soutien. J'espère que l'entourage de la candidate clarifiera sa position sur le sujet car on ne peut pas avoir un discours à Solferino et laisser le Député-Maire socialiste  d'une ville aussi symbolique que Sarcelles, par ailleurs membre important de son équipe de campagne, développer un discours aux antipodes de la vision affirmée dans le projet socialiste et le mettre en œuvre sans que personne n'ose le recadrer. Car il n'y a pas une Laïcité pour les Français de souche et une autre pour ceux de branchages... j'utilise cette expression volontairement puisque Ségolène Royal, autre candidate à la Primaire, a cru bon dire lors d'un passage à Sarcelles qu'elle partageait sur certains sujets les positions de son hôte d'un jour.

Rachid Adda

 

 

 

le 29 August 2011, 22:22

Jean-Pierre Chevènement sur Europe 1 (29/08/11) : "des primaires socialistes funambulesques !"



Le verbatim express :

- A propos de l'Université d'été de La Rochelle: Aucun des candidats n'a abordé la question centrale qui pèse comme une épée de Damoclès : l'euro.

- J'ai écrit au président de la République Nicolas Sarkozy pour lui demander d'encourager la BCE à acheter des obligations des dettes italiennes et espagnoles.

- Mon seul objectif est de mettre la France à la hauteur des problèmes qu'elle va affronter.

- Je pense que l'euro est victime d'une erreur de conception. On a mis ensemble des pays des pays très différents, avec des mentalités et des repères culturels très différents. Avec ça, on ne fait pas une zone monétaire homogène.

- La solution la plus efficace, et je constate qu’aucun candidat socialiste, sauf peut-être Arnaud Montebourg, ne l’a proposée, c’est changer l’architecture de la zone euro. Tout cela a été fait lors de la négociation du traité de Maastricht, en 1989. On a l'orthodoxie absolue, une banque centrale indépendante avec une seule mission : lutter contre l'inflation. On ne s'occupe pas de la croissance, on ne s'occupe pas de l'emploi, ni de la politique de change.

- L’euro est une monnaie très surévaluée. Ça pèse sur l’activité économique. Ça favorise les délocalisations industrielles. Il faut changer la perspective. Tout cela, personne ne le dit clairement.

- A propos des candidats socialistes: A partir du moment où il y a plusieurs candidats, il est normal qu'ils s'envoient des petites piques. Mais, comme ils ont le même programme, on se demande à quoi sert l'exercice. C'est un peu funambulesque!

- Je ne dis pas que je ne trouve pas beaucoup de qualités, à François Hollande, à Martine Aubry, à Ségolène Royal. Je les connais tous personnellement. Ce sont des amis. Mais ils n'ont pas posé ce qui serait l'équation de la réussite.

- Je souhaite qu'une victoire de la gauche, probable et à laquelle j'entendrai contribuer en pesant dans la bonne direction, ne soit pas suivie d'une déception.

- Il faut élever le débat, mettre la France à la hauteur des défis et poser la question de l'euro comme elle ne l'a jamais été.

- Les candidats socialistes, malheureusement, se laissent réduire au débat qu'a voulu M. Sarkozy sur sa soit-disant « règle d'or », qui n'est en fait qu'une règle d'airain.

- Si il y avait quelque chose pour me dissuader de participer aux primaires, c’est le spectacle que cela peut donner aujourd’hui. Aucune chance de faire passer ses idées dans ce contexte-là

- Sur la question de la sécurité: j'avais créé une police de proximité dont l'idée était de faire travailler ensemble une police territorialisée et la population, les associations, les responsables d'établissements scolaires pour faire en sorte que tout le monde se mette à la tâche de la répression de la délinquance, qui est insupportable. Cette réforme a été étouffée par M. Sarkozy. C'est dommage.

Source : Europe1.fr

le 29 August 2011, 21:54

Jean-Pierre Chevènement

Chevènement déplore une primaire PS "funambulesque" où personne ne parle de l'euro

Dépêche AFP, lundi 29 août 2011, 15h49.

Chevènement déplore une primaire PS
Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC), a déploré lundi que les candidats socialistes à la présidentielle ne parlent pas de la "question centrale" de l'euro dans la crise, jugeant cette primaire "funambulesque".

Interrogé sur Europe1, le sénateur de Belfort a estimé qu'il ne s'était "pas passé grand chose" à La Rochelle lors de l'université d'été du PS. S'il est "normal" que les candidats "s'envoient des petites piques", il s'est demandé "à quoi ser(vai)t l'exercice comme ils ont le même programme". "C'est un peu funambulesque", selon lui.

Et puis, "aucun des candidats n'a abordé la question centrale" de l'euro, alors que "c'est ça le problème", selon lui.

"L'euro est victime d'une erreur de conception. On a mis ensemble des pays dont l'économie est très différente, entre l'Allemagne et la Grèce, même l'industrie en France pèse moins de deux fois l'industrie allemande", il y a aussi "des mentalités très différentes, des repères culturels très différents et avec ça, on ne fait pas une zone monétaire homogène".

Pour lui, "la solution la plus efficace, - aucun des candidats, sauf Arnaud Montebourg, ne s'oriente dans cette direction - , c'est de changer l'architecture de la zone euro".

"On a l'orthodoxie absolue, la Banque centrale indépendante, une seule mission la lutte contre l'inflation et on ne s'occupe pas de la croissance", ni de l'emploi, ni de la politique de change", a-t-il fait valoir.

L'ex-ministre a également souligné que l'euro était une "monnaie très surévaluée", ce qui "pèse sur l'activité économique et favorise les délocalisations industrielles". "Il faut changer la perspective" et "aucun des candidats" PS ne le dit "clairement", a-t-il dit.

Comme on lui demandait s'il serait candidat à la présidentielle, M. Chevènement (5,3% en 2002) a répondu : "mon seul objectif est de peser, de mettre la France à la hauteur des problèmes qu'elle va devoir affronter".

Récemment, M. Chevènement qui avait soutenu Ségolène Royal en 2007, a affirmé que s'il était au PS, il soutiendrait Arnaud Montebourg.

par Chevenement.fr, le 29 August 2011, 14:11

Jean-Pierre Chevènement sur Europe 1 : une primaire "funambulesque"

Jean-Pierre Chevènement était l'invité d'Europe 1 lundi 29 août à 7h45. Il répondait aux questions de Bruce Toussaint.

Verbatim express :

  • A propos de l'Université d'été de La Rochelle : Aucun des candidats n'a abordé la question centrale qui pèse comme une épée de Damoclès : l'euro.
  • J'ai écrit au président de la République Nicolas Sarkozy pour lui demander d'encourager la BCE à acheter des obligations des dettes italiennes et espagnoles.
  • Mon seul objectif est de mettre la France à la hauteur des problèmes qu'elle va affronter.
  • Je pense que l'euro est victime d'une erreur de conception. On a mis ensemble des pays des pays très différents, avec des mentalités et des repères culturels très différents. Avec ça, on ne fait pas une zone monétaire homogène.
  • La solution la plus efficace, et je constate qu’aucun candidat socialiste, sauf peut-être Arnaud Montebourg, ne l’a proposée, c’est changer l’architecture de la zone euro. Tout cela a été fait lors de la négociation du traité de Maastricht, en 1989. On a l'orthodoxie absolue, une banque centrale indépendante avec une seule mission : lutter contre l'inflation. On ne s'occupe pas de la croissance, on ne s'occupe pas de l'emploi, ni de la politique de change. L’euro est une monnaie très surévaluée. Ça pèse sur l’activité économique. Ça favorise les délocalisations industrielles. Il faut changer la perspective. Tout cela, personne ne le dit clairement.
  • A propos des candidats socialistes : A partir du moment où il y a plusieurs candidats, il est normal qu'ils s'envoient des petites piques. Mais, comme ils ont le même programme, on se demande à quoi sert l'exercice. C'est un peu funambulesque!
  • Je ne dis pas que je ne trouve pas beaucoup de qualités, à François Hollande, à Martine Aubry, à Ségolène Royal. Je les connais tous personnellement. Ce sont des amis. Mais ils n'ont pas posé ce qui serait l'équation de la réussite.
  • Je souhaite qu'une victoire de la gauche, probable et à laquelle j'entendrai contribuer en pesant dans la bonne direction, ne soit pas suivie d'une déception.
  • Il faut élever le débat, mettre la France à la hauteur des défis et poser la question de l'euro comme elle ne l'a jamais été.
  • Les candidats socialistes, malheureusement, se laissent réduire au débat qu'a voulu M. Sarkozy sur sa soit-disant « règle d'or », qui n'est en fait qu'une règle d'airain.
  • Si il y avait quelque chose pour me dissuader de participer aux primaires, c’est le spectacle que cela peut donner aujourd’hui. Aucune chance de faire passer ses idées dans ce contexte-là
  • Sur la question de la sécurité : j'avais créé une police de proximité dont l'idée était de faire travailler ensemble une police territorialisée et la population, les associations, les responsables d'établissements scolaires pour faire en sorte que tout le monde se mette à la tâche de la répression de la délinquance, qui est insupportable. Cette réforme a été étouffée par M. Sarkozy. C'est dommage.

Source : Europe1.fr

par Chevenement.fr, le 29 August 2011, 11:01

André Baup

Primaire PS : Valls-Montebourg, le seul duel qui vaille

29/08/2011 - Primaire PS : Valls-Montebourg, le seul duel qui vaille

Le Point.fr - Publié le 29/08/2011 à 07:50 - Modifié le 29/08/2011 à 10:35

Hervé Gattegno, rédacteur en chef au "Point", intervient sur les ondes de RMC du lundi au vendredi à 8 h[...]

le 29 August 2011, 10:35

August 27, 2011

Jean-Pierre Chevènement

Université d'été du MRC de Carros les 3 et 4 septembre : "Le contrat républicain pour une nouvelle prospérité"

Voici le programme final de l'université d'été du Mouvement Républicain et Citoyen qui se tient les 3 et 4 septembre 2011 à Carros sur le thème : "Le contrat républicain pour une nouvelle prospérité ". Inscrivez-vous !

Université d'été du MRC de Carros les 3 et 4 septembre :
L’Université d’été de Carros intervient dans un contexte particulièrement saisissant : en premier lieu le déploiement de la crise économique place les Nations et les peuples européens au pied du mur, en second lieu, 2012 sera l’année du principal rendez-vous des citoyens français avec les élections présidentielle puis législatives. Des choix décisifs sont donc à l’agenda. La crise bouscule de nombreux repères et fait vaciller de nombreuses certitudes. Elle indique aussi qu’une époque nouvelle s’ouvre après l’âge de la «mondialisation heureuse». L’université d’été de Carros entend apporter des réponses aux citoyens qui souhaitent reprendre la main sur la maîtrise de leur destin, et étudier les termes du contrat républicain à imaginer pour envisager une nouvelle propsérité


Le programme de l'Université d'été :

Journée du samedi : VERS UNE ÉCONOMIE DE PROSPÉRITÉ EN EUROPE

10h - Message d’accueil : Ladislas Polski, Secrétaire fédéral du MRC 06, conseiller régional PACA et secrétaire national à la santé
10h15 - Introduction de l’université d’été : Bastien Faudot, secrétaire national à la formation et aux universités d’été


10H30-12H 30: TABLE RONDE N° 1 / L’avenir de la monnaie unique et de l’industrie en Europe. Quelle monnaie pour quelle industrie en Europe ?
L’industrie européenne souffre d’un euro cher qui affaiblit sa compétitivité et provoque de nombreuses délocalisations. Simultanément, la monnaie unique arrive à épuisement avec la crise de la dette souveraine, qui exacerbe les logiques centrifuges. La perspective d’un éclatement de la zone euro, hier improbable, est jugée inévitable aujourd’hui par de nombreux observateurs. Quelle politique monétaire doit être imaginée au service de la croissance et de l’emploi ? Peut-on encore « sauver » l’euro et à quelles conditions ? A défaut, faut-il en organiser la sortie et comment ? Quelles en seraient les conséquences ?

Animation : Julien Landfried, Secrétaire national du MRC, chargé de la communication
Intervenants :
Guillaume Bachelay, Secrétaire national du PS chargé de l’industrie et du projet
Eric Laurent, journaliste, auteur de «Le scandale des délocalisations»
Yves Le Henaff, directeur de banque

14H15-16H15 : TABLE RONDE N°2 / Echapper à la thérapie de l’austérité en Europe et sortir du piège de la dette
En apportant les garanties nécessaires pour éviter le naufrage bancaire et la panne de liquidités, les Etats se sont fragilisés. Les dettes publiques se sont accrues en recyclant l’endettement privé. Inféodés aux injonctions des agences de notations, les Etats peinent à lever l’emprunt sur les marchés. L’augmentation des taux (qui ont dépassé 20 % en Grèce) empêche les Etats d’honorer le service de la dette. Dans cette situation d’impasse, l’Union européenne a mis en place des dispositifs de soutiens assortis de politiques d’austérité sans précédents. D’une part les mécanismes d’aide s’avèrent insuffisants en volume, d’autre part l’orthodoxie budgétaire aggrave le mal qu’elle prétend combattre : les recettes des Etats se contractent plus rapidement que la réduction des déficits. Comment sortir du piège de la dette et offrir une autre perspective que la cure d’austérité à laquelle les gouvernements européens se sont livrés ? Faut-il restructurer et relocaliser la dette des Etats ?

Animation : Patrick Quinqueton, Secrétaire national du MRC, chargé des idées et des prises de position
Intervenants :
Antonella Stirati, économiste, université de Rome
Henri Sterdyniak,directeur du département Economie de la mondialisation à l’OFCE
André Orlean, professeur d'économie


16H30-18H30 : TABLE RONDE N° 3/ Renversement, retournement, démondialisation, fin du libre marché : les contours d’une nouvelle souveraineté

Un vent nouveau anime le débat en matière économique : face aux défaillances du capitalisme financier, des voies de rupture semblent préfigurer un retour de l’histoire. Nombre d’intellectuels et d’économistes empruntent les voies d’une déconstruction du modèle de la globalisation. Pris dans l’étau des politiques d’austérité, les peuples européens protestent activement et manifestent leur désir de s’approprier leur destin. Face à l’impuissance des modèles sociaux démocrates et libéraux conservateurs, la question de la souveraineté et de la puissance politique revient au centre du jeu. Selon quelles modalités ? Dans quel cadre institutionnel ? A quelle échelle ? La crise politique peut-elle encore être évitée ?

Animation : Bastien Faudot, Secrétaire national du MRC chargé de la formation et des universités d’été
Interventions :
Hervé Juvin, économiste, auteur de Le renversement du monde (Gallimard, 2010)
Gilles Raveaud, professeur d’économie à l’université de Paris

19 h : Apéritif d’honneur au centre international d’art contemporain
20h30 : Banquet républicain

Matinée du dimanche : PRENDRE APPUI SUR LE PEUPLE

9h - Introduction de la matinée : Jean-Luc Laurent, président du MRC


9H30-11H30 : TABLE RONDE N° 4 / Renouer avec les classes populaires, comprendre la nation, faire vivre la démocratie
La situation économique et politique prend toutes les apparences de l’urgence. Alors que des choix décisifs sont à l’agenda, l’ascension du Front National, l’exécutif impopulaire et l’incapacité de l’opposition à se structurer laissent le peuple orphelin. Les conséquences de la mondialisation (chômage, déclassement des couches populaires et des classes moyennes, questions migratoires) provoquent de nouvelles fractures dans la société française. A la veille du grand débat de 2012, la stratégie de la gauche demeure à cet égard très hésitante. Pourtant, les enjeux exigent une dynamique nouvelle pour aider la Nation à reprendre confiance en elle. Sur quel peuple la gauche pourra-t-elle s’appuyer ? Quel langage doit-elle tenir aux citoyens dont elle entend recevoir le mandat ? Comment renouer avec les classes populaires qui désertent le débat public ?

Animation : Marie-Françoise Bechtel, Vice-présidente du MRC
Intervenants :
Cynthia Fleury, philosophe, auteur de «La fin du courage»
Jean-Yves Autexier, ancien parlementaire
Stéphane Rozes, président de CAP, enseignant à Sciences-Po et HEC


11h45 - Intervention de Jean-Luc Laurent, président du MRC

Clôture de l’université d’été par Jean-Pierre CHEVENEMENT, sénateur du Territoire-de-Belfort

Ce programme est disponible ci-dessous au format PDF, ainsi que le bulletin d'inscription et les modalités pratiques (transport et hébergement).

Le plan d'accès est disponible ci-dessous :
lieu : salle Juliette Gréco, 5 bis boulevard de la Colle Belle - 06510 CARROS.


Le programme ainsi que le bulletin d'inscription et les modalités d’hébergement sont téléchargeables ci-dessous au format PDF.

par Chevenement.fr, le 27 August 2011, 08:34

August 26, 2011

Rachid Adda

Premier tract du MRC Sarcelles en 2003... tout y était déjà dit sur la gestion municipale !

Voici le premier tract du MRC Sarcelles sur la gestion locale de la commune. LE MRC Sarcelles ne croyait pas si bien dire...8 ans et deux rapports de la chambre régionale des comptes plus tard, la réalité d'aujourd’hui dépasse nos projections les plus pessimistes : la liste bleue a intégré officiellement la majorité à des postes clefs, la CRC a pointé du épinglé par deux fois (en 2005 et 2011) la gestion financière de la commune. Sans oublier les enquêtes en cours sur la SEM Chaleur et sur les dérives dans l’attribution des logements sociaux ... qui revelent au mieux qu'il n'y a pas de pilote dans l'avion et pas de veritable cap qui soit donne.  Avions nous tort d'avoir raison trop tôt contre tous ceux qui ont intérêt à droite comme à gauche de pérenniser cette situation ... ?

Lisez-le et vous jugerez par vous-même a l’aune de la situation actuelle  ! Pour cela, il suffit de cliquer sur les deux liens ci-dessous.

tract sarcelles 2003 mrc vdf page 1tract sarcelles 2003 mrc vdf page 2

le 26 August 2011, 00:11

August 24, 2011

Rachid Adda

Un témoignage intéressant sur la pertinence du cv anonyme.

 

Un petit mot d'introduction sur l'article ci-dessous.

C'est un témoignage intéressant, celui d'un chef d'entreprise, qui va contre l'impression dominante sur le manque de vertus du cv anonyme... et les déclarations de Yazid Sabeg au nom du gouvernement favorable a son abandon. Alors pourquoi le gouvernement s'est il empressé d'abandonner toute idée d'anonymat des candidatures a l'emploi ? Laissons les entreprises expérimenter et utiliser cet outil qui n'est pas la panacée universelle mais peut avoir ici ou la des résultats probants....

La vraie évaluation à faire c'est d'identifier les secteurs et les types de postes ou le cv anonyme fonctionne et recenser ce type de succès. Un peu comme pour l'homéopathie.... Dans le pire des cas ca ne fait pas de mal...! L'important c'est d'y croire et de changer la mentalité des recruteurs.

Conseiller régional d’Ile de France, j'avais défendu avec le groupe MRC l'utilisation du cv anonyme [cliquez ici] pour les cyber-emplois de la Région et j'avais proposé que l'on généralise la démarche d'anonymat pour l'instruction des demandes de logement social.... ce que certaines communes font depuis. Par ailleurs le MRC a soutenu des 2002 cette proposition et il me semble dommage de faire l'économie d'une véritable évaluation.

Rachid Adda

 


CV anonyme : «Le nombre de candidats issus de l'immigration a été multiplié par trois»

Article publié le 17 août 2011 dans le journal 20 minutes.

INTERVIEW - Ancien président du Centre des jeunes dirigeants d'entreprise (CJD), Sylvain Breuzard n'a pas attendu le décret d'application pour expérimenter le CV anonyme. Depuis cinq ans, il utilise le dispositif chez Norsys, sa SSII, qui compte aujourd'hui 250 employés dans cinq villes...

 

Comment faites-vous pour rendre les CV anonymes lorsque vous les recevez?

Nous faisons deux choses. La première est de retirer le haut du CV où figurent classiquement le nom, l’âge et le sexe du candidat. D’autre part, nous nous efforçons de supprimer toutes les expériences professionnelles vieilles de plus de quinze ans. Elles donnent en effet une indication trop précise sur l’âge des candidats. Et dans notre métier, les expériences depuis quinze ans sont amplement suffisantes pour analyser les compétences lors d’un recrutement.

 

Quels sont les résultats?

Lorsque nous avons lancé cette expérimentation, nous savions qu’il y avait un problème – conscient ou inconscient d’ailleurs – sur le recrutement des femmes. Depuis, nous avons multiplié le nombre de femmes dans nos locaux par 2,5. C’est un bon résultat car le secteur informatique est toujours considéré comme un métier masculin.

 

Est-ce la résultat dont vous êtes le plus fier?

Non, la plus grande satisfaction concerne l’âge de nos nouveaux salariés. En 2006, nous n’avions qu’une personne de plus de 50 ans (sur 250 salariés). Aujourd’hui, nous en avons huit. Et puis, surtout, nous avons multiplié par deux le nombre d’employés âgés de 40 ans ou plus. C’est drôle : les entreprises cherchent aujourd’hui à tout prix à rajeunir leur personnel alors que nous sommes dans une démarche opposée.

 

Qu’en est-il de l’origine des candidats?

La loi nous interdit toujours d’établir des statistiques ethniques et donc de publier des résultats concernant l’origine des candidats. Mais il n’empêche que Norsys ne compte que 250 salariés. Je les connais donc tous. Et je peux vous assurer que le nombre de candidats issus de l’immigration a été multiplié par trois en cinq ans. Désormais, la diversité culturelle se voit dès que l’on pénètre dans nos locaux.

 

Yazid Sabeg estime pourtant que le CV anonyme ne doit pas être généralisé…

Je ne crois pas que ce soit aux hommes politiques de prendre ce genre de décision. Pour moi, ce sont les entreprises qui doivent d’abord innover dans leur façon de concevoir le monde de l’entreprise. Si ce sont elles qui sont à l’origine des innovations comme le CV anonyme, elles n’auront jamais à se plaindre de la mise en place ou de l’abandon d’une quelconque loi sur le sujet.

Propos recueillis par Vincent Vantighem

le 24 August 2011, 23:50

Colloque avec Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg: "L'Europe dans la mondialisation: que faire ?"

Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg débattront ensemble de la crise, de l'Europe et de la mondialisation, après une discussion entre Jacques Sapir, Jean-Michel Quatrepoint et Olivier Ferrand.

 

 

Présentation du colloque :

 

Forum de négociation comprenant désormais 27 pays, l’Union européenne fait face à de nombreux défis. L’enjeu de cette rencontre est de faire émerger des pistes concrètes pour permettre d’affronter la crise de l’euro qui se mue en crise de l’Europe.

Permettre à l’Europe de peser sur la marche du monde, de renforcer son autonomie, d’agir, tel est le but des réflexions de ce colloque.

 

Lieu : 101 Rue de l'Université, 75007 Paris


19H00 : « Protectionnisme, euro et démocratie »

 

Que peut l’Europe dans la mondialisation ? Comment agir ? Comment convaincre nos partenaires d’une réorientation des politiques économiques sur notre continent ? La place de l’Europe dans la mondialisation est au cœur des solutions politiques à apporter. L’urgence d’agir est désormais évidente face à la crise de l’euro.

 

avec : 

 -Jacques Sapir, économiste, auteur de « La Démondialisation », Le Seuil 2011 -Jean-Michel Quatrepoint, Journaliste, auteur de "Mourir pour le Yuan?", Bourin, à paraitre septembre 2011

Avec :

-Olivier Ferrand, Président de Terra Nova

 

20H30 : Arnaud Montebourg et Jean-Pierre Chevènement échangeront sur leurs visions respectives de l’avenir de l’Europe.

 

Loin de confondre internationalisme et supranationalité mais attachés à l’idée européenne et au projet de la voir s’ériger en acteur indépendant face au G2, Arnaud Montebourg et Jean-Pierre Chevènement s’attacheront à définir leur vision de l’Europe, du rôle de la France dans celle-ci et du rapport au monde que peut entretenir notre continent…

 

Pour assister à ce colloque, envoyer un mail à l'adresse suivante en spécifiant votre nom et votre prénom : inscription.colloque30aout@gmail.com

le 24 August 2011, 11:18

August 23, 2011

Rachid Adda

Rapport d'observations définitives et jugements de la chambre régionale des comptes sur la gestion financière de la commune de Sarcelles (exercices 2002-2007)

Voici en ligne les liens vers le rapport d'observations définitives de la chambre régionale des comptes sur la gestion de la commune de Sarcelles pour les exercices 2002 à 2007 publié en mars dernier.

J'ai complété avec le précédent rapport qui datait de 2005 et les réponses [quasiment identique dans leurs argumentaires (sic)] du Maire de la commune de Sarcelles aux lettres d'observation de la CRC de 2005 et 2011.

Un article du parisien val d'Oise a repris un certains nombre de ma réaction à la publication du rapport qui confirme beaucoup de mes propres observations sur la gestion communale lors des conseils municipaux... et notamment sur les frais généraux dont ceux de carburants et la gestion de la dette.

Je rappelle pour finir que les observations de la chambre régionale des comptes ne concernent que les exercices budgétaires de 2002 à 2007. La mandature actuelle qui a débuté en 2008 n'est pas concernée par ce rapport. Sachant que la municipalité n'a corrigé en partie le tir que récemment, nous pouvons nous attendre à quelques surprises en cas de contrôle des exercices 2008 et suivants... puisque la tendance dénoncée par la crc s’est prolongée voire aggravée sur la période 2008-2010 [cf. mon étude des frais généraux de 2001 à 2010]


Synthese du rapport 

RAPPORT D’OBSERVATIONS DEFINITIVES

COMMUNE DE SARCELLES (95)

*****
Exercices 2002 et suivants

Les comptes de la commune de Sarcelles ne présentent pas toutes les garanties souhaitables de fiabilité. La chambre a, ainsi, relevé des incohérences dans les états de la dette. La commune n’a pas établi d’état de l’actif, ni d’inventaire, ce qui rend d’autant plus difficile la mise à disposition régulière, au profit de la communauté d’agglomération Val-de-France, des biens utilisés pour l’exercice des compétences que la commune a transférées à celle-ci.

La situation financière de la commune se caractérise par un potentiel fiscal très faible. Les dépenses et les recettes, tant en fonctionnement qu’en investissement, se maintiennent à un niveau légèrement inférieur à la moyenne des communes comparables. Du fait d’un autofinancement faible, les investissements sont surtout financés par l’endettement, l’encours de la dette restant supérieur à la moyenne. Plus du tiers de cet encours est constitué d’emprunts à plusieurs tranches de taux.

Les charges de personnel, quoique légèrement inférieures à la moyenne des communes comparables, ont été affectées d’une hausse sensible entre 2003 et 2007. Le régime
indemnitaire a été amélioré en 2006. En revanche, certaines redevances des logements concédés par utilité de service sont fixées, sans justification, à un niveau anormalement bas.

 Certaines dépenses gagneraient à être mieux encadrées. Ainsi, un guide des procédures internes en matière d’achat public n’a été réalisé que tardivement, en 2008. La réception des travaux et livraisons n’est pas parfaitement formalisée et ne permet pas de connaître la date du service fait. Les délais de paiement restent longs. Une délibération devrait fixer les
dépenses qui peuvent donner lieu à remboursement et des mandats spéciaux devraient être délivrés aux élus pour permettre le remboursement de leurs frais de mission. Enfin, les comptes ne retracent pas clairement l’augmentation des subventions d’origine communale, dont le versement devrait, en outre, être encadré par des conventions avec les bénéficiaires.  

En ce qui concerne la coopération intercommunale, il a été relevé que la commune, alors  même qu’elle avait transféré sa compétence d’assainissement à la communauté d’agglomération Val-de-France, a continué irrégulièrement d’adhérer au syndicat intercommunal d’aménagement hydraulique du Croult et du Petit Rosne (SIAH) pour cette même compétence. Quant au transfert à la communauté d’agglomération Val-de-France de la compétence d’accueil des gens du voyage, il n’a pas permis, jusqu’ici, de réaliser des places d’accueil supplémentaires sur le territoire de la commune.

 


Pour consulter les rapports de la chambre régionale des comptes sur la commune de Sarcelles, il suffit de cliquer sur le lien correspondant :

- rapport d'observations définitives de la CRC sur les exercices 2004-2007 (février 2011)

- réponse du Maire de la commune de Sarcelles à la lettre d'observation pour les exercices 2004-2007

- jugements de la crc (audiences de janvier 2011)  : jugement #1, jugement #2

- rapport d'observations définitives de la CRC sur les exercices 1997-2001 (février 2005)

- réponse du Maire de la commune de Sarcelles à la lettre d'observation pour les exercices 1997-2001

 


Article du journal Le Parisien du 15 avril 2011 (seul journal à avoir évoqué ce rapport qui épingle la gestion municipale du Maire et... de son premier adjoint de l'époque)

Pour lire l'intégralité de l'article, cliquez sur l'image ci-dessous.

 

leparisien15042011.jpg



La gestion financière de Sarcelles épinglée

Par Europe1.fr avec AFP

Publié le 11 mai 2011  
La Chambre régionale des comptes d'Ile-de-France estime que "les comptes de la commune de Sarcelles, dans le Val d'Oise, ne présentent pas toutes les garanties souhaitables de fiabilité" dans une étude portant sur les "exercices 2002 et suivants", quand Dominique Strauss-Kahn était adjoint au maire, chargé des finances.

Comme l'a révélé mercredi le Canard Enchaîné, il s'agit du "rapport d'observations définitives" adressé au maire de Sarcelles François Pupponi le 16 février 2011 dans un courrier recommandé avec accusé de réception et publié sur le site de la Chambre. Ce rapport compte 38 pages. La note de présentation indique que "la chambre a relevé des incohérences dans les états de la dette", que "la commune n'a pas établi d'état de l'actif, ni d'inventaire". (...) "Les investissements sont surtout financés par l'endettement, l'encours de la dette restant supérieur à la moyenne" des communes comparables. 
"Les charges de personnel, quoique légèrement inférieures à la moyenne des communes comparables ont été affectées d'une hausse sensible entre 2006 et 2007. (...) En revanche certaine redevances de logements concédés par utilité de service (NDLR les logements de fonction) sont fixées sans justification à un niveau exceptionnellement bas", écrit encore la Chambre.

 

le 23 August 2011, 19:08

Jean-Pierre Chevènement

Colloque avec Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg: "L'Europe dans la mondialisation: que faire?"

Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg débattront ensemble de la crise, de l'Europe et de la mondialisation, après une discussion entre Jacques Sapir, Jean-Michel Quatrepoint et Olivier Ferrand.

Date : mardi 30 août 2011 à 18h30
Lieu : 101 Rue de l'Université, 75007 Paris

Présentation du colloque :
Forum de négociation comprenant désormais 27 pays, l’Union européenne fait face à de nombreux défis. L’enjeu de cette rencontre est de faire émerger des pistes concrètes pour permettre d’affronter la crise de l’euro qui se mue en crise de l’Europe.

Permettre à l’Europe de peser sur la marche du monde, de renforcer son autonomie, d’agir, tel est le but des réflexions de ce colloque.

19H00 : « Protectionnisme, euro et démocratie »
Que peut l’Europe dans la mondialisation ? Comment agir ? Comment convaincre nos partenaires d’une réorientation des politiques économiques sur notre continent ? La place de l’Europe dans la mondialisation est au cœur des solutions politiques à apporter. L’urgence d’agir est désormais évidente face à la crise de l’euro.

Avec :
-Jacques Sapir, économiste, auteur de « La Démondialisation », Le Seuil 2011
-Jean-Michel Quatrepoint, Journaliste, auteur de "Mourir pour le Yuan?", Bourin, à paraitre septembre 2011
-Olivier Ferrand, Président de Terra Nova

20H30 : Arnaud Montebourg et Jean-Pierre Chevènement échangeront sur leurs visions respectives de l’avenir de l’Europe.
Loin de confondre internationalisme et supranationalité mais attachés à l’idée européenne et au projet de la voir s’ériger en acteur indépendant face au G2, Arnaud Montebourg et Jean-Pierre Chevènement s’attacheront à définir leur vision de l’Europe, du rôle de la France dans celle-ci et du rapport au monde que peut entretenir notre continent…

Pour assister à ce colloque, envoyer un mél à l'adresse suivante en spécifiant votre nom et votre prénom : inscription.colloque30aout@gmail.com

par Chevenement.fr, le 23 August 2011, 10:12

August 22, 2011

Jean-Pierre Chevènement

Avec l’après-Kadhafi, les difficultés vont commencer

Personne ne regrettera la chute de Kadhafi, mais c’est maintenant que les difficultés vont commencer. Il est souhaitable que toutes les composantes de la société libyenne soient associées à la construction d’une Libye démocratique et pacifique. L’intérêt de la France est d’aider à stabiliser cet immense pays et non de tolérer vengeances et exactions qui empêcheraient la nécessaire réconciliation de tous les Libyens.

par Jean-Pierre Chevènement, le 22 August 2011, 14:08

August 20, 2011

Jean-Pierre Chevènement

Une Europe de plus en plus "germano-centrée"

Entretien de Jean-Pierre Chevènement dans l'hebdomadaire Marianne, 20 août 2011. Des mesures décevantes, sans traduction immédiate, voilà le résultat de ce sommet. Quant à la "règle d'or" pronée par Sarkozy, c'est un dispositif récessionniste couplé à une manoeuvre électorale.

Une Europe de plus en plus
Marianne: Quel bilan faites-vous du sommet franco-allemand?
Jean-Pierre Chevènement:
Il n'a débouché que sur des annonces décevantes, et rien de vraiment décisif à court terme. On a évoqué un gouvernement économique qui se réunirait deux fois par an. Ca ne va pas changer la face du monde ! La taxe sur les transactions financières ? Nous n'en connaissons pas les modalités. Quant à la "règle d'or" à introduire dans les Constitutions d'ici à la fin 2012, c'est une mesure foncièrement récessionniste, une manoeuvre électorale de la part de Nicolas Sarkozy, et cela traduit, bien entendu, l'orientation politique allemande. Mais cette dernière est extrêmement dangereuse. Déjà qu'au deuxième trimestre 2011 la croissance française est stagnante et celle de l'Allemagne est de 0,1% du PIB, nous allons tout droit dans une rechute de l'activité économique, et la crise de la zone euro n'est clairement pas résolue. Il est vraisemblable que la spéculation s'attaque encore une fois à l'Espagne et à l'Italie, et peut-être à la France, d'ailleurs. J'observe enfin qu'il n'y a rien sur les euro-obligations, rien sur le Fonds européen de stabilité financière, rien sur la Banque centrale européenne.

Sur la BCE, vous aviez pourtant demandé à Sarkozy dans une lettre d'"agir" auprès d'Angela Merkel pour qu'elle puisse racheter des titres de dette (1). Le président vous a d'ailleurs appelé avant la tenue de ce sommet. N'a-t-il rien retenu de votre conversation?
Il ne m'a pas dissuadé d'avancer cette proposition… Les choses se sont d'ailleurs faites dans la semaine qui a suivi ma lettre: la BCE a pris en pension 22 milliards de titres espagnols et italiens. Mais il a refusé de reprendre cette mesure à son compte, pour, selon lui, ne pas gêner Mme Merkel. Elle a, il est vrai, des contraintes de politique intérieure. Il y a finalement pour Sarkozy et Merkel, des choses qu'il vaut mieux faire sans en parler…

Quelles mesures auriez-vous proposées?
Il faut reconnaître le rôle de la BCE dans la défense de l'euro. Il devrait être affirmé de manière permanente pour dissuader la spéculation, et, le cas échéant, il faudrait que la BCE puisse émettre de la monnaie et racheter des titres de dette. C'est ce que font les Américains avec la Federal Reserve, qui a dans ses caisses 1500 milliards de dollars de bons du Trésor américain. Je pense, par ailleurs, qu'il ne faut pas hésiter à dévaluer l'euro pour retrouver la croissance. Même si ça devait déboucher sur une inflation modérée de l'ordre de 3% ou 4%, cela aiderait au remboursement de la dette. J'ajoute que l'on doit ouvrir aux particuliers la souscription de la dette, sous la forme de titres de dette perpétuelle à 3% ou 4% du montant de l'inflation. Voilà une voie infiniment plus originale et prometteuse que tout ce qu'avancent Mme Merkel et Sarkozy.

Après le sommet de mardi, l'Europe n'est-elle pas plus "germano-centrée" que jamais, pour reprendre une expression que vous utilisez dans votre livre (2)?
C'est l'évidence même. La France est en situation de faiblesse par rapport à l'Allemagne. C'est encore plus vrai si on regarde le déficit extérieur apparu au premier trimestre: 37,5 milliards d'euros pour la France. Et la politique de M. Sarkozy, ce qu'il appelle un "surcroît d'intégration européenne", comporte de gros risques. Si l'on prend, par exemple, l'idée d'un seul impôt sur les sociétés pour la France et l'Allemagne. Le taux d'imposition des sociétés est déjà plus bas outre-Rhin. Donc, ce n'est pas par cette voie-là que l'on va résorber nos déficits. Quant au fédéralisme, dont on nous rebat les oreilles, c'est la prise du pouvoir par les oligarchies financières et technocratiques. C'est quelque chose que l'on ne peut accepter.

Pour vous, Nicolas Sarkozy "manque d'une large vision historique de la France" (2). Ce sommet en constitue-t-il une preuve supplémentaire?
Il est clair qu'au prétexte de l'Europe il a choisi de faire sa campagne sur la rigueur, pour essayer d'enfermer les socialistes dans leurs contradictions.

Propos recueillis par Gérald Andrieu
1) A lire sur Chevenement.fr
2) La France est-elle finie?, Fayard

par Chevenement.fr, le 20 August 2011, 19:47

August 14, 2011

Rachid Adda

Tribune de Rachid Adda pour le magazine municipal de Sarcelles à paraitre en septembre : "l'argent public pour l'Ecole publique !"

Tribune de Rachid Adda, conseiller municipal de Sarcelles : paraitre en septembre dans le magazine municipal dans le cadre du droit à l'expression de l'opposition.

 

L'argent public pour l'Ecole publique !

L’Ecole publique est constitutive de la République et de notre vouloir vivre ensemble. Lieu de l’acquisition des connaissances et des valeurs universelles, elle permet au citoyen en devenir de se construire en développant son libre-arbitre.

Supposée être le vecteur de l'égalité des chances, l’Ecole n'apparaît pourtant plus comme la promesse différée d’un avenir meilleur que celui de ses parents. En franchissant le portail de l'Ecole, les inégalités sociales bannissent la notion même de réussite au mérite qui est le ciment de la cohésion sociale et du respect de l'Institution !

Comment parler alors d'égalité et de méritocratie républicaine quand la réussite à l'école dépend aussi fortement de la commune d'habitation et du revenu des familles ?

La publication des résultats des tests d’évaluation en primaire ou du baccalauréat ne peut laisser les responsables politiques indifférents et en particulier ceux qui dirigent des exécutifs locaux. La carte de la réussite scolaire se calque comme jamais auparavant sur celle des inégalités sociales. On y constate un phénomène plutôt nouveau dans le Val d’Oise où le secteur privé et/ou confessionnel s’accapare les premières places même dans les zones d’éducation prioritaire.

En imposant aux collectivités territoriales de financer le secteur privé, au nom d'une prétendue liberté de choix dont sont privées les familles les plus pauvres, la Loi a donné des moyens supplémentaires à l'Ecole privée payante. Parallèlement, en réduisant, même dans les zones d'éducation prioritaire, les moyens de l'Ecole publique, gratuite et laïque, elle ne peut plus être à la hauteur de ses missions. Et pourtant l’Ecole publique n’a d'autres ressources que son financement public et remplit des obligations [ouverture à tous, respect de la Laïcité, gratuité] que n'assume pas toujours le secteur privé même subventionné sous contrat.

Le niveau de financement public du secteur privé est d’autant plus difficile à accepter qu'en cette période de disette budgétaire et de transferts de charges non compensées, les gouvernements de droite successifs ont sacrifié l’Education Nationale sur l’autel de la rigueur. Et ce n’est pas le moindre des méfaits de Nicolas Sarkozy que d’avoir déstabilisé, démantelé et affaibli durablement le service public de l’Education.

Le désengagement de l'Etat favorise même le développement d'une offre éducative payante qui finit par achever la dégradation de la mixité sociale à l'Ecole publique déjà fortement plombée par des politiques urbaines de ghettoïsation sociale et de communautarisation.

Les collectivités territoriales, et plus particulièrement quand elles sont dirigées par la gauche, devraient donc concentrer et accroitre leurs efforts financiers vers l'Ecole de la République et ne pas aller au-delà de ce qu’impose la Loi dans le subventionnement du secteur privé. Sauf à vouloir maintenir une rente de situation au privé dans les territoires lourdement frappés par l'échec scolaire et accentuer la sélection par l’argent.

C'est aussi à cette condition que sera relevé le défi républicain de redonner à l'Ecole publique son statut d'Ecole de la réussite partout et pour tous.

Bonne rentrée à tous.

Rachid ADDA, conseiller municipal

Contact : www.rachidadda.fr

le 14 August 2011, 19:04

August 13, 2011

Jean-Pierre Chevènement

Démenti

Je démens l'information donnée par LeMonde.fr, selon laquelle j'aurais accepté, même sous certaines réserves, ce qu'il est convenu d'appeler la "règle d'or", c'est-à-dire la révision constitutionnelle qui a déjà été débattue au Parlement.

Dans la conversation téléphonique que j'ai eue avec le Président de la République le mardi 9 août 2011, j'ai souligné l'insuffisante dotation du Fonds de Stabilité Européen : 225 milliards d'euros, effectivement mobilisables pour faire face aux besoins des pays actuellement sous tension, dont la dette cumulée s'élève à 3 400 milliards d'euros. J'ai essayé de convaincre le Président de la République que seule l'intervention en grand de la Banque Centrale Européenne (BCE) permettrait de dissuader la spéculation de s'en prendre à nouveau à l'Espagne et à l'Italie. Cela suppose bien évidemment une révision de l'architecture de la zone euro. Les missions de la BCE (aujourd'hui la lutte contre l'inflation) doivent être élargies à l'achat des titres de dette publique, à la politique de change et plus généralement au soutien de la croissance et de l'emploi.

Sur la "règle d'or", j'ai précisé ma position à la tribune du Sénat dans une intervention le 14 juin 2011, comme je l'avais déjà fait le 27 avril 2011 lors du débat sur le programme de stabilité européen. Ces deux interventions ont été publiées sur mon blog et au Journal Officiel. Sur les deux textes, j'ai émis un vote contre. Il serait de bonne déontologie de ne pas me faire dire en privé le contraire de ce que je dis en public.

par Jean-Pierre Chevènement, le 13 August 2011, 15:42

André Baup

Dalaï Lama: "Pas si zen que ça"

lamaLe dalaï Lama à Toulouse (Haute-Garonne), le 13 août 2011. © AFP

L'écrivain et journaliste toulousain Maxime Vivas publie la semaine prochaine aux éditions Max Milo : « Dalaï-Lama : pas si zen ». Une autre image du personnage…

« L'idée d'écrire ce livre m'est venue alors que je[...]

le 13 August 2011, 13:35

"L'attrape-nigaud" des primaires socialistes

Après le fiasco de l'élection du Premier secrétaire en 2008, le Parti socialiste s'apprête à organiser ses primaires. Malgré les efforts du Premier secrétaire par intérim Harlem Désir, beaucoup, y compris à gauche, s'interrogent sur le fonctionnement de l'élection. Décryptage avec Olivier[...]

le 13 August 2011, 12:06

August 08, 2011

Jean-Pierre Chevènement

Crise: Chevènement demande à Sarkozy un soutien public au rachat de dette par la BCE

Dépêche AFP, lundi 8 août 2011, 18h32.

Crise: Chevènement demande à Sarkozy un soutien public au rachat de dette par la BCE
Jean-Pierre Chevènement a écrit lundi à Nicolas Sarkozy pour lui demander d'"agir" auprès d'Angela Merkel afin que la décision de la Banque centrale européenne de racheter des titres de dette espagnols et italiens soit "publiquement soutenue" à la fois par Paris et Berlin.

La Banque centrale européenne (BCE) a décidé d'intervenir jeudi pour tenter d'éteindre les feux de crise de la dette en zone euro, notamment en reprenant ses interventions sur le marché obligataire. Elle a indiqué dimanche qu'elle allait le faire de manière "active", une déclaration interprétée comme l'annonce qu'elle allait racheter de la dette de l'Italie et de l'Espagne.

Le président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC) a envoyé un courrier à Nicolas Sarkozy, dont il a adressé une copie à l'AFP, pour lui "suggérer d'agir auprès de la chancelière allemande pour que la décision prise à une majorité écrasante par le Conseil des Gouverneurs de la BCE le 4 août soit publiquement soutenue par l'Allemagne et la France dans les prochains jours".

"Seul le rachat massif des titres et dettes espagnols et italiens peut aujourd'hui permettre de sauvegarder la cohésion de la zone euro", estime l'ancien ministre de François Mitterrand dans ce courrier.

"L'action de la BCE pourrait se faire par le canal du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Seule une telle 'arme nucléaire' peut aujourd'hui faire reculer la spéculation", d'après lui.

Dans un communiqué transmis à l'AFP, le sénateur du Territoire de Belfort ajoute par ailleurs que le FESF est selon lui "sous-doté", avec une "capacité opérationnelle de 225 milliards d'euros pour une pyramide de dette de 3.400 milliards si on cumule les dettes publiques des pays actuellement sous tension". Il "suggère que les candidats socialistes ensemble (le) rejoignent" dans sa demande à M. Sarkozy.

par Chevenement.fr, le 08 August 2011, 17:08

Lettre au Président de la République

Monsieur le Président de la République,

Seul le rachat massif des titres et dettes espagnols et italiens peut aujourd’hui permettre de sauvegarder la cohésion de la zone euro.

Je prends la liberté de vous suggérer d’agir auprès de la Chancelière allemande pour que la décision prise à une majorité écrasante par le Conseil des Gouverneurs de la BCE le 4 août soit publiquement soutenue par l’Allemagne et la France dans les prochains jours. L’action de la BCE pourrait se faire par le canal du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Seule une telle « arme nucléaire » peut aujourd’hui faire reculer la spéculation.

Vous remerciant de bien vouloir porter la plus grande attention à ma suggestion, je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, à l’assurance de ma haute considération.

par Jean-Pierre Chevènement, le 08 August 2011, 17:00