July 01, 2009
Cet article récent de la presse anglo-saxonne, représentatif tout de même de l'état d'esprit de nos partenaires européens à notre égard va plutôt à l'inverse de ce que nous pensons en France.
On pourrait résumer le propos en disant que si en France beaucoup de gens considèrent que le gouvernement fait trop de réformes, ailleurs on a tendance à penser qu'il n'en fait pas assez !
Voir pièce jointe ci-après
par Paul Giacobbi, le 01 July 2009, 09:52
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L'intervention de forces internationales en Afghanistan était politiquement et juridiquement parfaitement légitime puisque le Conseil de sécurité des Nations Unies l'avait approuvée et qu'une majorité de pays l'ont encouragée voire y ont contribué par l'envoi de troupes.
Pourtant aujourd'hui, les informations dont nous disposons sur la situation en Afghanistan traduisent une véritable perte de contrôle du terrain par la coalition, voire une extension du conflit au voisinage et en particulier au Pakistan.
Interrogé par mes soins, dans le cadre de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale, notre ambassadeur en Afghanistan avoue que plus de 40% du territoire de ce pays fait l'objet d'un véritable contrôle par les rebelles, même si les troupes de la coalition occupent le terrain.
En réalité, dans un village afghan, les armées étrangères ne font que passer, et après leur départ, les rebelles viennent, décident de tout, arbitrent les conflits et représentent une autorité infiniment plus forte que celle du gouvernement afghan.
Même s'il serait complètement irresponsable à ce stade que les troupes de la coalition quittent l'Afghanistan et si j'ai personnellement voté pour leur maintien, on ne peut que s'alarmer d'une situation qui appelle à l'évidence des changements majeurs de stratégie et un renforcement considérable des moyens engagés.
En Irak, l'intervention de la coalition conduite par les Etats-Unis n'était pas légitime juridiquement puisqu'elle n'était pas approuvée par les Nations Unies, même si le Conseil de sécurité a avalisé après coup, et d'ailleurs avec l'accord de la France, les conditions juridiques et financières de l'occupation.
Pourtant, la situation sur le terrain semble infiniment meilleure qu'en Afghanistan, au point que les troupes américaines poursuivent un calendrier de retrait progressif qui vient de franchir une étape décisive puisque désormais les troupes américaines se tiendront à l'écart des villes laissant à la police et à l'armée irakienne la responsabilité du maintien de l'ordre.
Il est sans doute difficile de tirer des leçons de l'expérience irakienne pour dicter l'évolution de la stratégie en Afghanistan. Il n'en demeure pas moins que le paradoxe est là : le succès d'une guerre ne dépend pas de sa légitimité !
par Paul Giacobbi, le 01 July 2009, 09:25
June 30, 2009
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Les cent cinquante années de prison auxquelles il a été condamné et les conditions mêmes d'un procès qui démontre les limites du « plaider coupable » m'inspirent, dans le cas de Bernard Madoff, quelques réflexions.
Même si l'éternité est un peu plus longue, cent cinquante ans de prison peuvent sembler interminables pour un homme de soixante-dix ans. C'est pourtant relativement limité dans l'échelle des peines car si l'on rapporte la durée de la peine à l'ampleur des sommes dérobées à de trop naïfs épargnants, on arrive à la conclusion que Bernard Madoff fera un an de prison pour expier chaque tranche de 300 millions de dollars qu'il a volée.
A ce tarif-là, les casseurs de chez Harry Winston à Paris ne devraient pas écoper de plus de quinze jours d'emprisonnement !
De ce point de vue, il semble donc que la punition infligée à Bernard Madoff soit finalement assez modérée étant entendu d'ailleurs que si par hasard il lui était permis de sortir de sa geôle autrement que les pieds devant, il aurait intérêt préalablement à être passé par les mains d'un habile chirurgien esthétique de manière à échapper à la vengeance prévisible de certains malheureux que la ruine pourrait éventuellement rendre agressifs à son égard.
Cependant, le « plaider coupable » a eu l'immense avantage dans cette affaire de permettre à la justice américaine de considérer qu'il n'y avait au plan pénal qu'un seul coupable : Bernard Madoff.
Si l'on doit rendre hommage aux remarquables capacités de travail de cet individu, à son imagination débridée, à son entregent social et à tant d'autres qualités, il est tout de même parfaitement invraisemblable qu'il ait pu seul recruter des dizaines de milliers de gogos, les appâter, et les entretenir dans la certitude qu'ils faisaient avec lui un bon placement.
C'est en réalité tout un monde de complices familiaux, de collaborateurs grassement payés, d'intermédiaires stipendiés, d'analystes corrompus et de banques soi-disant honorables, parmi les plus réputées, qui ont tous contribué à fourguer du Madoff moyennant toujours confortables et parfois occultes rémunérations.
C'est tout ce petit monde qu'il aurait fallu conduire devant le juge pénal et non pas le seul Madoff même si j'ose dire que ce dernier n'a pas volé les cent cinquante ans de prison qui l'attendent.
Mais par dessus tout, au-delà de l'affaire Madoff, comment ne pas comprendre que, pour une grande part, tout le système de crédits dérivés et de placements hors bilan (over the counter) des portefeuilles de créances titrisées ressemblait singulièrement à un « Ponzi Scheme » ? Car enfin placer un portefeuille de créances dans un instrument financier et refinancer cet instrument à un niveau de taux nécessairement supérieur – compte tenu du risque – au taux moyen des créances, conduit mécaniquement à une perte qui, en dernière analyse, finissait par être compensée par de nouvelles souscriptions ou par un placement du risque sur une compagnie d'assurance, c'est-à-dire en fin de compte sur le recours à de nouveaux souscripteurs dans une chaîne pyramidale sans fin...
Même si ma description est largement caricaturale et même si tous les CDS et autres SIV n'étaient pas assimilables au système Madoff, le principe était de mutualiser le risque en le répartissant sur le maximum de personnes et de rémunérer les premiers souscripteurs avec les souscriptions des derniers arrivants.
La différence réside dans le montant de ce qui s'est envolé en fumée et qui a représenté 600 milliards pour AIG et seulement 50 pour Madoff et dans la proportion qui a atteint 100% chez Madoff et beaucoup moins chez tous ces respectables financiers.
Cependant, une question demeure : est-il juste que Bernard Madoff soit ruiné et emprisonné à vie, tandis que les ex-dirigeants de Merryl Lynch, Lehmann Brothers et autre Morgan Stanley jouissent d'une retraite dorée à centaines de millions de dollars ?
par Paul Giacobbi, le 30 June 2009, 15:21
June 26, 2009
Les valeurs du radicalisme au cœur de cette nouvelle association La Dépêche le 13 Juin L.R.D.R. un nouveau sigle dans le paysage politique départemental. « Libres, Radicaux, Démocrates et Républicains » est une association née de l'initiative d'élus radicaux de gauche haut garonnais et tout [...]
le 26 June 2009, 12:07
Les députés PRG viennent de déposer une proposition de loi “instaurant le droit de vivre sa mort”, en hommage à la première proposition de loi “visant à permettre l'euthanasie en France” présentée en 1978 par le sénateur radical de gauche Henri Caillavet. Principale nouveauté par rapport aux [...]
le 26 June 2009, 12:03
June 24, 2009
La crise économique que nous connaissons a provoqué une véritable panique aux Etats-Unis à partir de l'été 2007 et elle s'est progressivement généralisée à l'ensemble de notre monde au printemps 2008.
Voici un an et demi que je prêche dans le désert à l'Assemblée nationale et quand je le peux dans les médias pour expliquer à quel point cette crise est grave et pourquoi il ne faut pas s'attendre à une reprise imminente.
Une récente étude (voir pièce jointe) publiée par deux historiens de l'économie, Barry Eichengreen de l'université de Berkeley et Kevin O'Rourke de Trinity College à Dublin, indique de manière fascinante que les courbes de la production industrielle mondiale depuis avril 2008 à aujourd'hui et de juin 1929 à juin 1930 sont pratiquement identiques.
Le professeur Krugman, qui consacre l'essentiel de ses activités à une stimulante chronique dans le New York Times, avait essayé de démontrer, en se fondant uniquement sur l'économie des Etats-Unis, que la baisse de production enregistrée aujourd'hui était moins importante que celle que l'on a connu en 1929.
Les chiffres pour l'économie mondiale démontrent bien que la courbe est sensiblement la même, ce qui pourrait s'expliquer par le fait que les Etats-Unis ont une industrie relativement beaucoup moins importante par rapport à leur économie qu'elle ne l'était en 1929.
Dans le monde entier, la chute des cours des bourses est beaucoup plus accentuée sur l'année qui vient de s'écouler qu'elle n'avait été de juin 1929 à juin 1930. Il en va de même pour la contraction du commerce international.
Ce qui est différent en revanche, c'est que l'abaissement des taux directeurs des banques centrales a été beaucoup plus important aujourd'hui qu'il ne l'était à l'époque et que la fourniture de liquidités ou plus exactement la création monétaire a été beaucoup plus soutenue.
C'est là tout le débat dans la mesure où nous ne sommes pas du tout certains que les mesures prises pour créer tant de monnaie aient un quelconque effet sur l'économie réelle, c'est-à-dire la production de biens et de services. Nous remarquons en effet qu'aux Etats-Unis, par exemple, la récession industrielle se poursuit malgré une croissance de la masse monétaire (agrégat M2)sur un rythme de 15% par an.
Les quelques signes de reprise ou plutôt de stabilisation de la production à un niveau nettement plus bas qu'avant le commencement de la crise ne sont pas imputables aux mesures monétaires ni même d'ailleurs aux plans de relance budgétaire des Etats mais bien plutôt à cette reprise technique qui survient inévitablement lorsque les usines recommencent un peu à produire pour reconstituer leurs stocks alors même qu'elles avaient dans un premier temps préféré diminuer considérablement leur production afin d'écouler ces stocks.
Dans ce cas-là précis, rien ne garantit que ce type de reprise soit durable. Par ailleurs, la réalité des plans de relance budgétaire est toujours très inférieure à ce qui est publiquement annoncé, se traduit très lentement dans des dépenses d'investissements, tandis que les ménages en période de crise ont tendance à augmenter considérablement leur taux d'épargne, ce qui se traduit par un effet inverse à celui du plan de relance. J'ai ainsi rappelé dans une note récente « « Décennie perdue » ou émergence d'un nouveau monde économique ? », publiée sur mon site paul-giacobbi.org, que ce qui était retiré à l'activité économique par l'augmentation de l'épargne des ménages américains était du même ordre que le plan de relance de M. Obama.
Enfin, il n'est pas concevable que les Etats puissent continuer à s'endetter de manière aussi démesurée et que les banques centrales puissent continuer à fabriquer autant de monnaie et à multiplier encore par deux le montant global de leur bilan.
Je remarque d'ailleurs dans la même étude que la situation des finances publiques était tout de même globalement bien meilleure en 1929 qu'elle ne l'est aujourd'hui.
Par ailleurs, sans même évoquer un risque d'inflation qui ne se situe qu'à moyen terme, la demande croissante de crédit de la part des Etats, outre qu'elle accroît le fardeau des générations futures, a ou aura trois effets qui freineront toute reprise :
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un effet de substitution. Les Etats et leurs emprunts tendent à absorber l'essentiel de ce que le système financier peut prêter, voire à absorber des surplus, par exemple ceux de la Chine qui aurait pu aller à de la relance économique réelle et qui vont plutôt vers l'acquisition de bons du Trésor américain. Tout se passe comme si les Etats faisaient du déficit pour relancer c'est-à-dire pour donner de l'argent à l'activité de production mais financent ce déficit par de l'emprunt, réduisant ainsi d'autant la capacité du système financier à prêter à l'économie productrice.
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un effet de taux. A force d'inonder le marché financier de bons du Trésor, les Etats provoquent une inexorable montée des taux d'intérêt. Aux Etats-unis, les bons du Trésor à trente ans sont souscrits à un taux proche de 5% malgré une déflation constatée. Pourquoi voudriez-vous qu'une banque qui peut prêter à l'Etat à des taux aussi rémunérateurs veuillent prêter à des particuliers ou à des entreprises en prenant des risques considérables, à moins de le faire à des taux nettement plus élevés ? Là encore, le déficit massif des Etats sensé encourager la croissance provoque une montée des taux qui contredit le maintien des taux directeurs de banques centrales à un niveau proche de zéro et qui constitue un frein évident à la croissance.
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un effet imputable au futur redressement des finances publiques. Il n'est pas concevable que les Etats continuent à s'asphyxier par des dettes qui désormais tendent dans le monde entier à représenter au moins une année de PIB, et fatalement, dès lors qu'un peu de reprise apparaîtra les Etats seront contraints de limiter leurs déficits voire de commencer à rembourser leurs dettes, ce qui ralentira encore toute reprise.
On nous a beaucoup dit que la crise actuelle était très différente de celle de 1929, notamment parce que nos grands décideurs de l'économie étaient infiniment plus intelligents, plus réactifs et plus compétents que leurs prédécesseurs d'avant-guerre.
Il m'avait pourtant semblé que nos grands argentiers, d'Alan Greenspan à Ben Bernanke en passant par notre Lagarde nationale, non seulement n'avaient pas vu venir la crise mais avaient émaillé leurs discours de sottises hallucinantes sur le risque systémique qui était derrière nous en septembre 2008 (Lagarde) ou le fait que nous avions abordé en 2003 une période de forte et durable croissance (Bernanke) ou encore qu'il ne fallait pas beaucoup s'inquiéter des risques financiers dans la mesure où l'ingénierie moderne de la finance avait définitivement permis de les réduire (Greenspan)...
Je ne fais aucune confiance pour la prévision à ceux qui n'ont rien su voir d'une crise dont l'imminence était annoncée depuis des années par tant d'économistes et de praticiens.
Je crois au contraire aux leçons de l'histoire et je persiste à penser malheureusement que nous ne sommes pas dans cette crise mondiale à la fin, ni même au commencement de la fin, pas même encore à la fin du commencement !
par Paul Giacobbi, le 24 June 2009, 09:46
June 23, 2009
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Le 21 octobre 2008, je posais au gouvernement, dans le cadre de la discussion générale, une question sur le budget 2009 et j'essayais d'évaluer l'ampleur du sinistre :
« Pour conclure, je voudrais revenir sur le déficit prévisible du budget de l'État car même si, dans ce domaine, nous avons abandonné dans la tourmente tout objectif ou tout carcan européen, voire «eurocratique », comme dirait M. Myard, il est important d'essayer d'évaluer l'ampleur du sinistre. On rappellera que pour 2007, le déficit reconnu par l’État dans la loi de règlement s’élevait à 38 milliards d’euros. D’après la Cour des comptes – l’organisme certificateur –, il s’élèverait à 44 milliards d’euros, voire un peu plus si on lit attentivement son rapport. Il s’agit essentiellement de reports de dépenses et d’imputations. Même à supposer que le solde pour 2008 – le vrai solde, celui qui sera certifié par la Cour des comptes, car dans le monde économique on se fie aux comptes certifiés et non aux comptes déclarés par l’entreprise ou la collectivité –, reste à un niveau inférieur à 60 milliards d’euros, ce qui serait plutôt performant par les temps qui courent, on voit mal comment avec un projet de loi de finances pour 2009 qui prévoit déjà pour une croissance totalement improbable de 1 % du PIB un déficit de 52 milliards d'euros, on ne sera pas très largement au-delà de 60 ou 65 milliards d’euros, d’autant que la croissance, en 2009, au mieux sera nulle et plus vraisemblablement négative – pour reprendre une expression à la mode. »
Je n'avais pas précisé ce que j'entendais par un déficit « très largement au-delà de 60 ou 65 milliards d'euros », mais cela pouvait vouloir dire de l'ordre de 80.
J'ai donc à tout le moins péché par optimisme, puisque le déficit de l'Etat officiellement annoncé pour 2009 sera de l'ordre de 140 milliards d'euros.
Ce qui est amusant, c'est qu'en octobre 2008, comme un an avant en 2007 quand j'évoquais l'effet redoutable sur la croissance française de la crise des subprimes, le banc du gouvernement riait, haussait les épaules, ou me traitait de pessimiste...
par Paul Giacobbi, le 23 June 2009, 08:03
June 21, 2009
Trente-cinq années, jour pour jour, nous séparent de l’élection à la présidence de la République de Valéry Giscard d’Estaing. Un bail, dites-vous. Pourtant, VGE se verrait bien en super-président d’une Europe qui en élirait un. Il faut dire qu’à 83 ans, tous les espoirs sont désormais permis. C’est en effet un ministre de l’information de Charles de Gaulle (oui, oui) spécialement chargé de remettre de l’ordre dans les radios périphériques qui couvraient de façon trop complaisante les manifestations étudiantes de… 1968, qui préside la commission de contrôle du découpage électoral. À 87 ans. Il y a aussi le tandem du Comité pour la réforme des collectivités locales : le plus éminent des membres affiche 81 printemps, le président, 80, qui préside aussi le Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions. La France d’après-demain est donc ainsi dessinée.
Rien d’anti-âge dans mon propos, puisque sauf à s’aimer assez pour penser se suffire à soi-même, on a tous deux ou trois devanciers chenus, cheveu et langue rares et devenus plus sel que poivre, aux regards qui percent et aux mots qui restent. Après quatre fois vingt ans, ce sont leurs mains sorties du cambouis qui montrent des horizons ou des étoiles et qui soulignent, l’œil froncé mais à voix égale, un chemin à ne pas emprunter ou la bonne question à poser. Tiens, je pense à Gilles, à sa missive m’annonçant sa fin et notre ultime rendez-vous manqué : « je jaunis à vue d’œil, c’est pour cette semaine ; donc pour mardi, c’est cuit », qui n’était pas seulement un trait d’humour mais une véritable leçon. C’est lui qui m’avait soufflé la phrase de Morand un jour que, dans le repère du 266, je le voyais bêtement comme notre candidat idéal pour le Conseil constitutionnel : « la vieillesse est un âge où le ridicule ne tue plus ». Demeurer dans l’arène corrompt immanquablement la sagesse alors que dire de Piccoli ou Gréco — je les aime bien mais bon — défendant Hadopi comme s’il s’agissait de cachets à recouvrer en suivant les fils du téléphone et qui n’en pouvant mais, espèrent réduire ce qui fut leur camp en l’accusant, depuis l’île de la Cité, de s’opposer systématiquement à Sarkozy ? Magnanime, on repensera aux Stances à Marquise de Corneille : « le même cours des planètes règle nos jours et nos nuits : on m’a vu ce que vous êtes ; vous serez ce que je suis ». Mais il y a des jours où l’on pense plus fort que d’autres à la strophe qu’y a ajoutée, plus tard, Tristan Bernard imaginant une drôle de fin au dialogue entre Pierre Corneille et la “Marquise” Thérèse Gorla : « peut-être que je serai vieille, répond Marquise, cependant, j’ai vingt-six ans, mon vieux Corneille, et je t’em… en attendant ! »
par Christophe POMMERAY, le 21 June 2009, 09:13
June 17, 2009

18 635 voyageurs en gare de Creil chaque jour de semaine et toujours pas de toilettes publiques, une seule entrée automatique accessible aux personnes à mobilité réduite, ni de buffet de la gare offrant une consommation ou un repas ! Pire : malgré le désaccord réitéré des élus, la SNCF vient [...]
le 17 June 2009, 16:22
June 16, 2009
Depuis de longs mois et bientôt depuis deux ans, je ne cesse d'écrire sur le risque d'éclatement de ce que j'appelle la bulle financière publique, celle des Etats et des banques centrales qui, les uns et les autres, ont mis sur le marché des milliers de milliards de dollars, sans contreparties et sans taux d'intérêt, dans une sorte de thérapeutique de l'excès par l'excès, consistant à soigner l'alcoolique par des tournées supplémentaires de whisky !
A plus long terme, j'écris depuis des années sur le sujet des finances publiques et je contribue même à l'enseignement de l'Ecole Nationale d'Administration sur ces sujets en soulignant notamment la faillite de nos finances publiques françaises et, en particulier le poids insupportable de charges de retraite qui n'ont pas été provisionnées.
J'écrivais ainsi dans le journal Le Monde, en 2002, une « Chronique comptable d'une faillite nationale annoncée » tandis que cette inquiétude majeure a constitué, au fil des années, l'essentiel de mon enseignement à l'ENA.
Il devient évident aujourd'hui que si les injections massives de liquidités dans l'économie par la sphère publique a momentanément sauvé le système financier de l'effondrement, elle ne constitue pas un traitement du mal mais seulement une thérapeutique d'urgence dont la seule ambition est de maintenir provisoirement en vie le malade.
Si l'on s'abstient de traiter au fond la maladie et que l'on se contente de prolonger et d'amplifier les thérapeutiques d'urgence, on va provoquer une nouvelle crise dont on peut craindre qu'elle n'entraîne un véritable collapsus.
Sans entrer dans les détails de mécanismes complexes, l'excès monstrueux de déficits des Etats et le fait que les banques centrales ont depuis longtemps dépassé les limites de ce qu'elles pouvaient raisonnablement faire entraine une irrésistible montée des taux d'intérêt réels dont l'effet est exactement inverse à celui de toutes les mesures de relance qui ont été financées par des déficits publics.
Aujourd'hui, les Etats-unis d'Amérique empruntent à trente ans à 5% et à dix ans à 4%. La montée des taux sur les bons du Trésor public entraine une montée des taux dans le secteur privé tandis que la Banque centrale de peut plus suivre, c'est-à-dire continuer de fournir de la liquidité à 0% en acceptant comme contreparties des papiers sans valeur négociable.
Avec des croissances de la masse monétaire monstrueuses, il est évident que l'inflation va revenir dès lors que la production et la consommation commenceront à se relever et que, dès lors, nous nous trouverons avec une explosion des taux d'intérêt à moyen et long terme, sachant que nous sommes déjà à plus de 5% d'intérêts réels aux Etats-Unis, puisqu'un taux nominal de 5% des emprunts publics à long terme se pratique dans un contexte de baisse des prix !
Comme il arrive souvent en thérapeutique, un médicament peut être très utile voire sauver la vie à certaines doses mais devenir dangereux voire mortel en provoquant des effets inverses de ceux qui étaient recherchés par une posologie raisonnable, lorsqu'on en abuse.
Le lecteur patient pourra lire sur mon site, à la rubrique Prises de parole, ma note intitulé « « Décennie perdue » ou émergence d'un nouveau monde économique » et, s'il le peut, le dernier numéro de « The Economist », intitulé « Debt, the biggest bill in history ».
par Paul Giacobbi, le 16 June 2009, 14:48
Je ne saurais trop conseiller aux lecteurs de ce blog qui sont des esprits ouverts, cultivés et proches de la Corse de lire le dernier essai de l'un de nos illustres compatriotes, Marc Fumaroli, qui exerce ses talents des deux côtés de l'Atlantique à l'Académie française et au Collège de France sur les rives de la Seine, et à la Columbia University de New York, au bord de l'Hudson River.
C'est une explication remarquable de l'histoire de l'art, ou plutôt du commerce de l'art, et du développement de l'image aux Etats-Unis et de la perte de substance du rayonnement culturel français qui éblouissait le monde au temps des impressionnistes, de Cézanne et de Picasso encore, et dont les lumières aujourd'hui se réduisent à l' « exportation » des « nuits blanches » et autre « Paris plage »!
Ce livre est à la fois érudit dans le meilleur sens du mot mais aussi très courageux, n 'hésitant pas à braver les conformismes ambiants et les sordides intérêts des marchés de l'art pour rabaisser à leur place et à leur rang les Jeff Koons, Warhol, Louise Bourgeois et autre Buren, tous excellents vendeurs, orfèvres même de la commercialisation globalisée mais artistes médiocres voire tristement comiques.
Sans parler des architectes dans cet essai polémique où Le Corbu est appelé « l'Attila de la Chaux de Fonds », les productions de Madame Bourgeois ramenées à leur apparence gastro-entérologique et les prototypes de M. Koons à leur qualité d'usinage...
Ceux qui comme moi auraient la chance de passer quelques jours à New York, je conseille vivement ce livre décapant qui, de surcroît, est encore plus utile peut-être au retour à Paris en prolongement bien sûr du remarquable essai que le même auteur consacra, il y a quelques années, à notre « Etat culturel ».
Si vous avez la chance de faire ce voyage, ne manquez pas de pousser jusqu'à Philadelphie où le musée des Beaux-Arts recèle, entre autres merveilles, les fameuses « Grandes Baigneuses » de Cézanne dans leur version la plus parfaite, bien qu'inachevée, et dont je vous offre ci-joint la merveilleuse image.
par Paul Giacobbi, le 16 June 2009, 14:28
Sans qu'ils ne soient encore parvenus au septième ciel, les constructeurs d'avions paraissent reprendre un peu d'espoir sur des perspectives de reprise l'an prochain.
Cependant, l'expression de cet enthousiasme sait rester tout de même modéré comme en témoigne cette phrase significative de M. Scott Carson, directeur commercial de Boeing : « il n'y a pas de certitudes mais nous avons l'impression qu'il y a des raisons d'espérer que la reprise va commencer l'an prochain ».
On voit par là que si l'espérance et la foi éclairent toujours le chemin de ces avionneurs internationaux, les perspectives d'avenir leur paraissent encore relativement sombres. Encore Boeing n'a-t-il pas à gérer les très angoissants problèmes de l'A400 M, c'est-à-dire l'avion de transport militaire d'Airbus que l'on arrive toujours pas à fabriquer, du catastrophique A380 qui restera dans l'histoire comme l'un des plus beaux éléphants blancs de l'industrie aéronautique et maintenant des déboires des sondes de pression dynamique des Airbus A330.
par Paul Giacobbi, le 16 June 2009, 14:27
June 10, 2009
Les propos de M. Hamon, qui n'est pas parvenu à être nommé député européen et qui se comparait lui-même à un rat en indiquant qu'il ne fallait pas encore quitter le navire en perdition, me font penser que le parti socialiste imite une espèce tristement célèbre qui dont les représentants finissent parfois, lors de leurs migrations, par tomber en grand nombre du haut de falaises ou dans des étangs en raison de leur bousculade : les lemmings.
Même si les zoologues affirment que le suicide collectif dans cette espèce n'est qu'un mythe et que les chutes en masse auxquelles je faisais allusion sont purement accidentelles, la ressemblance avec ce qui arrive en ce moment à l'espèce politique dite socialiste est frappante.
Au lendemain d'un échec sans précédent, à un moment où l'on peut valablement s'interroger sur la survie d'un grand parti politique qui a marqué l'histoire de France de Jaurès à Mitterrand en passant par Léon Blum, nous apprenons que les hautes instances ont décidé de réunir un comité des sages qui mettra en place des commissions qui aboutira d'ici quelques mois à un séminaire qui réfléchira aux nouvelles orientations qu'il convient de donner à ce parti pour que sa chute dans l'opinion publique soit enrayée.
Il ne pouvait pas y avoir de pire illustration du fossé qui désormais sépare le peuple emporté par les tourmentes de la crise de certains de ses représentants pour qui la seule chose qui compte, c'est l'évolution complexe de leurs courants internes, de telle sorte qu'ils se trouvent totalement insensibles au vent de l'histoire qui est pourtant en train de les balayer.
Espérons tout de même que la panique générale épargnera les meilleurs éléments car une vie politique démocratique ne peut exister sans une opposition crédible et structurée.
par Paul Giacobbi, le 10 June 2009, 14:18
Laurent Fabius dont j'apprécie beaucoup l'intelligence pragmatique et la parfaite maîtrise des sujets, a lancé pour la rénovation du Parti socialiste une proposition qui fait référence à la campagne initiée par Mao Zedong en 1957 et que l'Histoire a retenu sous le nom de « Cent Fleurs ».
Dans une envolée presque lyrique, qui n'est pas dans les habitudes du flegmatique ancien Premier ministre, Laurent Fabius a dit : « ce qu'il faut faire maintenant, c'est des propositions tous azimuts, au sommet, à la base, au milieu... pour que cent fleurs jaillissent ».
En 1957, Mao Zedong a effectivement lancé une campagne dont le slogan était « Que cent fleurs s'épanouissent, que cent écoles rivalisent ».
Il s'agissait d'ailleurs dans l'esprit de Mao Zedong d'une référence implicite à cette période de l'Histoire de la Chine ancienne au cours de laquelle, au Vème siècle avant Jésus-Christ, s'opposèrent plusieurs royaumes jusqu'à ce que la dynastie des Qin, au début du IIIème siècle, accède à une dignité impériale qui a d'ailleurs donné son nom occidental au pays. « Qin » se prononçant « chine » alors même que les chinois désignent leur pays sous le nom d' « Empire du Milieu » (Zhongguo).
Il se trouve qu'au cours de cette période de rivalités politiques entre différents royaumes, d'où l'expression de « royaumes combattants », il y a eu également un remarquable développement des doctrines littéraires et culturelles que l'on a appelé « les Cent Ecoles ».
S'il peut paraître intéressant de comparer les rivalités des courants ou des baronnies du PS à des « royaumes combattants » et d'espérer qu'il sortira de ces combats un nouvel empereur qui fondera un empire politique socialiste durable, il n'en demeure pas moins que la référence historique est, à bien des égards, osée et nous ouvre des perspectives inquiétantes pour le Parti socialiste.
En effet, après avoir suscité et encouragé la floraison d'expressions libres en 1957, sous l'appellation poétique des « Cent Fleurs », le tyran sanguinaire qu'était Mao Zedong a très vite organisé une répression féroce de tous ceux qui avaient cru pouvoir s'exprimer librement et s'écarter quelque peu de la ligne du parti communiste. On évalue à 500 000 les victimes de cette répression qui ont été déportées, emprisonnées, torturées ou assassinées...
Par ailleurs, au-delà du fait que la période des « Cent Ecoles » ait été très brillante sur le plan intellectuel, elle a aussi comporté, au début du IIIème siècle avant J-C, des épisodes sombres tels que l'autodafé de tous les livres sans contenu technique ou de considérables massacres d'intellectuels.
En définitive, s'il est raisonnable et stimulant de vouloir transformer l'agressivité des éléphants du PS qui en sont actuellement aux « royaumes combattants » en très fécondes batailles florales, il est à craindre qu'il résulte de tout cela un véritable bain de sang politique.
Les « Cent Fleurs » de la Chine de 1957 et leur sanglante répression portaient déjà en germe les massacres de la place Tiananmen, nous redoutons que les « Cent Fleurs » du renouveau des pensées socialistes ne se terminent par une implosion de la rue de Solférino !
par Paul Giacobbi, le 10 June 2009, 14:17
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La popularité du président Obama est telle que la confusion s'est introduite dans beaucoup d'esprits y compris d'ailleurs celui du Premier ministre anglais, qui a d'excellentes raisons d'être choqué en ce moment, et on ne dira plus bientôt « Omaha beach » mais « Obama beach ». Plusieurs collègues ont été subjugués par le charisme de Barack Obama. Je leur faisais remarquer qu'un homme qui essaie cette année d'emprunter pour son Trésor public 2 500 milliards de dollars, c'est-à-dire bien plus que les recettes fiscales de l'Etat américain a effectivement besoin d'un immense charisme s'il veut parvenir à ses fins.
De même, un président des Etats-Unis succédant à George Bush qui parvient à prononcer un discours crédible de réconciliation avec l'Islam mérite à tout le moins notre admiration.
Il arrive cependant parfois que le génie de la communication soit pris en défaut par les faits et l'Histoire et le chute est alors d'autant plus brutale. Ce n'est toutefois pas encore demain que dans l'expression « Obama beach », on écrira de manière différente et avec une signification nettement péjorative le second mot !
par Paul Giacobbi, le 10 June 2009, 09:31
June 03, 2009
L’idée est juste, le remède inopérant. L’idée c’est que, technologie ou non, les artistes doivent être justement payés. Qu’on aime ou pas, de La princesse de Clèves au plus nul des livres de gare, du récent Beautiful Love d’Henri Texier au dernier album de Carla B., l’art est un air que l’on respire. Et ceux qui, avec leurs circonvolutions dans la tête, leur joie communicative ou leur constante mélancolie, arrivent à fendre nos armures pour frôler, faire vibrer, dévaster parfois, la corde sensible doivent pouvoir vivre de leur idée d’autant qu’elle n’est rien, sauf pour quelques rares génies, sans un minimum d’artisanat : un pinceau, un stylo à roman, une marteline, un piano de Gaveau ou de cuisine ne se manient pas impromptu. Dès lors, copier, piquer ou offrir ce qui n’est pas à soi sont, par essence, des actes destructeurs de l’art… et des artistes.
Mais le remède, l’Hadopi, est inopérant. Dans un monde par excellence d’ondes, volatil et à mille ressorts, vouloir suivre le fil du téléphone pour coincer le malfaisant est d’un autre âge. Il y avait bien une autre solution, celle de creuser une idée simple : se répartir entre internautes, le coût global des droits du téléchargement. En valeur haute, nous sommes à 1,391 milliards d’euros par an : entre sept et dix euros par mois et par internaute, la moitié du prix d’un bon CD… Mais l’idée ne plaît pas à tout le monde car en payant la licence globale, on ne rétribue que l’œuvre et plus son support ni sa distribution. Alors, les rôles changent : sur le prix d’un album acheté chez le disquaire, une très faible part revient aux artistes (10% ou moins) ; avec la licence globale les auteurs gagneraient un rôle prédominant par rapport à la filière de distribution. Et c’est elle qui veut faire la loi, comme s’il était juste que l’encadreur gouvernât le tableau.
En décembre 2005 d’ailleurs, quand Hadopi s’appelait Dadvsi, des représentants des « Majors » du disque se promenaient à l’entrée de l’hémicycle pour « aider les députés à bien choisir ». Dadvsi a été adopté avec la décision, juré craché, de faire signaler les téléchargements illégaux aux autorités judiciaires… et si Hadopi est là aujourd’hui c’est que Dadvsi n’a pas marché : aucun condamné, enfin presque. La semaine dernière, le groupe de rock américain MGMT a obtenu 30.000 € pour une utilisation illégale de Kids un tube récent utilisé sans permission dans une réunion publique, un déplacement de personnalité et deux vidéos diffusées sur internet. L’indélicat s’appelle UMP, parti politique français et raide dingue d’Hadopi.
par Christophe POMMERAY, le 03 June 2009, 09:24
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La photo publiée ce matin dans le New York Times de l'entrevue du secrétaire américain au Trésor et du Premier ministre chinois est très révélatrice du langage implicite des gestes et des corps.
M. Geithner est légèrement penché en avant et tend les mains, presque ouvertes, vers le Premier ministre chinois tandis que son interprète baisse la tête et que, de l'autre côté de la table, le Premier ministre chinois est carré dans son fauteuil, le buste en recul, la tête haute, le regard descendant dans la même position que son propre interprète.
Il n'est pas besoin de connaître la situation pour comprendre que l'un demande, pour ne pas dire implore, tandis que l'autre est réticent et, à tout le moins, pose ses conditions.
D'un côté, les américains tentent de convaincre les chinois que, sans une alliance de ces deux puissances, on ne sortira pas de la crise, de l'autre, les chinois, sans contredire cette idée, exigent que les américains garantissent les avoirs chinois convertis en bons du Trésor des Etats-Unis et acceptent d'avancer dans la voie d'une réforme du système monétaire mondial par laquelle le dollar serait progressivement remplacé comme instrument de réserve des banques centrales par une sorte de droit de tirage spécial.
Rarement la mise aura été aussi élevée dans une sorte de poker mondial dont on ne peut à ce stade savoir ce qu'il adviendra.
La thèse des Etats-Unis, selon laquelle il faut les aider à tout prix car leur chute entraînerait celle de leurs créanciers, est battue en brèche par la tentation du reste du monde d'organiser un nouvel ordre économique et financier dans lequel les américains seraient ravalés au même niveau que les autres, sans privilège monétaire et sans suprématie économique et politique.
par Paul Giacobbi, le 03 June 2009, 09:11
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La déconfiture annoncée du parti travailliste britannique est un événement extrêmement significatif non seulement pour la grande-Bretagne mais encore pour l'ensemble de l'Europe.
Pour la Grande-Bretagne, nous savons que le mode de scrutin uninominal à un tour est d'une incroyable brutalité et que dès lors qu'un parti passe en troisième position, il perd la quasi totalité de ses sièges à la Chambre des Communes et peut être condamné à une éternelle traversée du désert. C'est ce qui est arrivé au vieux parti libéral au début du XXème siècle et c'est ce qui est en train d'arriver au parti travailliste qui risque d'être en quatrième position aux élections européennes et au mieux en troisième aux élections législatives.
Les causes en sont multiples – usure du pouvoir, crise économique, scandale des notes de frais à la Chambre des Communes etc... - mais la cause fondamentale est peut-être à rechercher dans le caractère schizophrénique du vieux parti travailliste britannique.
D'un côté, le « Labour » est théoriquement la représentation de la classe ouvrière et a longtemps été, jusqu'au réformes structurelles de Tony Blair, la branche politique du « TUC » (Trade Unions Congress). Mais, d'un autre côté, le « New Labour » est une émanation plutôt élitiste d'une génération de jeunes gens bien éduqués dans les meilleures écoles et les meilleures universités, qui se soucient comme d'une guigne d'une classe laborieuse qu'ils ne connaissent pas vraiment et qui, à bien des égards, étaient beaucoup plus représentatifs des jeunes traders branchés de la City que des derniers ouvriers métallurgistes de Sheffield ou de Birmingham.
La leçon, comme l'on disait autrefois dans les public schools, devrait nous être profitable à nous autres français dont la schizophrénie de gauche fait coexister dans une synthèse complètement improbable, parfois chez les mêmes personnes, le trotskisme et le néolibéralisme.
Je ne sais pas ce qu'il adviendra de la recomposition politique britannique dans laquelle s'opposeront désormais un néoconservatisme juvénile et une opposition composite, formée dans le plus grand désordre de rares bataillons socialistes en déroute, de libéraux plus ou moins démocrates et de régionalistes ou marginaux en tout genre.
En tout état de cause, la chute du cyclope qui occupe aujourd'hui le fauteuil de Winston Curchill nous explique peut-être pourquoi la rue qu'il habite provisoirement porte le nom de Downing street.
par Paul Giacobbi, le 03 June 2009, 09:10
June 02, 2009
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Les avions, pour vastes, puissants et modernes qu'ils paraissent, ne peuvent résister aux incroyables turbulences qui se produisent au coeur d'un nuage d'orage, ce que l'on appelle un cumulo-nimbus.
Bien des choses ont changé depuis le temps où Saint-Exupéry décrivait l'angoisse de l'aviateur à l'approche du « pot-au-noir », cette zone tropicale perpétuellement bousculée par d'immenses orages.
Les structures des carlingues sont bien plus solides, la souplesse des ailes en fibre de carbone et en matériaux composites infiniment plus grande, de même que la puissance des moteurs et la sophistication de l'avionique.
Mais il n'en reste pas moins que l'avion le plus moderne, le plus puissant et le plus résistant, est au coeur d'un orage un brin de paille emporté par la tourmente.
Face à cette tragédie, il faut espérer que l'on parviendra à mieux comprendre le phénomène et que l'on progressera dans la voie de la prévention.
Il nous faut aujourd'hui nous mettre à la place des familles et des proches qui ont, au fil des minutes et des heures, peu à peu entrevu l'insupportable.
par Paul Giacobbi, le 02 June 2009, 10:16
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Le billet vert a représenté pendant plus d'un demi siècle une valeur mythique.
Symbole de prospérité et de sécurité, valeur refuge, voire espace de bonheur, sa couleur évoquait parfois les verts pâturage arrosés d'eau pure...
A l'inverse, ce vert d'acier, cette couleur infernale, pouvait aussi évoquer la puissance maléfique, celle des services secret et des grandes manipulations internationales dont on croyait entrevoir les sordides manifestations jusqu'au fin fond de ces zones tropicales, de ces « enfers verts », lieux privilégiés des agissements de la sournoise CIA ou des redoutables « marines ».
Nous n'en sommes plus là car le mythe du billet vert, de ses vertus et de ses nuisances, est en train de voler en éclat à mesure que sa valeur se déprécie et que la confiance que le monde avait en lui s'évanouit chaque jour plus.
Malgré la déflation, le Trésor public américain jusque là considéré comme la valeur la plus sûre du monde, doit désormais se résoudre à emprunter à long terme, c'est-à-dire à trente ans, à plus de 5%.
Je ne ressens personnellement aucune peine à observer le déclin de cet ange ou de ce démon mais je suis inquiet à l'idée qu'il pourrait tous nous entraîner dans sa chute.
Qu'elle était verte ma monnaie, mais malgré sa décoloration brutale, nulle doute qu'elle nous en fera encore voir de toutes les couleurs et, en particulier, des vertes et des pas mûres !
par Paul Giacobbi, le 02 June 2009, 10:15
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Notre sympathique collègue Frédéric Lefebvre vient de proposer sans succès que l'on fasse désormais travailler les personnes en congé maladie ou en congé maternité.
Cette proposition particulièrement maladroite a été à juste titre rejetée par le gouvernement mais a suscité des réactions qui montrent une fois de plus à quel point, dans notre pays, le travail est perçu comme une contrainte, une souffrance voire une punition.
Le mot « travail » en français vient du latin « tripalium », sorte de joug à trois pieux utilisé vers l'Antiquité romaine pour punir les esclaves rebelles...
Il est significatif que le français n'ait repris qu'accessoirement l'étymologie du latin classique « labor », le travail noble, que l'on retrouve dans nos « labeurs », dans nos « labours » voire dans nos « laboratoires »!
par Paul Giacobbi, le 02 June 2009, 10:14
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C'est plus qu'un symbole. Celui qui aurait dit il y a encore quelques années que non seulement GM ferait faillite mais qu'en outre le gouvernement des Etats-Unis nationaliserait ce qui en resterait serait incontestablement passé pour un fou.
Cette grande société, productrice mythique des « belles américaines » chromées des années 50, se transforme dans sa chute et dans sa réincarnation en une sorte de régie Renault des années 50, entreprise nationalisée qui étonnait les américains sur les bords de la Seine et qu'ils sont bien obligés aujourd'hui d'acclimater à Detroit !
Et pendant ce temps, Renault SA est une entreprise privée dont le groupe s'étend du Japon à l'Europe se portant d'ailleurs, malgré les difficultés du temps, infiniment mieux que celle qui fut une « belle américaine », réduite aujourd'hui au statut de vieille dame indigne, déchue et ruinée !
par Paul Giacobbi, le 02 June 2009, 10:14